"Yoro Dia ou la trahison de l’exigence d’honnêteté" : Mimi-2024/Thiès répond à l'ancien ministre de Macky Sall
"Les prises de position de Yoro Dia dans l’affaire de l’exclusion de Bougar Diouf marquent moins un désaccord politique qu’un effondrement éthique. En qualifiant cette exclusion de "petite querelle" et en l’opposant à une supposée "grande querelle" liée à l’ONU, M. Dia ne fait pas œuvre d’intelligence critique : il abdique sa fonction d’intellectuel pour endosser celle, beaucoup plus triviale, de communicant partisan".
C'est la réplique apportée à l'ancien ministre de Macky Sall par la coordination Mimi-2024/Thiès.
Pour les proches de l'ancienne Première ministre, "un intellectuel digne de ce nom n’a pas de camp ; il n’a qu’une obligation : celle de l’honnêteté intellectuelle". Ils considèrent que l’intellectuel n’est pas un militant de luxe chargé d’enrober des positions opportunistes dans un vocabulaire noble. Sa mission n’est pas de relativiser les règles lorsqu’elles dérangent ses affinités personnelles, mais de rappeler, précisément, que toute action politique est soumise à des principes.
Pour le coordonnateur de Mimi-2024/Thiès, Lamine Sène et Cie, "en légitimant une indiscipline manifeste au nom d’une grandeur abstraite, Yoro Dia banalise une faute politique élémentaire : la contestation publique de la ligne d’une coalition à laquelle on prétend appartenir. Ce n’est pas du courage, c’est de l’incohérence". Ils pensent que "la gravité de cette posture tient aussi à son caractère hypocrite".
Et de souligner : "Conseiller de Macky Sall, Yoro Dia a longtemps évolué dans un système où la discipline était une valeur cardinale, parfois même imposée de manière autoritaire. À aucun moment, durant l’ère Benno Bokk Yaakaar, il n’a défendu le droit d’un responsable de la coalition à tenir une conférence de presse pour dénoncer publiquement les dérives du régime. Ce qui était hier qualifié de trahison devient aujourd’hui célébré comme lucidité. Ce renversement n’est pas intellectuel : il est purement opportuniste."
Plus inquiétant encore, déplorent les proches de Mimi Touré, "Yoro Dia s’érige en parrain moral de Bougar Diouf, qu’il a largement contribué à former et à légitimer dans l’espace public". Et de regretter qu'"au lieu de lui enseigner la rigueur, la retenue et le sens de la responsabilité collective, il lui offre une caution symbolique qui transforme l’indiscipline en posture héroïque".
Ils pensent que "ce n’est plus de la transmission intellectuelle, c’est du conditionnement idéologique : une pédagogie du désordre politique maquillée en esprit critique".
Face à cette dérive, Lamine Sène et ses camarades rappellent que "la position de la coalition DiomayePrésident, incarnée avec fermeté par Aminata Touré, apparaît comme la seule cohérente et républicaine. Rappeler les règles, sanctionner les écarts et exiger la loyauté organisationnelle n’est pas une vengeance, c’est un minimum institutionnel. Une coalition qui tolère la dissidence publique permanente se condamne à l’implosion et à l’insignifiance".
"En définitive, le vrai scandale n’est pas l’exclusion de Bougar Diouf ; c’est la démission morale de Yoro Dia en tant qu’intellectuel. Lorsqu’un penseur choisit son camp au détriment de la vérité, il cesse d’être une conscience critique pour devenir un simple agent de justification. Et c’est précisément à ce moment-là qu’il perd toute légitimité à parler au nom de l’honnêteté, de la grandeur ou de la République", concluent-ils.
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