Modification de l'article 319 : L’argumentaire du député Oumar Sy face aux critiques
Au sujet de l'examen de la proposition de loi portant modification de l’article 319 du Code pénal, relatif à l’homosexualité, le député Oumar Sy a livré une intervention particulièrement dense à l’Assemblée nationale.
Dans une prise de parole qui a retenu l’attention de l’hémicycle, le parlementaire a défendu la philosophie du texte tout en répondant aux critiques formulées par certains députés.
Dès le début de son intervention, Oumar Sy a tenu à marquer une différence d’approche entre les partisans de la réforme et ses opposants. Selon lui, certains raisonnements avancés dans le débat reposent sur ce qu’il qualifie de « vérité logico-formelle », illustrée par le syllogisme classique : « Si tous les hommes sont mortels et que Socrate est un homme, alors Socrate est mortel. »
À l’inverse, le député affirme que la position des promoteurs de la proposition de loi repose sur une approche empirique. « Notre relation avec la question de l’homosexualité est une relation empirique, une relation de vérité, une relation du palpable et du touchable », a-t-il déclaré devant ses collègues.
Pour lui, la question doit être appréhendée à partir des valeurs et des sensibilités largement partagées au sein de la société sénégalaise. Le parlementaire estime que la date du 11 mars 2026 pourrait marquer un moment important dans l’histoire législative du Sénégal. Il affirme que le débat témoigne de la volonté du gouvernement de défendre ce qu’il appelle les valeurs cardinales du pays, dans une terre marquée par l’héritage spirituel de figures religieuses comme Ahmadou Bamba et El Hadj Malick Sy.
Le débat sur la « criminalisation »
Une partie importante de son intervention a été consacrée au débat sémantique autour de la notion de « criminalisation ». Selon lui, certains opposants s’attachent plus à la terminologie qu’aux effets concrets du texte. « Vous êtes dans la recherche de terminologie, dans la recherche de sémantique », a-t-il lancé.
Le député soutient que la proposition de loi permettrait d’obtenir « les avantages de la criminalisation » sans en subir certains inconvénients, notamment la longueur des procédures judiciaires ou la difficulté d’apporter des preuves. Il a également évoqué les sanctions prévues par le Code pénal, rappelant l’existence de peines d’amende et d’emprisonnement.
La question du VIH et de la confidentialité
Dans son intervention, le député a aussi abordé la question de la transmission volontaire du VIH, en rappelant l’existence d’une loi adoptée en 2010 sur ce sujet. Il a souligné que le principe de confidentialité des informations médicales ne peut être opposé ni aux officiers de police judiciaire dans le cadre d’une enquête ni au juge lors de l’instruction d’un dossier. Selon lui, la levée de cette confidentialité devrait intervenir une fois qu’un verdict définitif est rendu.
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