Affaire Epstein : Ce que l'on sait des liens entre le financier et Karim Wade
Les récentes publications de plus de trois millions de pages d'e-mails et de documents liés à Jeffrey Epstein, rendues publiques par un comité du Congrès américain, ont mis en lumière des échanges professionnels impliquant Karim Meïssa Wade, fils de l'ancien président Abdoulaye Wade.
Ces correspondances datant de 2010 et 2011 se concentrent sur des opportunités d'affaires en Afrique et des réseaux internationaux.
Karim Wade, qui a occupé des postes clés sous la présidence de son père de 2009 à 2012 – notamment en tant que ministre d'État chargé de la Coopération internationale, de l'Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures – apparaît dans plusieurs e-mails échangés avec Epstein.
En 2010, Epstein écrit à Wade depuis New York : « I’m with Prince Andrew at my house in New York, call if you get a chance. » (Je suis avec le prince Andrew chez moi à New York, appelle si tu as une minute.) Wade répond en évoquant un appel pour organiser une rencontre avec le Sultan Bin Sulayem de Dubai World.
En novembre de la même année, Wade mentionne un voyage à Riyad en Arabie saoudite, suivi d'un passage à Paris, proposant un rendez-vous le lendemain ou le surlendemain : « Am off tonight to Riyad in Saudi Arabia and will be in Paris tomorrow night. Suggest we catch-up tmrw night or on Wednesday. » (Je pars ce soir pour Riyad en Arabie saoudite et serai à Paris demain soir. Je suggère qu’on se voie demain soir ou mercredi.) Epstein accepte et demande à l'assistant de Wade de coordonner.Ces échanges font référence à des discussions sur des « opportunités en Afrique » et des déplacements à Paris, Pékin ou Riyad.
En 2011, Epstein facilite une rencontre entre Wade et Jes Staley, cadre de JPMorgan, pour discuter d'un important commerce de pétrole brut. Plus tard, il tente d'assister au développement de gaz offshore au Sénégal.
Cinq ans après, en 2016, alors que Wade est en exil au Qatar suite à une condamnation pour enrichissement illicite en 2015, Epstein l'introduit auprès de l'économiste américain Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor et président de Harvard.
Epstein décrit Karim Wade comme « l'une des figures les plus importantes en Afrique de l'Ouest », « le plus charismatique et rationnel de tous les Africains », et mentionne une découverte de « gaz offshore ». Summers, initialement perplexe, demande : « Who is the guy you have set me up with ? » (Qui est le type avec qui tu m’as arrangé un rendez-vous ?)Epstein qualifie Wade de « very close friend » (très proche ami) et prédit qu'il pourrait devenir le prochain président du Sénégal.
Ces révélations soulignent les réseaux d'affaires d'Epstein en Afrique, sans lien apparent avec ses activités criminelles.
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