Niakhar : Un collectif inter-villages s’oppose au projet de pôle urbain
Le Collectif inter-villages pour la préservation du patrimoine, Gay o Jeg Es, a exprimé son opposition ferme au projet de construction d’un pôle urbain dans la commune de Niakhar (Fatick).
Lors d’un point de presse à Sagne, les populations impactées ont vivement fustigé l’attitude du maire, qu’elles accusent d’être à l’origine de cette manœuvre.
Le projet de pôle urbain porte sur une superficie de 555 ha qui pourrait impacter huit villages à terme.
Dans sa déclaration, le coordonnateur du collectif, Gilbert Waly Ndiaye, a dénoncé une initiative qu’il juge imposée aux autochtones sans concertation préalable.
Les populations rejettent avec véhémence ce qu’elles qualifient de « machinations » du maire de Niakhar, Ama Codou Sène, et de la Direction des pôles urbains qui, en contradiction avec les principes de bonne gouvernance, tentent d’imposer un projet déjà rejeté.
Dans le même élan, elles regrettent le manque de transparence ainsi que la non-prise en compte de leurs préoccupations, alors qu’elles sont les premières concernées.
« Ce manque de transparence est d’autant plus flagrant qu’aucune étude d’impact environnemental n’a jamais été présentée ni aux populations locales ni au collectif », a déploré le coordonnateur.
«Nous réprouvons cette approche profondément choquante qui réduit les terres que nous cultivons à de simples réserves foncières, alors qu’elles constituent le fondement de notre survie économique, de notre cohésion sociale et de notre identité culturelle », a-t-il ajouté.
Monsieur Ndiaye s’insurge ainsi contre ce qu’il qualifie de forcing de la part des autorités communales et du représentant de la direction des pôles urbains.
« Les terres agricoles ne sont ni à vendre, ni à céder sous la contrainte, ni à sacrifier sur l’autel d’un développement imposé et déconnecté des réalités locales. Elles constituent un patrimoine, une richesse et une histoire. Elles nourrissent les populations à travers les exploitations agricoles familiales et l’élevage », a-t-il martelé.
Le collectif exige ainsi l’arrêt immédiat de toutes les initiatives visant à imposer ce projet ainsi que la suspension de toutes les procédures liées à l’affectation de 555 ha.
De son côté, Ousmane Diouf, membre du collectif, interpelle le président de la République et le Premier ministre, rappelant l’importance qu’ils accordent à l’agriculture. Se référant au précédent de Ndingler, il déclare : « Nous vivons la même réalité. Le chef de l’État doit venir à notre chevet, comme il l’avait fait à l’époque pour Ndingler.»
Le collectif rassemble les villages de Sagne, Mbafaye, Nianiane, Mboudaye, Mbane,Nguess, Diemou et Ngodaguene.
Arborant des brassards rouges, les impactés réitèrent leur engagement ferme à défendre leur territoire par tous les moyens légaux et légitimes.
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