Deux ans de pouvoir : Nicolas Ndiaye dresse un réquisitoire sévère contre le régime
Dans le cadre d’une conférence de presse marquant les deux ans d’exercice du pouvoir par le parti PASTEF, Nicolas Ndiaye, secrétaire général de la Ligue démocratique (LD) et membre de la Confédération pour la démocratie et le socialisme (CDS), a dressé un bilan pas honorable du régime.
Devant militants, responsables politiques et acteurs de la société civile ce jeudi, il a dressé le tableau d’un pays engagé, selon lui, dans une “décadence multiforme”.
Une promesse de rupture jugée non tenue
D’emblée, Nicolas Ndiaye rappelle les espoirs suscités par l’arrivée au pouvoir du régime actuel, porté par une promesse de rupture, de redressement et d’espérance.
Mais deux ans après, le constat est, selon lui, “sans appel”. « Gouverner, ce n’est pas proclamer, c’est transformer. Ce n’est pas dénoncer, c’est bâtir ».
À ses yeux, loin d’avoir apaisé et renforcé le pays, le pouvoir en place a plutôt fragilisé les équilibres économiques, sociaux et institutionnels.
Sept formes de “décadence” pointées du doigt
L’ancien député a structuré son réquisitoire autour de sept domaines clés. Il s’agit de la décadence financière en premier lieu. Il dénonce une gestion marquée par l’imprudence et une communication jugée excessive sur la situation héritée ayant, selon lui, entamé la crédibilité de l’État auprès des partenaires comme le FMI.
Il y a ensuite la décadence économique. Nicolas Ndiaye critique des décisions “arbitraires”, notamment « la paralysie du secteur des BTP, les incohérences dans la filière arachidière, des mesures qui fragilisent producteurs et économie rurale ». Il alerte même sur un risque de crise alimentaire.
S’agissant de la troisième décadence sociale, il évoque une rupture du contrat social, illustrée par « plus de 30 000 licenciements, des tensions dans les secteurs de la santé et de l’éducation, une gestion répressive des revendications sociales
Selon lui, la justice est aujourd’hui perçue comme instrumentalisée et constitue la quatrième décadence. Il cite notamment « les détentions prolongées suivies de relaxes, les procédures jugées fragiles et la lenteur dans l’application des réformes issues des assises de la justice ».
Cinquième décadence diplomatique : un affaiblissement de la présence internationale du Sénégal, qu’il regrette, évoquant une baisse d’influence diplomatique et un isolement progressif.
Il critique notamment le refus de soutenir la candidature de Macky Sall à des fonctions internationales, estimant qu’un Africain à la tête des Nations Unies serait un atout stratégique.
L’ancien parlementaire se désole, en outre, de la décadence institutionnelle. Il pointe une confusion au sommet de l’État, avec des tensions dans l’exécutif une Assemblée nationale jugée affaiblie, une focalisation prématurée sur la présidentielle de 2029.
Enfin, il déplore une dégradation du débat public, une décadence morale et intellectuelle avec une montée des invectives, une banalisation des insultes et un affaiblissement du niveau des échanges politiques.
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