Crise dans le secteur de la ferraille : Serigne Momar Sokhna charge l’administration du commerce et appelle à l’arbitrage de l’État
La tension ne retombe pas dans le secteur de la ferraille au Sénégal. Bien au contraire. En ce 1er mai, jour de la fête du Travail, le président des exportateurs de métal et des coopératives de ferrailleurs de Kaolack, Serigne Momar Sokhna, est monté au créneau avec une virulence rarement observée, pointant du doigt des responsables administratifs et dénonçant un blocage persistant de son activité.
Dans une déclaration au ton accusateur, l’opérateur économique met directement en cause Cheikh Ahmadou Bamba Ndaw, directeur du commerce intérieur, ainsi que le chef de division Alioune Badara Ba, qu’il tient pour responsables de la crise qui secoue le secteur. Selon lui, ces derniers seraient « derrière les difficultés » rencontrées par les acteurs de la filière, notamment les exportateurs.
Mais au-delà de l’administration technique, Serigne Momar Sokhna n’épargne pas l’autorité politique. Il s’en prend frontalement au ministre du Commerce, Serigne Guèye Diop, qu’il accuse d’inaction face à une situation qu’il juge critique. « Depuis 2024, avec le renouvellement de nos licences, nous n’avons cessé de l’interpeller. Mais jusqu’ici, aucune solution n’a été apportée », déplore-t-il.
Au cœur des revendications, deux points majeurs : le renouvellement effectif des licences et le retour à l’application d’un arrêté jugé plus favorable aux acteurs du secteur. « Nous ne demandons aucun privilège. Nous voulons simplement travailler dans un cadre clair et stable », insiste-t-il, dénonçant une situation de blocage qui dure, selon lui, depuis 2023.
L’homme d’affaires alerte également sur les conséquences économiques de cette crise. Il évoque des pertes d’emplois, des investissements à l’arrêt et même des départs d’opérateurs vers d’autres pays. « Beaucoup ont quitté le Sénégal pour aller investir ailleurs. Pendant ce temps, nous continuons de payer taxes et redevances sans pouvoir exercer pleinement nos activités », martèle-t-il.
Face à ce qu’il qualifie de « situation inadmissible », Serigne Momar Sokhna en appelle à l’arbitrage du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Il sollicite également l’implication du Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi que celle des députés et des autorités religieuses, notamment les khalifes généraux de Kaolack, Touba, Tivaouane et Thiénaba.
Parmi les points de crispation, il dénonce une exigence qu’il juge irréaliste : celle de disposer d’un dépôt de 5 000 m² pour exercer dans le secteur. « Cela n’existe nulle part. On ne peut pas empêcher des Sénégalais de travailler sur une telle base », s’indigne-t-il.
Se présentant comme un acteur engagé, créateur d’emplois et respectueux de ses obligations fiscales, Serigne Momar Sokhna dit vivre une mise à l’écart qu’il ne comprend pas. « Je suis un opérateur économique sénégalais. Je contribue à l’économie nationale. Aujourd’hui, on m’empêche de travailler. C’est incompréhensible », conclut-il, appelant à une réaction rapide des autorités pour désamorcer une crise qui menace de s’enliser.
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