Calendar icon
Sunday 10 May, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

Premières Dames au Sénégal : Levier d’influence ou boulet politique ?

Auteur: Ndeye Arame FALL

image

Premières Dames au Sénégal : Levier d’influence ou boulet politique ?

🎧 Écouter l'article 35 écoutes

Au Sénégal, le rôle de l’épouse du chef de l’État s’est imposé comme une institution de fait, malgré l’absence de statut juridique. De la discrétion des débuts à l’activisme des dernières décennies, cette figure oscille entre soutien social et encombrement politique. Aujourd'hui, l'arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye avec ses deux épouses place cette fonction sous le feu d'une controverse inédite, entre promesses de rupture et réalités du terrain.

L’héritage de la discrétion et l'éveil du social

Aux premières heures de la République, Colette Senghor a incarné l’effacement. Son influence restait confinée à la sphère privée, préservant une image strictement institutionnelle de la présidence. Ce modèle a évolué avec Elizabeth Diouf qui, en créant la fondation « Solidarité Partage » en 1992, a orienté le rôle vers l’action humanitaire. Elle s’est illustrée par le soutien aux enfants démunis, posant les jalons d'une présence publique structurée autour de la charité.

L’ère de l’influence et les soupçons d’ingérence

Le tournant vers une influence politique directe s’est opéré sous les présidences suivantes, transformant parfois le palais en un lieu de décisions parallèles. Viviane Wade, via sa fondation « Éducation-Santé », s'est impliquée dans la construction d'infrastructures lourdes, comme l'hôpital de Ninéfescha.

Mais c'est sous Macky Sall que l'influence de la Première Dame a atteint un sommet médiatique. Un épisode reste gravé dans les mémoires : la déclaration fracassante du ministre Mbagnick Ndiaye en juillet 2014. Lors d'une passation de service, il avait publiquement affirmé que sa nomination et celle de Matar Ba étaient dues à Marième Faye Sall, ajoutant : « Si nous sommes ministres, c’est grâce à Marième Faye Sall ». Cet aveu sans filtre avait alors cristallisé les critiques sur l'existence d'un pouvoir de veto occulte au cœur du palais.

Des fondations éphémères et un manque de transparence

Au-delà de l'influence politique, la gestion de ces structures pose question. Pour beaucoup d'observateurs, ces fondations ressemblent à une « occupation » pour les Premières Dames le temps d'un mandat. Un constat frappe l'opinion : ces organisations disparaissent presque systématiquement dès que le mari quitte le pouvoir, à l'image de « Servir le Sénégal ». Cette évaporation subite, après avoir brassé des fonds importants provenant de partenaires privés ou d'entreprises, renforce l'idée qu'elles servent d'outils de rayonnement personnel plutôt que de véritables institutions de développement durable.

La rupture à l'épreuve de la « Fondation Sénégal Solidaire »

L'élection de Bassirou Diomaye Faye, placée sous le signe de la rupture, devait marquer la fin de ce système. Pourtant, le lancement de la fondation nationale « Sénégal Solidaire » par ses deux épouses, Marie Khone et Absa Faye, a surpris. Des figures comme le député Guy Marius Sagna ont rapidement alerté sur le risque de voir ces structures redevenir des circuits opaques de financement.

L’engagement se concrétise déjà : la deuxième épouse du président, Mme Absa Faye, en sa qualité d'ambassadrice, a récemment tenu une séance de travail avec le ministre de la Santé, le Dr Ibrahima Sy. Si l'objectif affiché est d'aider les malades (cancer, insuffisance rénale), cette implication directe dans les dossiers ministériels interroge sur la limite entre l'action sociale et l'administration publique.

Quel équilibre pour la nouvelle présidence ?

Le défi pour Bassirou Diomaye Faye est désormais de définir une place pour ses épouses qui ne fragilise pas son message de réforme et de transparence. Entre tradition de solidarité et rigueur républicaine, le Sénégal cherche encore le modèle qui empêchera les hôtes du palais de devenir, une fois de plus, un boulet politique pour le pouvoir en place.

