Kédougou – Saraya : le cri du cœur du maire, la réponse mesurée du ministre des Infrastructures
En visite de chantiers dans la région de Kédougou, le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a été directement interpellé par le maire de la commune de Saraya, Sambaly Biagui. Une interpellation franche, sans détour, qui a mis en lumière le déficit criant en infrastructures dont souffre cette commune frontalière, première porte d’entrée du Sénégal en venant du Mali.
Devant le ministre, le maire a dressé un tableau sans complaisance de la situation de sa collectivité. « Monsieur le ministre, nous vous recevons à Saraya où les infrastructures ne sont pas du tout visibles. Par exemple, à Saraya, chef-lieu de département, nous voudrions avoir un hôtel de ville digne de ce nom. La commune de Saraya est la première commune d’entrée en venant du Mali. Nous avons également échangé avec Promoville. Nous avons reçu leur courrier et nous allons répondre pour identifier les axes à aménager. La commune de Saraya ne compte qu’une seule école primaire. Les classes sont pléthoriques. Nous voulons vraiment porter ce combat pour l’éducation au sein de la commune.Nous souhaitons aussi que vous pensiez à l’expertise locale dans la réalisation de ces infrastructures», a signalé Sambaly Biagui, maire de Saraya.
Au-delà de la symbolique d’un hôtel de ville, c’est toute la question de la visibilité institutionnelle, de l’aménagement urbain et surtout de l’éducation, qui a été soulevée par l’édile de Saraya. Une commune frontalière, stratégique, mais qui peine encore à disposer d’infrastructures de base à la hauteur de son statut administratif.
Face à cette doléance, le ministre Déthié Fall a apporté une réponse empreinte de réalisme, rappelant les contraintes budgétaires, mais aussi la volonté affichée des autorités de progresser de manière graduelle.
« Nous avons effectué une tournée à Kédougou avec Ageroute et Promoville. Nous avons effectivement constaté que, malgré les efforts déjà consentis, il existe encore des problèmes d’entretien. Une fois à Dakar, ces questions seront examinées avec le FERА. Il faut y aller de manière graduelle. Le déficit infrastructurel est important et il serait illusoire de dire que tout peut se régler en même temps, immédiatement, compte tenu du contexte que vous connaissez. Ce qui demeure constant, ce sont les ambitions et la volonté exprimées par le Chef de l’État et le Premier ministre de voir ces questions réglées dans les meilleurs délais. C’est ce qui explique notre présence permanente sur le terrain.
Les infrastructures, c’est le terrain. Après chaque tournée, nous faisons des propositions pour soulager les populations sur les priorités, en attendant de mobiliser toutes les ressources nécessaires pour traiter ces questions en profondeur. Vous avez vu les efforts budgétaires consentis. À Kédougou comme à Saraya, Promoville a été saisi pour travailler rapidement avec la commune sur un programme d’aménagement. Cela ne règle pas tout, mais cela montre la volonté des autorités de répondre aux préoccupations des populations», a répondu le ministre.
Cette séquence d’échanges a mis en évidence deux réalités : d’un côté, l’urgence exprimée par les collectivités locales confrontées à un manque d’infrastructures de base ; de l’autre, la prudence d’un État qui reconnaît le retard, mais plaide pour une approche progressive, dictée par les contraintes financières et les priorités nationales.
À Saraya, l’attente reste forte. Entre besoin d’un hôtel de ville, insuffisance d’infrastructures scolaires et espoir placé dans les programmes comme Promoville, la commune frontalière espère désormais que la visite ministérielle se traduira rapidement en actes concrets.
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