Babacar Sembène sur la régulation des marchés : « On ne produit pas si l’on n’est pas sûr de vendre »
Invité de Seneweb Eco, hier 1er février 2026, le Directeur général de l’Agence de régulation des marchés (ARM), a défendu la régulation comme un levier central du développement agricole au Sénégal. Selon Babacar Sembène, les progrès enregistrés dans plusieurs filières sont indissociables de la mise en place de mécanismes visant à sécuriser les acteurs, en particulier les producteurs.
Pour le DG de l’ARM, la régulation ne se limite pas à une simple question de contrôle des prix. Elle répond avant tout à un impératif de confiance.
« C’est décourageant de produire et de ne pas vendre, ou de vendre à des prix qui ne sont pas rémunérateurs. La régulation sert d’abord à rassurer le producteur », dit-il.
Il souligne que la filière oignon illustre l’impact positif de cette politique. « En 2005, la production d’oignon était autour de 40 000 tonnes. Aujourd’hui, nous sommes à près de 450 000 tonnes. Cette progression n’est pas un hasard », souligne Babacar Sembène.
À l’en croire, cette performance repose essentiellement sur la confiance instaurée auprès des producteurs. « Quand le producteur sait qu’il existe un cadre et une garantie d’écoulement de sa production, il investit davantage, améliore ses pratiques et augmente les volumes », explique-t-il.
Au-delà de la production, la régulation joue également un rôle clé dans l’organisation des relations entre producteurs, commerçants et consommateurs, dans un contexte marqué par de fortes fluctuations saisonnières. « La régulation, c’est la gestion des équilibres. Il faut protéger le producteur, tout en tenant compte du pouvoir d’achat du consommateur », insiste le DG de l’ARM, estimant que cette approche contribue à structurer durablement les chaînes de valeur agricoles. « Quand les acteurs sont rassurés d’année en année, ils renforcent la production, parce qu’ils savent que le produit arrivera sur le marché et se vendra dans des conditions acceptables ».
Babacar Sembène rappelle enfin le poids social considérable de l’agriculture dans l’économie sénégalaise, malgré sa contribution encore limitée à la richesse nationale. « Environ 60 % de la population active évolue dans l’agriculture, mais le secteur contribue à moins de 15 % du PIB. Cela montre qu’il existe un énorme potentiel à valoriser ».
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