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Trafic aux Almadies : Cocaïne, lingots d'or et "Live Resin", la chute du cartel huppé de Dakar

Auteur: Doudou DIOP

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Trafic aux Almadies : Cocaïne, lingots d'or et "Live Resin", la chute du cartel huppé de Dakar

La chambre de jugement financière du Pool judiciaire financier ouvre, ce jeudi, un dossier explosif mêlant trafic international de drogue, blanchiment de capitaux et tentative de corruption. Au banc des accusés, cinq individus, dont un ressortissant américain et un administrateur de société, présentés comme les maillons d’un réseau opérant dans les quartiers huppés des Almadies.

Selon l’ordonnance de non-lieu partiel, de disqualification et de renvoi rendue par le juge d’instruction du 2e cabinet, les membres du réseau ont été identifiés comme suit : B. Ndiaye, 46 ans, administrateur de société, domicilié à la cité Mbackiyou Faye ; Ch. Tchania alias « Tom », 49 ans, animateur, domicilié à Ngor ; Kh. Diarassouba, 32 ans, de nationalité ivoirienne, commerçante, domiciliée à la cité Mbackiyou Faye ; C. V. Hoover, 35 ans, de nationalité américaine, agent sportif, domicilié aux Maristes ; B. Coly, 54 ans, domicilié à Grand Dakar ; ainsi que deux autres individus identifiés comme Germaine et Julien. Ils sont inculpés des chefs d’association de malfaiteurs, de trafic international de drogues, d’offre ou de cession de drogues, de refus d’obtempérer, de mise en danger de la vie d’autrui, de tentative de corruption, de blanchiment de capitaux et de tentative d’escroquerie au préjudice d’une personne non encore identifiée.

Le film de la filature qui a fait tomber le réseau

Le groupe a été placé sous mandat de dépôt le 26 octobre 2024. Il ressort de la procédure que, pour démanteler un réseau de trafic de drogue dure opérant dans la zone des Almadies et ses environs, les enquêteurs de l’OCRTIS avaient mis en place un dispositif de surveillance. Une filature a permis, après quelques jours d’observation, d’identifier deux membres actifs du réseau. Ainsi, le 16 octobre 2024, l’un d’eux, identifié comme étant B. Ndiaye, a quitté son domicile à bord de son véhicule pour se rendre chez l’un de ses acolytes, connu sous le pseudonyme de « Tom », afin d’y récupérer des enveloppes. Il s’est ensuite dirigé vers les Almadies pour remettre ces enveloppes en cours de route à un individu à moto qui, à son tour, les remettait à une dame au pied d’un immeuble.

Poursuivant la filature, une autre équipe de l’OCRTIS a intimé à B. Ndiaye l’ordre de s’arrêter. Celui-ci a refusé d’obtempérer, tentant de forcer le passage et de contourner les agents. Le véhicule, finalement immobilisé, était occupé par B. Ndiaye et l’Américain Hoover. B. Ndiaye aurait alors proposé la somme de 10 000 000 F CFA aux agents pour se tirer d’affaire. La fouille corporelle de B. Ndiaye a permis la saisie de 21 sachets de cocaïne d’un poids total de 52,5 grammes, de 1 000 000 F CFA en numéraire et de trois téléphones portables. Sur la personne de Hoover, il a été découvert sept cigarettes électroniques contenant du cannabis.

Les investigations ayant suivi ces interpellations ont conduit à l’arrestation de Kh. Diarassouba, identifiée comme la compagne de B. Ndiaye, ainsi que de « Tom », identifié comme Ch. Tchania, présenté comme un revendeur de drogue au sein du réseau.

1,652 kg de cocaïne saisis lors d’une perquisition

La perquisition menée au domicile de B. Ndiaye a permis de découvrir des rouleaux de scotch, des enveloppes kaki et des sachets en plastique similaires à ceux utilisés pour le conditionnement de la cocaïne. La visite domiciliaire effectuée chez Diarassouba a permis la saisie de 68 boulettes de cocaïne de 20 g chacune, 84 sachets de 2 g, 62 sachets de 1 g et 30 sachets de 0,5 g, pour un poids total de 1,652 kg, ainsi que diverses sommes en devises étrangères.

Interrogé, Ch. Tchania a déclaré que B. Ndiaye était auparavant son fournisseur lorsqu’il travaillait dans une boîte de nuit. Après la perte de son emploi, il serait devenu son livreur afin de couvrir sa consommation personnelle. B. Coly, pour sa part, a affirmé avoir été recruté comme technicien de surface par B. Ndiaye, avec lequel il entretenait des relations qualifiées de fraternelles. L’exploitation de son téléphone portable a révélé des photographies de lingots d’or factices ainsi que des échanges relatifs à une vente d’or avec des ressortissants gambiens. C. V. Hoover a reconnu qu’au moment de son interpellation, il détenait sept cigarettes électroniques de type « live resin » à base de cannabis, qu’il affirme avoir reçues d’une connaissance pour sa consommation personnelle. Diarassouba a, dans un premier temps, déclaré que B. Ndiaye était son compagnon et qu’il l’avait fait venir au Sénégal en lui promettant de l’aider à poursuivre ses études, avant de lui demander de conserver sa marchandise illicite dans un appartement meublé mis à sa disposition. Elle a ajouté qu’il lui arrivait de couper la drogue avant son conditionnement. L’exploitation de son téléphone a permis d’identifier une certaine « Germaine », domiciliée en Guinée, comme fournisseur de B. Ndiaye, ainsi que des reçus de transferts d’argent.

