Oussouye : Djirack, la renaissance d'un village « fantôme » au cœur de la Casamance
Village fantôme dès 1992 à la suite d’une attaque du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), Djirack reprend vie depuis le début des années 2000. Moins de dix ans après la destruction de la quasi-totalité de ses habitations, cette localité de la commune de Santhiaba Manjacque, située à la lisière de la frontière avec la Guinée-Bissau, panse ses plaies. Autrefois farouchement disputée pour sa position stratégique, cette bande de terre fertile et poissonneuse, traversée par le marigot de Boudié Diète, retrouve aujourd'hui sa vocation oasis.
1990-1992 : Les années sombres et l'exode
Les malheurs de Djirack débutent en 1990, lorsque les tensions militaires entre le Sénégal et la Guinée-Bissau pour le contrôle de cette zone frontalière provoquent un premier déguerpissement des populations. Malgré une tentative de retour en 1991, encouragée par le premier accord de cessez-le-feu de l'histoire de la crise casamançaise, l'accalmie est de courte durée.
En 1992, un commando du MFDC envahit le village et incendie la quasi-totalité des maisons. Selon plusieurs sources, cet acte constituait une mesure de représailles contre une population refusant d'envoyer ses enfants rejoindre la rébellion. Djirack est alors rayé de la carte pendant des décennies.
Une reconstruction pas à pas : de la cendre à la vie
Le processus de retour, engagé en 2000, a été un long labeur. De seulement cinq maisons au début de cette initiative, le village s'est métamorphosé.
Aujourd'hui, de nombreuses infrastructures sont sorties de terre grâce à une synergie d'acteurs. La coopération allemande a soutenu la reconstruction des premières habitations dès 2000. Les forces de défense et de sécurité ont mené des actions civilo-militaires, incluant le déminage des routes et des rizières ainsi que la construction de salles de classe. L’ANRAC a fourni le matériel nécessaire à la reconstruction des foyers.
La santé de proximité : le couronnement de la résilience
Trente-quatre ans après le désastre, Djirack franchit une étape cruciale dans sa reconstruction sociale. Le mercredi 7 janvier dernier, un nouveau poste de santé a été inauguré, venant renforcer l'ancienne case de santé devenue trop limitée.
Cette infrastructure, fruit d'une collaboration entre l’ONG International Charity Organization (ICO) et l’ANRAC (dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance), revêt une importance stratégique. « Le poste de santé permettra désormais d’offrir des consultations élargies, des accouchements sécurisés, des vaccinations et une meilleure gestion des urgences », a souligné le Dr Demba Sarr, médecin-chef du district d’Oussouye.
Pour le Sous-préfet de Cabrousse, Alioune Wade, cette réalisation traduit l’engagement de l’État à assurer un service public de qualité, même dans les zones transfrontalières les plus reculées. Djirack ne se contente plus de survivre ; le village se soigne et redevient, peu à peu, un havre de paix pour ses habitants et les localités voisines.
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