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Kédougou : Une pénurie d'essence paralyse la région et fait envoler les prix du carburant

Auteur: Dialy Ibrahima DIEBAKHATE

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Kédougou : Une pénurie d'essence paralyse la région et fait envoler les prix du carburant

Trouver de l’essence est devenu un véritable casse-tête dans la région de Kédougou. Depuis plusieurs semaines, les ruptures récurrentes de carburant dans les stations-service perturbent fortement les activités économiques, le transport et l’exploitation artisanale de l’or. Face à cette situation, les populations s’interrogent sur les causes réelles de ces pénuries à répétition qui affectent durement leur quotidien.

Dès qu’une rumeur annonce l’arrivée imminente d’une citerne dans une station-service, c’est une véritable ruée qui s’organise. Des files interminables de véhicules, de motos et de bidons se forment en quelques minutes devant les stations concernées.

À la station-service située à l’entrée de Kédougou, des dizaines de motocyclistes patientent sous un soleil de plomb dans l’espoir de faire le plein.

« Nous passons parfois plusieurs heures dans les files d’attente sans être certains d’obtenir du carburant. Pour nous qui utilisons la moto pour travailler et transporter des marchandises, c’est une perte énorme de temps et d’argent », déplore Mamadou Diallo, conducteur de moto-taxi rencontré sur place.

Même inquiétude chez les chauffeurs de transport en commun qui voient leurs activités ralentir.

« Les passagers nous reprochent souvent les retards, mais ils ignorent que nous pouvons passer une demi-journée à chercher de l’essence. Certaines rotations sont annulées faute de carburant », explique Ibrahima Ba, chauffeur sur l’axe Kédougou-Saraya.

Selon lui, cette situation entraîne également une hausse des charges d’exploitation.

« Quand on ne trouve pas d’essence en station, certains sont obligés d’acheter auprès de revendeurs informels à des prix plus élevés. À la longue, cela réduit considérablement nos bénéfices. »

Les sites d’orpaillage également touchés

Dans les nombreux sites d’orpaillage de la région, la pénurie de carburant se fait également sentir. Les groupes électrogènes, motopompes et autres équipements utilisés pour l’exploitation artisanale de l’or fonctionnent essentiellement à l’essence.

À Bantaco, Tomboronkoto ou encore Fadougou, les commerçants qui revendent du carburant à l’air libre ont revu leurs prix à la hausse en raison de la rareté du produit.

Le litre d’essence super, vendu auparavant à 920 francs CFA, atteint désormais les 1 000 francs CFA, voire davantage dans certaines zones reculées.

« Nos machines tournent grâce à l’essence. Quand le carburant manque, toute la chaîne de production s’arrête. Nous perdons du temps et de l’argent », témoigne Ousmane Camara, orpailleur artisanal.

Son collègue Moussa Keïta partage les mêmes inquiétudes.

« Chaque jour de panne représente une perte importante. Les moteurs, les motopompes et les groupes électrogènes sont indispensables à notre activité. Si la situation perdure, beaucoup d’orpailleurs risquent de réduire leurs opérations », affirme-t-il.

Des explications qui peinent à convaincre

Du côté des gérants de stations-service, les réactions sont diverses. Certains préfèrent ne pas s’exprimer sur la question tandis que d’autres reconnaissent des difficultés d’approvisionnement sans pouvoir en identifier clairement les causes.

« Nous recevons moins fréquemment les livraisons que d’habitude. Dès qu’une citerne arrive, les stocks sont épuisés en quelques heures en raison de la forte demande », confie sous anonymat un responsable de station-service de la capitale régionale.

Un autre gérant indique ne pas disposer d’informations précises sur l’origine du problème.

« Nous subissons la situation au même titre que nos clients. Les quantités livrées ne suffisent plus à satisfaire la demande actuelle », explique-t-il.

Au-delà des désagréments quotidiens, cette pénurie risque d’avoir des conséquences plus larges sur l’économie régionale. Kédougou, dont l’activité repose en grande partie sur le transport, le commerce et l’orpaillage, dépend fortement de la disponibilité du carburant.

Les usagers appellent ainsi les autorités compétentes à apporter des réponses rapides afin de garantir un approvisionnement régulier des stations-service et éviter une aggravation de la situation.

En attendant une amélioration, les automobilistes, motocyclistes et opérateurs économiques continuent de scruter les routes menant aux stations-service, dans l’espoir de voir arriver la prochaine citerne qui leur permettra de reprendre normalement leurs activités.

Auteur: Dialy Ibrahima DIEBAKHATE
Publié le: Jeudi 04 Juin 2026

Commentaires (3)

  • image
    Fatigué il y a 1 jour
    Monsieur le Président, à l’ère de l’intelligence artificielle, où un texte peut être produit en quelques secondes, les longs discours ne suffisent plus pour développer un pays. Ce dont nous avons besoin, ce sont des actions concrètes. Il est temps d’agir. Nous sommes fatigués d’attendre
  • image
    Ggg il y a 1 jour
    Le mali d'à côté n'a pas de carburant il faut un peu réfléchir d'où vient la rupture
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    Fatigué il y a 1 jour
    On est un pays producteur pourtant.......

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