Auteur: Ndeye Arame FALL
Publié le: Dimanche 10 Mai 2026

Commentaires (11)

  • image
    Darkpenguin il y a 7 heures
    Cette réunion était une manifestation du mensonge, autrement dit une scène théâtrale où une pièce tragique était mise en scène par des acteurs politiques dépourvus de représentation populaire, contraints de monter et de présenter un rassemblement populaire fictif de partisans « spontanés » autour d'un homme qui n'avait aucun soutien parmi les masses et qu'il a fallu inventer en achetant des figurants pour contredire la thèse de son ascension fulgurante grâce au CHARISME D'UN HOMME dont il cherche maintenant à se libérer.
  • image
    Redh il y a 7 heures
    Ce n’était pas véritablement un meeting le rassemblement qui s'est tenu à MBour, c'est le moins que l'on puisse dire
  • image
    Old il y a 6 heures
    Après les challenges des années 60, ils nous ont ramené les meetings version années 2000 : pancartes, t-shirts, transhumants au premier rang…
  • image
    Fff il y a 3 heures
    La journaliste devait avoir l’ethique et citer Ibrajima Sarr ancien Directeur du Cesti sui a aaacordé un entretien avec le Soleil
  • image
    Président Béni il y a 53 minutes
    Première personne politique de l'Univers à être élu Président de la République en 10 jours après sa sortie de Prison. Il fît un " voyage nocturne" et revint Béni de Dieu Malick'Mulk. C'est l'histoire du Président Diomaye Diakhar Faye. Plus le plus chanceux des Polygames avec les deux Firts plus belles Ladies du Monde, humbles et polies. Ma Contane et Fier Si Yow Mr le Président. Mach'Allah, Dieu te Garde et te Guide en permanence aux services réussis du Sénégal.
  • image
    Anta Fall il y a 6 heures
    Notre plus profond respect va à la première épouse, « awo », et nous compatissons à ce qu'elle a enduré. Nous admirons sa patience et son ouverture d'esprit ; nous avons tous grandi dans des familles polygames et restons marqués par ce nos mamans ont enduré. Malheureusement, nos sociétés conservent des habitudes ancestrales qui refusent de disparaître face à la modernité et sont à l'origine de nombreux dysfonctionnements et rivalités (ligueyenté, serignetou, etc.) au sein des familles, et seul à l'avantage des hommes. L'émancipation des femmes dans certains pays musulmans, comme la Tunisie, a conduit l'État à interdire la polygamie. Même dans nos pays d'Afrique subsaharienne, les femmes instruites ne l'acceptent plus. Désormais, seules les femmes considérées comme « chercheuses d'or », les femmes âgées en proie au doute, les femmes divorcées, les veuves et les femmes illettrées s'immiscent dans les couples établis et les déstabilisent en devenant deuxième, troisième ou quatrième épouses. C'est pourquoi, dans nos sociétés, elles sont moins valorisées que l'awo et ne sont pas prises au sérieux.
  • image
    Anta il y a 5 heures
    Ces femmes comme Absa Faye des voleuses de maris elles sont fortes pour séduire les hommes riches et d’une certaine situation pour les detourné de leurs convictions de rester monogame souvent y’a certains hommes qui n’ont jamais eu l’intention de pratiquer la polygamie mais bon quand on rencontre ces genres de femmes séductrices on tombe dans leurs pièges. La polygamie est archaïque est une violence faite aux femmes et c’est populaire qu’au Sénégal 🇸🇳
  • image
    Madeleine il y a 5 heures
    Malheureusement elle continue à faire du woudié à outrance, à se bousculer au devant des premières places et à engager son mari dans le reniment de ses convictions premières et la rupture de ses amitiés de longues dates pour un aventure aux lendemains incertains.
  • image
    BEBERT il y a 6 heures
    En Espagne, la femme prêtre qui défie le Vatican Christina Moreira, qui revendique le droit des femmes au sacerdoce, a été excommuniée par le Vatican pour avoir convoité une place réservée aux hommes. Elle poursuit sa vocation de prêtresse, qui dérange jusqu’au sommet de l’Eglise, dans une paroisse galicienne.
  • image
    BEBERT il y a 6 heures
    Dulcie September, née le 20 août 1935 à Athlone dans la banlieue du Cap en Afrique du Sud et morte assassinée le 29 mars 1988 à Paris en France, est une femme politique et une militante anti-apartheid sud-africaine.
