PATRONAT SENEGALAIS : Abdel Kader Ndiaye, un « Kama’s boy » à la tête de la CNES
Samedi 28 mars dernier, l’ingénieur Abdel Kader Ndiaye est élu président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES). Pendant longtemps, Abdel Kader Ndiaye a évolué sous l’ombre de l’inépuisable Mansour Kama qui a dominé le monde de l’entreprise de sa grande stature. Jusqu’à se faire coller du sobriquet de « Kama’s Boy ». Oui, l’homme ne s’est jamais caché de cela. Il faisait partie des « missi dominici » du défunt puissant président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) Mansour Kama décédé le 02 aout 2020. L’élève a bien appris du maitre. Aujourd’hui ce brillant ingénieur polytechnicien est devenu le maitre de la puissante CNES.
« Les missi dominici » étaient des inspecteurs royaux itinérants, instaurés par Charlemagne vers 800 pour contrôler l’administration de l’Empire carolingien. Cette définition tirée de l’IA se colle parfaitement au nouveau président de la CNES. Abdel Kader Ndiaye a réussi à s’installer au cœur du dispositif de confiance, le premier cercle de confiance du défunt président Mansour Kama. Pendant près de deux décennies à la tête de la CNES, Mansour Kama triait sur le volet les hommes de l’ombre avec qui il cherchait à mener le combat du triomphe de l’entreprise nationale, la préférence nationale.
Cet engagement du défunt président de la CNES ne ménageait aucun régime, ni celui de Diouf avec qui il avait une réelle proximité, ni ceux incarnaient successivement par les présidents Wade et Macky Sall. Le défunt président de la CNES n’avait cesse de dénoncer les entraves de l’’Etat des différents régimes pour le développement des entreprises nationales et surtout pour la promotion de la préférence nationale. Feu Mansour Kama voulait « un patronat décomplexé ». Il a réussi à inoculer ce virus à son successeur qui prend à partir de ce samedi 28 mars 2026 les rênes de la puissante CNES après la parenthèse Adama Lam. D’ailleurs pour l’histoire, Abdel Kader Ndiaye voulait jeter l’encre à la suite du choix porté sur Adama Lam pour succéder à Mansour Cama. Parce que tout simplement, il se voyait le successeur désigné de « son parrain ». Il avait la même prétention qu’un autre dirigeant de la structure patronale Babacar Ndiayte. Mansour Cama peut dormir tranquillement du sommeil des justes. L’héritage est désormais entre de bonnes mains. Abdel Kader Ndiaye arrive à la tête de la CNES sur de bons préjugés de ses pairs, mais aussi du monde de l’entreprise.
L’homme très bien formé comme ingénieur polytechnicien, titulaire d’un MBA a su démontrer durant son engagement patronal sa passion pour une entreprise locale décomplexée pour une ligne doctrinale forte et souverainiste. Il dirige depuis un moment le Syndicat national de bâtiments et des Travaux publics (SNBTP) de la CNES. Abdel Kader Ndiaye bénéficie aujourd’hui d’une légitimité technique et historique. Adossé à un héritage de fidèle compagnon de route de feu Mansour Kama, de la consécration de ses pairs comme vice-président de la Chambre de Commerce, d’Industrie, d’Agriculture et de Commerce de Dakar et aussi acteur clé des groupes de travail lors des conseils présidentiels sur l’investissement (CPI), le nouveau patron de la CNES a le profil du bâtisseur, rompu aux arcanes du dialogue public-privé peut peser fortement sur la prise en charge des préoccupations du patronat et des entreprises sénégalaises.
Il n’aura guère le temps du répit. L’homme connait déjà les dossiers chauds qui nécessitent en une prise en charge immédiate des préoccupations des entreprises locales qui sont au bout du gouffre. Ce samedi devant ses pairs, Abdel Kader Ndiaye a déjà annoncé les couleurs de sa feuille de route. Les défis colossaux immédiats tournent autour de l’épineux dossier de la dette intérieure, la relance de l’économie, le projet de réunification patronale et professionnelle, la relance des grands projets nationaux.
A son niveau, l’urgence se signale au niveau de l’apurement des créances dues à l’état. C’est une urgence vitale de premier niveau pour la survie du tissu économique national. La tension extrême de trésorerie étranglant les PME-PMI et les majors du BTP constitue le défi d’un patronat qui doit chercher à arracher au Gouvernement un calendrier de paiement pour restaurer la viabilité des entreprises locales leur permettant de faire face à leurs charges, mais surtout de recommencer les investissements structurants pour préserver l’entreprise et les emplois.
Devant ses pairs ce samedi 28 mars, Abdel Kader Ndiaye a aussi mis en avant sa farouche détermination pour le triomphe de la préférence nationale et l’accès des champions locaux aux grands marchés publics. Son double atout de chef d’entreprise, mais aussi d’hommes rompus aux dialogues public-privé sera un atout de taille pour pousser le Gouvernement à faire bouger les lignes.
ABDEL KADER NDIAYE PRESIDENT DE LA CNES : « Bâtir un patronat crédible… »
Son ambition est claire. Abdou Kader Ndiaye juste quelques heures avant d’être porté à la tête de la CNES s’est adressé à ses collègues, chefs d’entreprises et membres de la grande famille de leur organisation pour leur dire que son ambition est de « bâtir un patronat crédible, levier de notre développement économique et social: notre responsabilité, notre moment ». Devant ses pairs, à travers son programme et vision, l’homme a décliné sa feuille de route. « Avant de commencer, je tiens à saluer avec émotion et respect l’héritage de nos illustres devanciers. Rendons hommage à la mémoire de feu Mansour Kama, dont la vision a forgé notre socle ainsi qu’à feu MOR TALA KANE, qui fut la cheville ouvrière de l'organisation jusqu'à la fin de sa vie. Ils ont fait de la CNES un véritable rempart pour le secteur privé national, et c'est sur ces fondations solides que nous devons aujourd'hui bâtir notre avenir » dira le président Abdel Kader Ndiaye. « Regardez autour de vous. Dans cette salle se trouve le moteur de l’économie sénégalaise. Nous ne sommes pas seulement des employeurs ; nous sommes les garants de la stabilité sociale et les architectes de la souveraineté de notre pays. Pourtant, nous faisons face à un paradoxe.
Le Sénégal se positionne comme l'une des économies les plus dynamiques d'Afrique, cependant, la part captée par nos entreprises nationales reste trop souvent marginale. Les délais de paiement nous étouffent, l'accès au financement reste un parcours du combattant, et la concurrence internationale ne nous fait aucun cadeau, notre image et notre réputation méritent d’être boostées.
C’est la raison pour laquelle le projet de réunification reste un axe majeur de notre programme, car pour satisfaire notre ambition de leadership, la seule solution efficace qui s’impose, c’est l’unification, projet déjà amorcé, dans un processus avancé et irréversible, avec notre organisation jumelle, le CNP. Restons alors confiant dans l’avenir. Être Président de la CNES, ce n’est pas occuper un siège. C’est porter un bouclier pour défendre et développer le secteur privé » ajoutera le nouveau président de la CNES. Ce dernier dira que sa candidature n’est pas celle d’un homme, mais celle d’une méthode et d'une équipe type, dream team. Son programme repose sur cinq piliers majeurs (formation, partenariats stratégiques, actions prioritaires, la promotion du label Made in Sénégal et la communication stratégique).
Commentaires (1)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.