À l’instruction, ils se rétractent et accusent les enquêteurs

Entendu à l’enquête, B. Ndiaye a initialement refusé de répondre aux questions et de signer le procès-verbal, avant de revenir sur cette position devant le juge d’instruction. Il a alors soutenu que, le jour des faits, il se trouvait à bord de son véhicule en compagnie de Hoover, lorsque le véhicule banalisé des agents de l’OCRTIS a heurté le sien pour l’immobiliser. Il affirme avoir été extrait de force et fouillé, précisant que la perquisition de son domicile serait restée infructueuse. Selon lui, ne disposant d’aucun élément contre lui, les enquêteurs l’auraient assimilé à un certain « Ismaïl », recherché pour trafic de drogue, et l’auraient maltraité pour lui faire reconnaître les faits. Il conteste en outre toute tentative de corruption.

Devant le magistrat instructeur, la dame Diarassouba est revenue sur ses déclarations initiales, affirmant qu’elle vivait dans l’appartement perquisitionné avec son conjoint nommé Ismaïla Fall, alors en voyage. Elle a également soutenu ne pas connaître B. Ndiaye, ajoutant que ses premières déclarations lui auraient été dictées par les enquêteurs en l’absence d’un avocat.

Ch. Tchania a, de la même manière, déclaré avoir été interpellé alors qu’il se rendait à sa boutique. Selon lui, les agents lui auraient demandé en chemin s’il connaissait un nommé Ismaïla Fall, avant de lui présenter B. Ndiaye au poste de police, qu’il affirme ne pas connaître.

Enfin, C. V. Hoover a contesté la découverte des cigarettes électroniques dans son sac, affirmant avoir signé le procès-verbal sans en comprendre le contenu, en raison de la langue française, et en l’absence de son avocat.

Auteur: Doudou DIOP
Publié le: Jeudi 26 Mars 2026

Commentaires (4)

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    Zrik il y a 2 mois
    Almadies pourquoi louniou wakh ngen ni almadies pourtant a aucun moment trace almadies amouthi les gars habitent a ouakam C est quoi votre problème avec les almadies fuck ndey off way
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    Karim-USA il y a 2 mois
    Moi, je pense que nos FDS sonf entrain de faire un excellent travail alors que du temps de l’ancien régime, ils se ceontentaient de traquer, tuer ou emprisonner les opposants politiques et les manifestants. Le Sénégal est entrain de changer. Bravo à Bamba Cissé.
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    Kirzi il y a 2 mois
    Je me suis toujours posé pourquoi ils disent Almadies. Cité Mbackiou et alentours c'est Ouakam, J'GO , Brioche dorée du Rond point Ngor c'est Ngor. Un jour qq1 m'indiquait son adresse derrière ex Gondole à côté siège Banque Islamique en me disant Almadies. Je lui ai précisé que c'était Ngor Remembrement Almadies. Quand j'ai vu la fureur dans ses yeux et la violence de sa réplique pour insister qu'il habite aux Almadies, ce jour là j'ai compris que pour lui c'était une question de standing que je ne voulais pas lui reconnaître. La confusion peut être due à l'ignorance mais aussi à une revendication d'un statut social ou de la frime. Sénégalais ( surtout les femmes) sont insondables.
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    DAVID il y a 2 mois
    @Karim-USA  Bamba CISSE était-il Ministre en Octobre 2024 ?
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    Senegalman il y a 2 mois
    @Karim-USA  Octobre 2024 vous nous parlez de Bamba Cissé.. Fanatique, populiste et menteur que vous etes !
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    Fric il y a 2 mois
    @Kirzi  Mdrrr tellement vrai
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    Nini il y a 2 mois
    @Karim-USA  De la mauvaise rien d'autres. Le travail des FDS trencende les régimes.
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    Nit kou nioul il y a 2 mois
    Il est temps de reconstruire d'autres prisons le pays est entrain d'être lavé
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    Hakim Dia il y a 2 mois
    En ayant les mêmes avocats en commun ils ont adopté la même ligne de défense dictée par les avocats eux même pour se tirer d'affaire. Si vous voyez ou entendez des avocats richissimes c'est à travers ces genres de dossiers, ils en raffolent et s'en frottent les mains ! L' argent salle !
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    Bravo le PJF il y a 2 mois
    Excellent travail. Espérons que le dossier du trafiquant de drogue international cueilli par Interpol en 2012 à Saly pour une peine de 7 ans d'emprisonnement ferme en France et sous mandat européen depuis 2013 serait réexaminé afin qu'il soit extradé . Malgré ce crime manifeste , d'autres infractions financières se sont rajoutées dans ce pays . Epinglé par le CENTIF en 2021 avec ses cogestionnaires qui sont en fuite suite à des mandats d'arrêt internationaux, ce trafiquant de drogue international qui s'est reconverti dans ce pays en promoteur immobilier avec des contrats SAPCO à Saly ,en roue libre , en toute impunité, pour construire des résidences , activités pour les quelles, de nombreux procés avec d'honnêtes citoyens sont relevés . Qu'attendant les autorités pour lui interdire d'exercer toute activité commerciale dans ce pays ? En France , il aurait même humé l'air de la liberté . Ce type , sa place est en prison . La peine ferme de 7 ans doit être exécutée soit en France ou dans ce pays . Justice pour le peuple.

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