  • image
    Rose Dieng-Kuntz il y a 6 heures
    Tout d'abord employée par Digital Equipment Corporation, elle participe aux premiers pas de l'intelligence artificielle[2]. De 1985 à 2008 à l'INRIA, elle travaille sur le partage de connaissances sur le web, notamment dans les débuts du web sémantique[7] et du web collaboratif. Ses recherches portent sur l'organisation du savoir et le repérage d'informations sur Internet, plus spécifiquement dans le contexte des données massives[2]. Elle y est la deuxième femme à piloter un programme de recherche de l'INRIA[1],[8].
  • image
    Rose Dieng-Kuntz il y a 6 heures
    Lycéenne à Dakar, Rose Dieng décroche un bourse pour aller étudier les mathématiques à Paris[2]. Elle arrive en France après le baccalauréat pour étudier dans les classes préparatoires du lycée Fénelon à Paris[3]. Elle intègre ainsi l'École polytechnique en 1976[4],[5]. Parallèlement à sa spécialisation à l'École nationale supérieure des télécommunications (aujourd'hui Télécom Paris), elle fait un DEA en informatique, puis soutient une thèse de doctorat à l'université Paris-Sud en informatique sur la spécification du parallélisme dans les programmes informatiques[6].
  • image
    Rose Dieng-Kuntz il y a 6 heures
    Elle meurt en juin 2008 des suites d'une longue maladie. Son décès est largement médiatisé en France et au Sénégal. Valérie Pécresse, alors ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, exprime sa tristesse dans un communiqué, précisant que « la France et la science viennent de perdre un esprit visionnaire et un talent immense[9]. »
  • image
    Rose Dieng-Kuntz il y a 6 heures
    Elle reçoit le prix Irène-Joliot-Curie en 2005[7],[3] et elle est nommée chevalier de la Légion d'honneur en 2006[1]. En 2013, son nom est donné à une rue dans le parc d'innovation de la Chantrerie au nord-est de Nantes, et à une place sur le campus de Paris-Saclay en 2017[10]. En 2019, son nom est attribué à l'un des amphithéâtres des nouveaux locaux de Télécom Paris (où elle a poursuivi ses études après Polytechnique). Une annexe du lycée d'excellence Birago Diop au Golf Sud (Sénégal) porte son nom. Sur le campus de l'université Paul Sabatier à Toulouse, le cours où se situe l'institut de recherche en informatique de Toulouse (IRIT) porte désormais son nom[11]. Le 7 juin 2023, le Conseil de Paris donne son nom à une voie nouvelle du 19e arrondissement de Paris : l'allée Rose-Dieng-Kuntz[12]. Le 20 mars 2025, son nom est attribué à l'un des amphithéâtres de l'école Polytech Nice-Sophia[13], composante de l'université Côte-d'Azur où elle a mené la majeure partie de sa carrière. En 2026, son nom est choisi pour figurer avec 71 autres femmes scientifiques couvrant trois siècles d'histoire (1712 à 2025) sur le pourtour du premier étage de la tour Eiffel, au-dessus de l'endroit où, en 1889, n'avaient été gravés que des noms de scientifiques hommes[14].
  • image
    Déception il y a 5 heures
    Diomaye est une immense déception
  • image
    Abou il y a 5 heures
    Il est vraiment inhabituel de voir de voir premières dames avec des « S » ! C'est un élément manquant pour une première mondiale le couple présidentiel venue d'Afrique, où l’insolite et l'absurdité est encore monnaie courante. Mais c'est une évidence dans les relations humaines au sein du couple où on se jure protection et fidélité :alors une seconde épouse ne peut exister que si le serment de fidélité du mari est rompu avant même qu'elle ne soit officialisée reconnue. Par conséquent, donc elle symbolise un trait de caractère qui n’est pas la bienvenue chez quelqu'un d’où sa présence constante à ce niveau de représentation sociale n'a rien de positif à apporter.
  • image
    Anonyme il y a 5 heures
    C'est de l'effort que nait l'excellence. Elles sont fortes, braves, motivées avec désintéressement et courageuses. Nous les encourageons, les soutenons s et leur souhaitons belle réussite dans leurs admirables efforts de soutien à la société et aux bonnes œuvres

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.