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Le pari solitaire de Bassirou Diomaye Faye face au risque de blocage institutionnel

Auteur: Ndèye Arame Fall

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Le pari solitaire de Bassirou Diomaye Faye face au risque de blocage institutionnel

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En se séparant d'Ousmane Sonko et du PASTEF pour nommer un gouvernement de technocrates dirigé par Ahmadou Al Aminou Lô, le président Bassirou Diomaye Faye s'engage dans une gouvernance solitaire. Entre les remaniements à répétition, le spectre d'un blocage à l'Assemblée nationale et l'urgence des dossiers économiques, le chef de l'État joue la stabilité du pays sur le terrain de l'efficacité administrative.

Rupture à l'exécutif et instabilité gouvernementale

Le Sénégal traverse une crise politique majeure. Le divorce est désormais consommé entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ex-Premier ministre Ousmane Sonko. En écartant le mentor du PASTEF de la Primature pour y installer Ahmadou Al Aminou Lô, ancien Directeur national de la BCEAO , le chef de l’État opère un virage méthodologique important.

Ce repositionnement se traduit par une instabilité gouvernementale : en seulement deux ans d'existence, le régime consomme déjà sa troisième équipe ministérielle. Ce changement fréquent d'interlocuteurs pose une question sur la continuité de l'État. En s'appuyant sur une coalition sans poids électoral marquant, le Président ouvre une période d'incertitude quant à sa capacité à gouverner.

Épreuve démocratique : la loi du nombre face à l'isolement

Au cœur de cette crise se joue un débat sur les principes du système démocratique. Dans ce modèle, la légitimité repose sur la loi du nombre : c'est la majorité qui gouverne. Au Sénégal, cette majorité populaire est incarnée par le PASTEF, le parti qui a porté la promesse de rupture et mobilisé les électeurs. En choisissant de se détacher de sa formation d'origine et d'ignorer la force politique majoritaire à l'Assemblée nationale, le président Faye prend le contre-pied de la représentativité issue des urnes.

Sur le plan constitutionnel, le chef de l'État, élu au premier tour avec plus de 54 % des suffrages en mars 2024, demeure le seul dépositaire de la souveraineté nationale. Sa décision peut être lue comme une volonté de restaurer l'autorité de la fonction présidentielle face à un système de bicéphalisme exécutif difficile à gérer. De l'autre côté, l'argument de la rupture contractuelle pèse lourd : s'éloigner du projet pour lequel il a été élu s'apparente, pour les militants, à un déni de la volonté populaire. Ce déphasage pousse certains observateurs à se demander si un président en rupture avec sa base peut continuer à gouverner sans remettre son mandat en jeu. Si le droit constitutionnel n'impose aucune démission, la fragilité de son assise politique réelle rend l'exercice du pouvoir vacillant.

L'épée de Damoclès d'une dissolution parlementaire

La grande inconnue de cette nouvelle architecture réside dans l'attitude de l'Assemblée nationale, désormais présidée par Ousmane Sonko lui-même et portée par une majorité acquise au PASTEF. Bien que ce dernier ait affirmé que l'institution « jouerait le jeu » pour éviter de bloquer l'État, la réalité des rapports de force laisse présager une guerre d'usure. Comment le président Faye compte-t-il faire voter ses lois et son budget annuel face à un parti qu'il ne rencontre plus ?

Le risque de paralysie législative est réel. Le chef de l'État ne dispose pas du droit de dissoudre l'Assemblée nationale avant la fin de l'année 2026, la loi imposant un délai minimal de deux ans après son installation. L'hypothèse d'une dissolution dès l'échéance légale de décembre 2026 fait peser un risque : si le président Faye franchit ce pas, ce troisième gouvernement n'aura été qu'une équipe de transition de quelques mois. Une nouvelle campagne électorale basculerait le Sénégal dans une période de contestation au détriment de la marche des affaires. C'est face à ce risque d'enlisement que la récente sortie d'Aminata Touré sur RFI prend son sens. En tant que coordonnatrice de la coalition, son appel à la raison rappelle que les institutions de la République ne doivent pas être instrumentalisées pour des querelles de personnes.

L'économie peut-elle survivre à l'instabilité ?

