100 ans de Wade : Mbackiyou Faye retrace un héritage indissociable de Touba et du mouridisme
À l’occasion de la célébration du centenaire de l’ancien Président Abdoulaye Wade, Mbackiyou Faye, représentant du Khalife général des Mourides, a prononcé un vibrant hommage mêlant histoire, spiritualité et reconnaissance.
Dans un discours empreint de ferveur, il a présenté l’ancien chef de l’État comme l’un des artisans majeurs du développement de Touba et un disciple profondément attaché à l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba. « Aujourd’hui n’est pas un jour ordinaire. Aujourd’hui, le temps s’arrête pour saluer un siècle », a-t-il déclaré d’emblée, avant de dresser le portrait d’un homme dont la vie, selon lui, dépasse la simple longévité. « Cent ans, ce n’est pas seulement un âge, c’est une œuvre. Cent ans, ce n’est pas seulement une durée, c’est une empreinte », a-t-il affirmé devant une assistance composée de dignitaires religieux, de responsables politiques et d’anciens collaborateurs du Président Wade.
« Vous avez attendu 26 ans, 26 ans de patience, d’audace et de persévérance »
Pour Mbackiyou Faye, Abdoulaye Wade restera dans l’histoire comme une figure emblématique de la démocratie sénégalaise. Il a rappelé son long combat politique, les 26 années passées dans l’opposition avant son accession au pouvoir en 2000, ainsi que son rôle dans l’avènement de la première alternance démocratique du pays.
« Vous avez attendu 26 ans, 26 ans de patience, d’audace et de persévérance pour porter l’idée que le peuple sénégalais méritait de choisir librement ses dirigeants », a-t-il souligné.
Mais l’essentiel de son intervention a porté sur les liens singuliers entre Abdoulaye Wade et la communauté mouride. Selon lui, cette relation dépasse largement le cadre politique ou électoral.
« Vos relations avec le mouridisme ne se mesurent pas à l’aune des calculs électoraux. Elles se pèsent à la balance des âmes », a-t-il déclaré.
Le représentant du Khalife a rappelé qu’avant même son entrée en politique, Abdoulaye Wade s’était intéressé à la pensée économique du mouridisme.
Dès 1966, a-t-il souligné, l’économiste qu’il était consacré sa thèse à la doctrine économique du mouridisme, mettant en lumière la valeur du travail comme fondement d’une véritable philosophie de développement. Cette conviction s’est retrouvée plus tard dans l’une de ses formules les plus célèbres : « Travailler, encore travailler, beaucoup travailler, toujours travailler ».
« Vous avez rompu avec les conventions protocolaires pour vous agenouiller devant votre guide spirituel »
Mbackiyou Faye est également revenu sur un geste resté gravé dans les mémoires au lendemain de l’alternance de 2000. À peine élu président de la République, Abdoulaye Wade s’était rendu à Touba pour rencontrer son guide spirituel, Serigne Saliou Mbacké. « Vous avez rompu avec les conventions protocolaires pour vous agenouiller devant votre guide spirituel », a-t-il rappelé, voyant dans cette démarche l’expression d’une fidélité assumée à ses convictions religieuses.
Il a ensuite détaillé les nombreuses réalisations attribuées au magistère de Wade en faveur de la cité religieuse. Il a notamment cité l’extension du domaine foncier officiel de Touba à 30 000 hectares en 2002, les investissements massifs dans les infrastructures routières, les réseaux d’assainissement, les châteaux d’eau et les équipements urbains.
Selon lui, cette décision a permis d’accompagner l’expansion rapide de la ville sainte et de préparer son développement futur. Il a également rappelé que la vision de l’autoroute Ila Touba, inaugurée plusieurs années plus tard, avait été pensée sous le régime de Wade, tout comme plusieurs projets structurants destinés à moderniser la cité religieuse. Il est revenu sur l’évocation de la Grande Mosquée Massalikoul Djinane à Dakar.
Mbackiyou Faye a rappelé le rôle déterminant joué par Abdoulaye Wade dans l’attribution du terrain de six hectares ayant permis la réalisation de ce projet emblématique de la communauté mouride. « Massalikoul Djinane, dans son emplacement actuel, est aussi l’œuvre de Maître Abdoulaye Wade », a-t-il affirmé.
« Nous n’oublierons jamais ce que vous avez fait pour le mouridisme »
Il a relaté la rencontre entre Wade et le Khalife général Serigne Mountakha Mbacké, quelques jours avant l’inauguration de la mosquée en 2019. À cette occasion, l’ancien Président avait déclaré : « Je rends grâce à Dieu de m’avoir permis de participer à l’aboutissement de ce chef-d’œuvre. » Le Khalife lui avait alors répondu : « Nous n’oublierons jamais ce que vous avez fait pour le mouridisme. »
Pour Mbackiyou Faye, ces deux phrases résument à elles seules la profondeur des liens entre Abdoulaye Wade et la confrérie mouride. Il a décrit l’ancien président comme un bâtisseur sous toutes ses formes : bâtisseur d’institutions, de projets, de routes, de mosquées, mais aussi de ponts entre le temporel et le spirituel. « Votre attachement à Touba a démontré que la foi et le respect des guides religieux ne sont pas des faiblesses, mais des boussoles qui guident l’action publique », a-t-il déclaré.
Au nom du Khalife général des Mourides et de l’ensemble de la communauté de Touba, il a formulé des prières pour la santé, la longévité et la sérénité du centenaire, avant de lui attribuer affectueusement un nouveau titre : celui de « papy du Sénégal ».
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