Après le silence, l’ultime avertissement : Le PS à l’épreuve de sa vérité (Alioune Ndoye, maire de Dakar-Plateau)
« Il n’y a plus d’excuses. Il n’y a plus de délais. Il n’y a plus de refuge derrière les mots creux ni les conciliabules feutrés. Une année entière s’est écoulée depuis cet appel sincère, lucide, presque prophétique. Une année de plus dans la lente asphyxie d’un parti qui, jadis, faisait respirer toute une nation ». La désolation est du maire de Dakar-Plateau, Alioune Ndoye, militant du Parti socialiste.
Le militant socialiste de se demander : « Et aujourd’hui, que reste-t-il ? Un appareil replié sur lui-même. Une direction murée dans une autosatisfaction irréelle. Et une base militante humiliée, ignorée, presque traitée comme une menace. Ce n’est plus seulement un silence. C’est un déni. Ce n’est plus une crise. C’est une faillite morale. Car enfin, de quoi avons-nous peur ? De la vérité ? Du peuple ? Ou de nous-mêmes ? »
Monsieur Ndoye constate que « le Parti socialiste ne meurt pas de ses défaites électorales. Il meurt de son refus obstiné de se regarder en face. Il meurt de cette confiscation insidieuse de la parole, de cette peur maladive du débat, de cette incapacité à entendre que l’histoire ne fait jamais de crédit éternel à ceux qui cessent de la servir ».
Le maire de Dakar-Plateau rappelle ceci à camarades de parti : « Nous ne sommes pas les héritiers d’un nom. Nous sommes les dépositaires d’un combat. Et ce combat exige du courage. Pas des postures. Pas des manœuvres d’appareil. Pas des exclusions déguisées en discipline.»
Mais plutôt « le courage de dire que le Parti socialiste s’est éloigné du peuple. Le courage de reconnaître que ses structures sont devenues opaques, figées, parfois injustes. Le courage, surtout, de comprendre que la jeunesse sénégalaise ne nous attendra pas éternellement pendant que nous débattons de nos équilibres internes comme si le pays n’existait pas ».
Car, pense le militant socialiste, « pendant que nous hésitons, le Sénégal avance sans nous. Et il avance parfois contre tout ce que nous avons incarné. C’est cela la vérité nue ».
Pour Alioune Ndoye, « refonder le Parti socialiste n’est plus une option stratégique. C’est une nécessité historique. Refonder, ce n’est pas ajuster. Ce n’est pas maquiller. Ce n’est pas redistribuer des rôles dans une pièce dont le public est déjà parti ».
Pour lui, « refonder, c’est rompre. Rompre avec les pratiques d’un autre âge. Rompre avec la confiscation des décisions. Rompre avec cette culture de la loyauté aveugle qui étouffe l’intelligence collective. Refonder, c’est redonner la parole aux militants. C’est ouvrir grand les portes à la société sénégalaise. C’est reconstruire un projet qui parle aux travailleurs, aux femmes, aux jeunes, aux territoires oubliés, à cette diaspora qui espère encore, mais commence à douter ».
Et c’est pourquoi « nous lançons, dès maintenant, un appel clair, direct, fraternel : militantes et militants du Parti socialiste, dans nos villes, dans nos villages, dans nos quartiers, organisez-vous et invitez-nous. Écrivez-nous. Signalez vos localités. Proposez des dates. Constituez des comités d’accueil, même modestes, même informels. Là où il y a trois militants debout, il y a déjà un point de départ ».
« Nous engagerons, dans les prochains jours, une tournée nationale de refondation. Une tournée sans protocole inutile. Une tournée d’écoute, de vérité et de reconstruction. Chaque étape sera un espace ouvert : un diagnostic sans complaisance de notre situation, une collecte directe des attentes des militants et des populations, et la co-construction de propositions concrètes pour rebâtir notre projet » informe-t-il.
Aux Sénégalais, dit-il, « nous viendrons vous écouter avant de parler. Nous viendrons débattre sans filtre. Nous viendrons, ensemble, rebâtir pour repartir à la conquête et être présents dès les prochaines élections territoriales. Car la reconquête ne se décrète pas depuis les sommets. Elle se construit au cœur des territoires, au contact des réalités, dans la chaleur du dialogue militant».
Aussi de préciser : « Et que l’on ne se trompe pas : ceux qui appellent à cette refondation ne sont pas des frondeurs. Ils sont les derniers gardiens de l’esprit socialiste. Car le véritable reniement n’est pas dans la critique. Il est dans l’indifférence. »
À ses camarades de parti, Alioune Ndoye rappelle : « L’histoire nous observe. Elle ne retiendra ni nos prudences, ni nos calculs, ni nos silences. Elle ne retiendra qu’une chose : avons-nous eu le courage de sauver ce qui pouvait l’être ? Ou avons-nous choisi, par confort ou par peur, d’accompagner dignement sa disparition ?"
Pour M. Ndoye, « le temps des ambiguïtés est terminé. Le temps des choix est arrivé. Ou bien nous refondons, profondément, sincèrement, radicalement. Ou bien nous disparaîtrons, lentement, irréversiblement, honteusement ». Et cette fois, dit-il, « nul ne pourra dire qu’il ne savait pas ».
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