Pendant que les ambitions politiques se heurtent au sommet de l'État, le temps presse. L'économie sénégalaise, déjà malmenée par des tensions sur la dette publique et par la suspension des programmes d'aide du FMI, pourra-t-elle résister à cette instabilité ?

Le tissu économique national s'accommode mal du changement perpétuel. Cette valse des ministères ralentit les réformes structurelles, paralyse l'administration et pousse le secteur privé à l'attentisme. Certes, l'expertise financière d'Ahmadou Al Aminou Lô est un atout pour échanger avec les bailleurs de fonds selon Jeune Afrique, mais la crise politique fragilise la crédibilité de la signature de l'État. Les populations attendent des réponses urgentes contre la cherté de la vie et le chômage des jeunes, alors que la stabilité est également menacée par la crise sécuritaire dans la sous-région sahélienne.

En faisant le pari de l'efficacité technocratique contre la loi du nombre et la légitimité populaire du PASTEF, Bassirou Diomaye Faye joue son avenir politique. Si cette crise se mue en blocage budgétaire total, le pays court le risque d'une dégradation financière difficile à redresser. L'histoire dira si cet isolement était un choix d'État ou une erreur stratégique pour l'avenir du Sénégal.

Auteur: Ndèye Arame Fall
Publié le: Vendredi 05 Juin 2026

Commentaires (30)

