« L’année universitaire n’est plus celle que nous avons connue » : Guy Marius Sagna dénonce un système qui broie le temps des étudiants
Selon le député Guy Marius Sagna, au-delà des polémiques récurrentes sur les bourses, les restaurants universitaires ou les Journées sans ticket (JST), le malaise qui mine l’enseignement supérieur sénégalais est plus structurel. Dans un post, le parlementaire alerte sur un dysfonctionnement majeur : la disparition de l’année universitaire telle qu’elle était connue, au détriment des étudiants.
Selon lui, de nombreux étudiants mettent aujourd’hui quatre ou cinq ans à achever un cursus qui devrait normalement se faire en trois ans.
« L'année universitaire — comme on parlerait d'année scolaire — n'est plus l'année universitaire que nous avons connue. Elle est totalement déréglée, sans début ni fin. Elle dure plus de neuf mois. Elle va au-delà. On l'appelle encore "année universitaire", mais elle peut durer plus de 12 mois. Nombreux sont les étudiants qui n'ont plus de vacances. Ils ne savent plus à l'avance quand les examens auront lieu. C'est très dur pour les étudiants », déplore-t-il.
Cette situation entraîne une incertitude permanente pour les étudiants. Absence de vacances, calendrier académique imprévisible, examens programmés sans visibilité : autant de facteurs qui rendent le parcours universitaire de plus en plus éprouvant. Pour Guy Marius Sagna, les tensions autour des bourses ou de l’accès à la restauration universitaire ne sont que « des symptômes » d’un mal plus profond.
« Résultats de ces années universitaires qui durent plus de neuf mois avec des chevauchements tels qu'on se croirait dans un dédale : les bourses durent neuf mois pour payer des étudiants dont l'année universitaire ne coïncide plus avec ces neuf mois de bourse. Les principales et premières victimes de cette situation sont les étudiants qui perdent plus que des rappels de bourse. Ils perdent beaucoup trop de mois de leur vie à faire en quatre ou cinq ans, voire plus, ce qui devait être fait en trois ans. Je leur exprime toute ma solidarité. Cela ne peut plus continuer », indique le parlementaire.
Face à cette situation qu’il juge intenable, Guy Marius Sagna appelle à une mobilisation collective. Étudiants, gouvernement, parents d’élèves et Assemblée nationale doivent, selon lui, ouvrir un dialogue franc afin de remettre de l’ordre dans le calendrier universitaire.
Il reconnaît qu’un retour à la normale nécessitera une période de transition, avec un coût financier et organisationnel. Mais il se veut optimiste : « Les Sénégalais ne se posent que des problèmes qu’ils sont capables de résoudre. Alors, à la table des négociations ! »
Commentaires (10)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.