Vols, viols et meurtres : Le constat terrifiant des 59 délégués de quartier de Tivaouane Peulh
À Tivaouane Peulh, la douleur est encore vive. Celle d’un père, mais aussi celle de toute une communauté confrontée à une insécurité grandissante. Le meurtre de Malick Ndiaye, poignardé à la suite d’une altercation jugée banale, a ravivé les inquiétudes et déclenché une vague d’indignation. Suffisant pour que les populations se regroupent ce mercredi pour s'indigner, mais surtout interpeller les autorités sur l'insécurité qui règne dans la zone, devenue selon elles l'une des plus dangereuses de Dakar.
« Mon fils s’est vidé de son sang »
La voix tremblante, Khar Gaye Ndiaye, père de la victime, peine à contenir son émotion : « C’est avec le cœur en lambeaux que je parle. Mon fils avait un avenir, il était prêt à prendre la relève. Il a été tué pour des raisons banales, dans un contexte d’insécurité ». Au-delà du drame, il dénonce une chaîne de défaillances : « Il n’y avait aucune ambulance pour l’évacuer. Il s’est vidé de son sang. La prise en charge médicale tardive n’a pas permis de le sauver ». Pour lui, ce décès aurait pu être évité : « S’il y avait un poste de police, une brigade ou un camp de sapeurs-pompiers, mon enfant aurait pu être sauvé. Aujourd’hui, nous avons peur de sortir la nuit ».
Une population sous pression
Même son de cloche du côté des délégués de quartier. Ndongo, président des 59 délégués de Tivaouane Peulh, parle d’un « cri du cœur » : « Nos femmes, nos enfants et nous-mêmes avons peur de vaquer à nos occupations ». Il souligne que malgré les efforts des forces de l’ordre, la situation reste préoccupante : « Le commandant de brigade Sow a procédé à près de 200 arrestations entre juin et décembre, malgré des moyens limités. Cela montre l’ampleur du problème ». Face à cette situation, les populations exigent des mesures concrètes : l’ouverture d’un commissariat, dont le projet « dort dans les tiroirs » du ministère de l’Intérieur ; le renforcement en moyens humains et logistiques de la brigade de gendarmerie ; la mise en service d’ambulances dans une zone qui compte 59 quartiers et 6 postes de santé. « Le terrain est déjà disponible et le projet est inscrit au budget 2026. Il ne reste que la signature du ministre », insiste-t-il.
« La peur doit changer de camp »
Pour les habitants, l’urgence est réelle. Ndongo alerte : « Sinon, l’irréparable risque de se produire. Les populations pourraient être tentées de se faire justice elles-mêmes. Les malfaiteurs nous ont envahis ». De son côté, Papis Sow, chargé de communication du collectif des habitants, dresse un constat alarmant : « La situation est unanime : Tivaouane Peulh est devenue l’une des zones les plus dangereuses de Dakar. Vols, agressions, viols, meurtres… cela arrive régulièrement ». Il ajoute : « Il est devenu risqué de sortir travailler. On peut être agressé et dépouillé à tout moment ».
Parmi les revendications prioritaires : installation d’un commissariat ou d’une compagnie de gendarmerie, déploiement de caméras de surveillance, organisation de patrouilles nocturnes, amélioration de l’éclairage public. « Nous voulons attirer l’attention des autorités. Il est temps d’agir », conclut-il.
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