Renégociation des contrats : Alla Sène Guèye plaide pour un dialogue constructif
La renégociation de contrats et conventions annoncée par le Premier ministre continue de soulever des débats dans le secteur privé.
Selon le président de la Fédération nationale des industries du Sénégal (FNIS), Alla Sène Guèye, cette décision était « prévisible » au regard de l’évolution des dépenses fiscales, dans un contexte de tensions budgétaires.
« C’est un sujet qu’il faut traiter avec beaucoup de mesure, parce qu’il touche à l’attractivité des industries, mais aussi aux recettes de l’État », a-t-il déclaré ce dimanche lors de l'émission "Point de vue" sur la RTS.
Monsieur Guèye a rappelé que les exonérations fiscales constituent un levier classique de politique économique destiné à soutenir l’investissement.
Selon lui, les chiffres contenus dans les rapports sur les dépenses fiscales illustrent l’ampleur des avantages accordés à certains secteurs, en particulier aux industries extractives.
D’après les données qu’il cite, en 2022, le Sénégal comptait 333 mesures de dépenses fiscales, dont 189 relevant du droit commun et 144 de régimes dérogatoires. Sur les mesures évaluées, plus de la moitié des avantages fiscaux (51,4 %) bénéficient aux entreprises.
Monsieur Guèye a indiqué que les industries extractives, qui occupent une place particulièrement importante dans ces dispositifs, représentaient 53,5 % des dépenses fiscales, soit 431 milliards de francs CFA sur un total de 804 milliards de francs CFA en 2022, précisant que leur part s’élevait à 41 %, pour 390 milliards de francs CFA l'année d'avant.
«Ces chiffres montrent que l’État a fortement soutenu ce secteur au cours des dernières années. Il faut reconnaître que la mesure se justifie », a-t-il déclaré, tout en soulignant que ces exonérations étaient par nature temporaires.
Rappelant la logique économique derrière ces mécanismes, Alla Sène Guèye soutient que l’État peut renoncer à une partie de ses recettes fiscales pendant quelques années pour permettre à une activité de se développer et générer ensuite des revenus.
Cependant, reconnaissant les inquiétudes exprimées par certains industriels, notamment les cimentiers, le président de la FNIS affirme que la situation ne doit pas conduire à une confrontation.
« Ce n’est pas dans la logique des industriels d'aller au bras de fer avec l’État », a-t-il dit, plaidant pour des concertations pour des solutions équilibrées. Car la compétitivité du secteur peut être renforcée par d’autres leviers que les exonérations fiscales, citant le gaz, la logistique et l'innovation comme leviers de compétitivité.
Pour finir, Alla Sène Guèye a martelé que la renégociation des conventions doit s’inscrire dans une approche globale conciliant rigueur budgétaire, dialogue avec les industriels et renforcement de la compétitivité du secteur.
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