Niokolo-Koba : une formation innovante pour renforcer les compétences des apiculteurs locaux
Une formation de cinq jours consacrée à la fabrication et à la réparation de ruches kenyanes s’est tenue cette semaine autour du Parc national du Niokolo-Koba (PNNK). L’initiative, portée conjointement par ULB Coopération et le Programme Tombo Conservation (PMC/Enda Énergie), a réuni des apiculteurs des villages riverains, désireux de renforcer leurs pratiques et de contribuer à la préservation de l’environnement.
Une montée en compétences pour une apiculture durable
L’objectif de la session était clair : donner aux apiculteurs les moyens de construire et d’entretenir eux-mêmes des ruches adaptées aux contraintes locales. La ruche kenyane, largement plébiscitée pour sa robustesse, son coût réduit et sa simplicité de fabrication, s’est imposée comme un outil idéal pour une apiculture durable dans cette zone sensible.

Selon Lassana Keïta, chargé de projets à Enda Énergie, cette approche technique est une étape essentielle pour renforcer la filière apicole dans le Sud-Est du Sénégal.
« La ruche kenyane permet une apiculture plus accessible, moins coûteuse et mieux adaptée aux ressources locales. Notre objectif est que chaque participant reparte autonome, capable de fabriquer sa propre ruche sans dépendre d’un artisan extérieur. »
Un engouement manifeste des apiculteurs
Les participants ont unanimement salué l’utilité de cette formation, qui leur offre une véritable autonomie face aux défis du quotidien.

Fatoumata Sy, apicultrice à Dar Salam, raconte l’impact immédiat de ces apprentissages :
« Avant, lorsque ma ruche était abîmée, je devais parfois attendre des semaines pour trouver quelqu’un qui puisse la réparer. Aujourd’hui, je sais le faire moi-même. C’est un vrai soulagement et une autonomie nouvelle pour nous. »
Pour Aliou Baldé, un jeune apiculteur venu de Wassadou, cette formation représente bien plus qu’un simple apprentissage technique :
« Ce qui m’a le plus marqué, c’est la précision du travail du bois et les techniques de protection des abeilles. Je me sens désormais capable de lancer mon propre rucher avec des ruches fabriquées de mes mains. »
Un partenariat au service de la conservation du Niokolo-Koba
Au-delà des compétences transmises, les organisateurs soulignent l’importance de renforcer l’implication des communautés dans la protection du Parc national du Niokolo-Koba, classé patrimoine mondial de l’UNESCO et considéré comme l’un des derniers bastions de biodiversité en Afrique de l’Ouest.

« Soutenir l’apiculture locale permet de réduire la pression sur les ressources forestières et d’offrir des alternatives économiques viables », insiste Lassana Keïta.
Pour PMC/Enda Énergie, la stratégie est claire : associer les communautés riveraines à la conservation pour en faire des alliées durables.
« Chaque ruche bien installée est un pas en avant vers un meilleur équilibre entre économie rurale et environnement. Nous continuerons d’accompagner les apiculteurs pour qu’ils deviennent de véritables champions de la conservation. » ajoute M. Keïta.
Une dynamique appelée à s’étendre
À la clôture de ces cinq jours intensifs, les apiculteurs sont repartis avec les ruches qu’ils ont fabriquées eux-mêmes, mais surtout avec une expertise renforcée. Forts du succès de cette première session, les organisateurs envisagent de l’étendre à d’autres villages riverains et de mettre en place un appui continu afin de mesurer son impact sur les productions et sur la protection du parc.

Cette initiative marque ainsi une étape importante dans la construction d’une apiculture durable, capable de soutenir les familles locales tout en renforçant la conservation d’un patrimoine naturel exceptionnel.
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