L’enquête sur la mort du jeune policier Fodé Ndiaye confiée à la Police pose problème. Les avocats des cinq présumés auteurs doutent de l’impartialité de ce corps d’élite. Parce que la victime est un des leurs, la solidarité du corps pourrait engendrer des aveux extorqués sous l’effet de la torture.
L’enquête préliminaire sur la mort du jeune auxiliaire de police Fodé Ndiaye fait couler beaucoup de salive. Le fait que celle-ci soit confiée à la Police explique ces appréhensions. En effet, les avocats des cinq présumés auteurs indiquent que cette institution pourrait être ‘juge et partie’, compte tenu du fait que la victime est un des leurs. De ce fait, il suffit que les limiers fassent prévaloir ‘la solidarité de corps’ pour que tout bascule. Le débat est soulevé par le coordonnateur des avocats défenseurs des présumés tueurs du jeune policier, mort en service commandé lors des manifestations du mouvement des forces vives de la nation (M23) contre la candidature du président Wade à l’élection présidentielle du 26 février 2012. Ainsi, pour rétablir l’équilibre dans le traitement du dossier et instaurer l’impartialité nécessaire dans le cadre de cette affaire, Me Assane Dioma Ndiaye estime que la Gendarmerie nationale devrait être mise à contribution, dans le cadre de l’enquête préliminaire.
A ce jour, cinq personnes accusées d’être à l’origine de la mort du jeune policier Fodé Ndiaye ont été arrêtées par la Division des investigations criminelles (Dic). Ils ont été inculpés pour quatre infractions : meurtre, association de malfaiteurs, violences et voie de fait contre des agents de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions. Cheikh Sidaty Mané, Boubacar Diallo ‘Niébé’, Cheikh Cissé ‘Belli’, Mamadou Galadjo Keïta ‘Aladji délégué’ sont au banc des accusés. Le premier nommé est considéré comme l’auteur principal. Une rumeur persistante établit que la sixième personne présumée complice est mise aux arrêts.
Les ‘mauvaises conditions de détention’ de la bande à Cheikh Sidaty Mané
L’autre élément nouveau dans cette affaire a trait aux conditions de détention à la prison de Rebeuss des cinq jeunes arrêtés dans le cadre des évènements ayant abouti au décès de l’auxiliaire de police Fodé Ndiaye. Aujourd’hui, leurs familles ont saisi les organisations des droits de l’homme à ce sujet. Le constat dressé par les membres de la Ligue sénégalaise des droits humains est alarmant. Par exemple, le supposé auteur principal, Cheikh Sidaty Mané, souffre de graves blessures et des séquelles de tortures visibles sur son corps. Pour que cessent les ‘tortures’ et autres ‘traitements inhumains’ de ces personnes présumées innocentes, l’organisation de défense des droits de l’homme interpelle la direction de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, les autorités hiérarchiques de la Police ainsi que les ministres de l’Intérieur et de la Justice sur de tels ‘faits gravissimes, attentatoires à la dignité humaine et inacceptables dans un Etat de droit’.
Un appel est aussi lancé en direction des autorités sénégalaises, dans le but de mettre fin à l’’impunité’ qui entoure les ‘graves violations de droits humains enregistrées quotidiennement au Sénégal et qui rendent vulnérable la personne humaine’. L’organisation annonce une plainte contre l’Etat du Sénégal devant le Comité des Nations unies contre la torture pour la ‘cessation immédiate de la pratique de la torture au Sénégal’. Au final, ces droits de ‘l’hommiste’ invitent les autorités judiciaires à veiller à la protection des droits et de l’intégrité physique des personnes détenues dans le cadre d’enquêtes ou de procédures judiciaires.
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