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    Verité il y a 4 heures
    Ton gouvernement n’est pas légitime et pourra rien proposer il fa respecter la démocratie vous pouvez pas gouverner sans Sonko et le pastef c’est ça la verité
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    SAO il y a 2 heures
    Sonko est un chien fou et Diomaye est méthodique. Il a des dossier sur lui et va les sortir. On est qu'au début d'un conflit fraternel. Le pays en sera la victime première.
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    b il y a 1 heure
    @SAO  avec sonko le system ne pense qu au dossier ak dou bokk.
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    Karim-USA il y a 4 heures
    La corruption et la malhonnêteté, c’est des malédictions qui risquent de nous maintenir dans la pauvreté éternelle. La pauvreté ça tue ! Vivre dans un pays pauvre, signifie moins de longévité. Pourtant dans un passé récent, la Suède ne fabriquait pas d’aviosn de guerre. Le monde avance. C’est l’Afrique qui stagne dans la pauvreté, les complots et magouilles pour écarter un candidat extrêmement compétent jusqu’à nous mettre à la tête de notre pays un jeune fou et illégitime, incapable de gagner des élections dans un petit village national. Vraiment Africain il est temps de se réveiller. C’est un crime contre nous que d’écarter les meilleurs pour toujours promouvoir les mediocres, les fous et les traîtres.
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    Nous il y a 4 heures
    Diomaye insulte Sonko Diomaye petit persidan sur simple diokhogne de Sonko Virons le gouvernement
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    KALKULART il y a 4 heures
    Laissez nous au moins la capacité de préparer, manger et digérer notre THIEBOUDIEUNE national
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    SAMB il y a 4 heures
    Il vaut mieux se séparer du poids sonko; de toute évidence, l'état en gagnerait plus que ce que nous vivons depuis deux ans
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    Un Senegalais il y a 3 heures
    Il ne premd pas de contre pied la representativite issue des urnes. Il a trahit le vote des Senegalais et le programme qu'ils ont vote tout simplement. Pourquoi? Lui seul peut le dire.
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    Nit il y a 3 heures
    Attention à cette exagération de la situation politique et des capacités de Sonko...En réalité, il n'en a beaucoup face aux pouvoirs du président, constitutionnellement parlant. Cet éventuel blocage des institutions n'est pour l'instant qu'un sujet de discussion journalistique même si notre O. Sonko, nuisance nationale l'a brandi : il n'en fera rien même s'il en a envie car ce poste usurpé (il n'est pas député) lui confère une immunité parlementaire, le principal objectif de son coup de force.
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    CITOYEN il y a 3 heures
    Il détourne le côté des sénégalais et se permet de donner des leçons de morale. On aura tout vu dans ce pays
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    Question il y a 3 heures
    Quelle mouche a piqué Diomaye pour qu’il rejoigne mimi toure et Abdourahmane diouf, ces handicapés du suffrage universel ?
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    Déception il y a 3 heures
    Ce président est une déception politique et morale
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    Ok il y a 3 heures
    Une vraie calamité
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    Le roi est nu il y a 2 heures
    Ce qui se passe est grave. La trahison de Diomaye faye est une tragédie nationale. Un président qui n’a maintenant ni légitimité ni majorité
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    Ali il y a 2 heures
    A part se séparer de Sonko, où le PR s'est il éloigné du "projet"? Que je sache le projet n'est pas que Sonko soit maitre du Sénégal non?
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    Fall il y a 2 heures
    L'Economie internationale ce n'est rien d'autre que la confiance, le Sénégal n'était pas en crise avant la prise de parole d'OS sur la dette. Le silence est d'or.
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    pffffff il y a 2 heures
    Franchement, je ne vois pas d'avenir politique pour BDDF. Je ne pense pas que ça lui aurait traversé, une fois l'esprit, d'arriver à la station présidentielle. Toutefois, pour que celà puisse être, il faut qu'il crée, alors, un parti politique. c'est la première fois, dans l'histoir politique du Sénégal qu'un président n'a pas d'appareil politique.
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    samba il y a 1 heure
    Des analyses simplistes de pastefiens, c'est ce que pense votre chef. Diomaye n'a pas besoin de parti, il suffit juste que l'économie redémarre et vous allez voir ce qui va arriver a Sonko.
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    Passant il y a 2 heures
    Diomay s’est séparé de Sonko dans des conditions peu recommandables déjà il l’a trahi et trahi le Pastef depuis longtemps il faut qu’il assume les conséquences de ce divorce… Maintenant si Sonko continue de faire son saint avec je veux pas créer une instabilité politique au Sénégal c’est son problème Diomay et ses nouveaux alliés feront tout pour l’écarter en 2029
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    Citoyen il y a 2 heures
    Diomaye est un homme mesuré. Il a énormément de qualités pour être un leader. Mais il dout réfléchir milles fous avant de dissoudre l'assemblée. Le mode de scrutin utilisé favorise le parti majoritaire. Et s'il dissous et que pastef gagne encore ce sera catastrophique pour lui.
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    Doudou il y a 2 heures
    Diomaye a ete piege par ses ennemis d hier Que lui meme Appele ses amis d Aujourdhui Meme si il n aime pas sonko ou ses methodes , les autres compagnons d hier qui Ont autant de merite Que lui meme , ne meritent pas cette punition Diomaye a trahi sonko , ses amis de lutte , le peuple Senegalais qui a vote pour sonko et pour la rupture totale . Surtout quand il dit quil n ya pas de pacte Rappelez vous Que lui meme a dit Que quand il exhangeait avec sonko en prison , pour le rassurer , il lui a sugerre de devenir son Ami pour le rassurer Rien Que ca est un pacte . Diomaye a de I toute l afrique et il n aura jamais raison meme si sonko a plein de defauts Il serait plus honorable et memorable d echouer avec sonko et tes compagnons de lutte Que de reussir avec les ennemis d hier Ce bilan immateriel se payera cash Non seulement il n aura pas ce deuxieme mandat qui lui est si Cher , son nom sera ecrit en rouge pour l eternite Et le plus important il payera ici et au dela car le karma existe bel et bien et Diomaye fait pleurer les martyrs, tout un peuple qui a temoigner l histoire et qui a horreur de la mechancete et la traitise
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    Domi réwmi il y a 1 heure
    Vous les pastefer vous croyez que se pays vous appartient billay vous vous trompée sur toutes la ligne vous sous-estime la conscience et l'intelligence des SÉNÉGALAIS et croyez moi votre réveil sera brutal en 2029 je prie pour tous les SÉNÉGALAIS inchallah yallah nanu féqué lép tétal ko si barké sunu mag gnou bakh gni
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    Étonnée de chez étonnée il y a 3 minutes
    Quand je vois des intellos défendre ce zouave d'OS, je me dis qu'on est mal barré et que le plus gros chantier de ce pays c'est décidément la connerie de sa population. Même des universitaires ??!!. J'en suis sidérée et triste en même temps.

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