Filière coquillages : Vers une reconnaissance internationale du "Made in Senegal"
Le Sénégal a franchi une étape majeure dans la structuration de sa filière coquillages grâce au projet de renforcement des normes sanitaires et phytosanitaires (SPS). Un atelier national de capitalisation, organisé les mercredi 4 et jeudi 5 mars 2026 à Dakar par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avec l’appui du Fonds pour l’application des normes et le développement du commerce (STDF), a permis de dresser un bilan prometteur. Présidé par le ministère de la Pêche, cet événement de deux jours vise à présenter les résultats du projet et à définir les perspectives de développement.
Le projet a permis de cartographier 50 sites conchylicoles selon une approche scientifique rigoureuse. Le classement révèle que 62 % des sites sont classés en zone A (produits directement commercialisables), 36 % en zone B (nécessitant une purification préalable) et 2 % sont jugés non conformes. Pour encadrer cette activité, trois arrêtés réglementaires ont été adoptés, portant sur le classement des sites, l’hygiène des établissements et la qualité des produits. Un programme national de surveillance est désormais pleinement opérationnel.
Sur le plan du renforcement des capacités, les chiffres sont significatifs : 64 agents d’inspection, 35 cadres techniques et 233 acteurs de la filière — majoritairement des femmes — ont bénéficié de formations spécialisées. Grâce à cette mise aux normes, les coquillages sénégalais peuvent désormais intégrer les circuits de la grande hôtellerie, des restaurants et des marchés touristiques, avec des prix oscillant entre 3 500 et 7 000 FCFA le kilogramme selon les zones.
Lors de l’ouverture, Samba Ka, directeur de l’Aquaculture au ministère de la Pêche, a souligné que « ce projet marque une transition décisive : il ne s’agit pas seulement de mettre à niveau la filière, mais de la rendre durable, compétitive et prête pour l’exportation ».
De son côté, Catalina Pulido, représentante du STDF, a rappelé la mission de son organisme : « Nous soutenons les pays en développement pour qu’ils respectent les normes SPS et puissent accéder aux marchés internationaux. Le projet sénégalais constitue un exemple de bonnes pratiques réplicables dans la sous-région. »
Djibril Dramé, coordonnateur sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, a quant à lui insisté sur la portée sociale de l'initiative : « Ce travail structure la filière, améliore la sécurité sanitaire des produits et renforce l’autonomisation économique des femmes conchylicultrices. Notre objectif est de consolider ces acquis et de préparer l’avenir. »
Malgré ces avancées, l'atelier a permis d'identifier plusieurs défis persistants, notamment la nécessité de renforcer la traçabilité des produits, de garantir la pérennité des financements et d'obtenir la reconnaissance officielle du système sénégalais auprès des instances régionales et internationales.
Selon les autorités, cet événement marque le début d’une nouvelle phase : consolider les acquis sanitaires, structurer les canaux d’exportation et garantir un développement inclusif au profit des communautés côtières.
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