Négociations de la dernière chance : Ce que Dianté a proposé au Front syndical pour éviter la paralysie
À la veille de la grève générale annoncée par le Front syndical pour la défense du travail, le gouvernement a tenté de désamorcer la crise. À l’issue d’une réunion de plusieurs heures avec les organisations syndicales, ce jeudi 9 juillet 2026, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a appelé au report du mouvement pour laisser une chance au dialogue. « Nous ne vous demandons pas de renoncer à votre grève générale, mais de la reporter et de poursuivre les négociations », a-t-il déclaré.
Face à la presse, le ministre a indiqué que les 28 revendications du Front syndical ont été examinées en profondeur, auxquelles s’ajoutent les vives préoccupations liées aux projets de Code du travail et de Code de la sécurité sociale. Concernant la question sensible du contrat à durée déterminée (CDD), il a assuré qu’il n’y a « pas de différence » majeure entre le texte actuel et le projet de réforme, tout en se disant ouvert à d’éventuels amendements parlementaires. Il a rappelé que les deux projets de loi sont désormais entre les mains de l’Assemblée nationale.
D'après les chiffres du gouvernement : 351 licenciements recensés
Concernant la vague de licenciements dénoncée par les centrales, Mamadou Lamine Dianté a affirmé que seuls 351 cas ont été officiellement recensés, un chiffre loin des milliers évoqués par les syndicats. Il a détaillé la situation au cas par cas, en précisant qu'au Port autonome de Dakar, 75 agents ont déjà été réintégrés et 15 autres devraient l’être avant la fin du mois de juillet. À Dakar Dem Dikk, 41 licenciements ont été enregistrés, tandis que 214 prestataires ont été stabilisés et recrutés en CDI. De leur côté, 23 travailleurs du Grand Théâtre national ont obtenu gain de cause devant la justice. Quant aux 44 agents touchés au ministère des Mines, le ministre a promis de soumettre personnellement leur dossier au Premier ministre.
Une grève jugée non conforme à la procédure
Le ministre a également tenu à contester la régularité juridique du mot d'ordre de grève. Selon lui, aucune procédure légale conforme n’a été respectée, ni dans la Fonction publique ni dans le secteur privé.
« Le droit de grève existe, mais il faut respecter la procédure », a-t-il insisté, prévenant avec fermeté que les travailleurs qui s'obstineraient à suivre le mouvement pourraient s’exposer à des sanctions, notamment dans le secteur privé.
Réaffirmant la volonté de l’État de préserver le dialogue social, Mamadou Lamine Dianté a assuré que le président de la République et le Premier ministre ont instruit la poursuite immédiate des négociations. Il a d'ailleurs annoncé que le chef du gouvernement souhaite désormais rencontrer plus régulièrement les partenaires sociaux pour assurer un suivi rigoureux des engagements du Pacte de stabilité sociale.
« Le gouvernement est ouvert au dialogue. Les solutions ne se trouvent pas uniquement par la grève », a-t-il conclu.
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