Dégel partiel des licences de pêche démersal côtière : Les pêcheurs artisanaux expriment leurs inquiétudes
Ça râle dans les quais de pêche du Sénégal. Déjà confrontés à un secteur au ralenti, les pêcheurs artisanaux viennent de recevoir un coup de massue de la part de la tutelle. Dans un arrêté en date du 30 avril 2026 le ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, Dr Fatou Diouf autorise, « à titre exceptionnel », l’accès à la pêche démersale côtière à cinq navires industriels.
Une décision qui, selon les acteurs de la pêche artisanale, remet en question des années de protection des ressources halieutiques. Ces derniers craignent une surexploitation qui menacerait la durabilité des écosystèmes marins.
Ciblant des espèces (poissons, crustacés et mollusques) vivant près du fond marin -généralement à 200 mètres de profondeur où la pêche artisanale (83% du volume totale des captures) mène ses activités-, la pêche démersal côtière constitue, en effet, un enjeu majeur pour l'économie locale et la sécurité alimentaire. Ce qui explique d’ailleurs cette grande levée de boucliers qu’a suscité l’arrêté.
Prenant la balle au bond, le coordonnateur du Réseau National des Conseils Locaux de Pêche Artisanale du Sénégal, Ibrahima Mar, a exprimé sa vive préoccupation. Dans une note d’alerte adressée à la presse, il a tenu à attirer l’attention de l’opinion nationale sur les méfaits de cet arrêté.
« Cette décision suscite une profonde inquiétude au sein des communautés de pêche artisanale et des populations côtières, dans un contexte où les ressources halieutiques du Sénégal sont déjà fortement menacées », martèle-t-il, rappelant au régime de Pastef ses engagements « forts » concernant la « la rupture avec les pratiques de surexploitation des ressources, la protection de la pêche artisanale, la souveraineté sur les ressources halieutiques, entre autres ».
Cet arrêté apparaît, selon lui, « en contradiction avec ces engagements et risque d’accentuer les difficultés déjà vécues par les pêcheurs artisanaux ».
Au-delà de l’impact sur les ressources, cet arrête risque, d’après Ibrahima Mar, d’accentuer « les nombreux cas d’accidents et de collisions enregistrés ces dernières années entre les pirogues artisanales et les navires industriels partageant les mêmes zones de pêche ».
« Plusieurs pêcheurs ont perdu la vie en mer, des embarcations ont été détruites et de nombreuses familles continuent de subir les conséquences dramatiques de cette cohabitation dangereuse », déclare-t-il, mettant en garde contre l’augmentation des activités de pêche industrielle dans les zones fréquentées par les pêcheurs artisanaux.


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