Port autonome de Dakar : 56 milliards FCFA pour transformer le Môle 4 en hub logistique régional
Le Port autonome de Dakar (PAD), avec le consortium Jambaar TPM, a lancé ce jeudi 2 avril 2026 un projet de modernisation du Môle 4, doté d’un investissement initial de 56 milliards de francs CFA. Sur 12 mois, ce terminal qui concentre 20 % du trafic portuaire est appelé à devenir un hub logistique national et sous-régional. Il s’agira ainsi de moderniser et de fluidifier les opérations du Môle 4 qui « gère les questions céréalières mais aussi les questions d’acier et de fer » et qui a « un impact direct sur l’économie nationale ». « L’idée est de le rendre fluide, de le moderniser, de sorte que le trafic se développe », a précisé Omar Blondin Diop, directeur général adjoint de Jambaar TPM.
Au-delà de la création de ce terminal polyvalent multimodal au Môle 4, le projet envisage le développement d’un transport fluviomaritime pour desservir l’intérieur du pays. « L’idée, c’est d’aménager des voies navigables pour un transfert des cargaisons directement par voie fluviomaritime et non plus par les routes », a expliqué M. Diop. Une alternative aux flux routiers, aujourd’hui massifs, avec près de « 2 000 camions par jour » à Dakar, selon Aly Nar Ndiaye. Ce système de transport devrait ainsi permettre de « désengorger le port et la capitale », de « réduire les accidents et la pollution », et de « préserver les infrastructures routières ». En ce sens, les flux maliens pourraient être redirigés vers des hubs intermédiaires comme Kaolack, évitant leur arrivée jusqu’à Dakar.
Évoquant la deuxième phase du projet, elle prévoit la réhabilitation des ports régionaux, notamment ceux de Ziguinchor, Kaolack, Ndakhonga et Saint-Louis, avec un investissement estimé entre 15 et 30 milliards de francs CFA. L’objectif est de dépasser le modèle d’un port concentré sur la capitale pour bâtir un réseau portuaire intégré. « On aura non plus un hub limité à Dakar, mais un hub portuaire national, voire sous-régional », a souligné Omar Blondin Diop, évoquant des connexions potentielles avec Banjul ou encore Praia.
Du côté du PAD, le projet s’inscrit dans un cadre juridique structuré. Selon Aly Nar Ndiaye, conseiller du directeur général, la mise en concession du terminal a été menée « en toute transparence, en toute éthique » pour une durée de 25 ans. Saluant une alliance entre compétences locales et internationales, Aly Nar Ndiaye affirme que Jambaar TPM a été choisi parce qu’étant un consortium jugé inédit dans sa composition. En effet, selon le conseiller de Wally Diouf Bodian, ce consortium réunit « une expertise sénégalaise en logistique et infrastructures », « un armateur disposant d’une flotte de 40 cargos », le port d’Anvers, et un partenaire espagnol spécialisé dans les infrastructures portuaires. « C’est la première fois que nous voyons un consortium de ce type », a insisté M. Ndiaye.
Par ailleurs, le directeur général du Port autonome de Dakar, Wally Diouf Bodian, inscrit ce projet dans une vision plus large de transformation du port. « Nous voulons que le port de Dakar soit regardé autrement », a-t-il déclaré, voulant faire du PAD une référence continentale. « Nous voulons être en Afrique ce que le port d’Anvers est en Europe », a-t-il ajouté.
Le lancement de ce projet s’est fait en marge d’une visite officielle de la délégation du consortium Jambaar TPM et de l’inauguration du siège dudit consortium qui se trouve en face du Môle 2 du Port autonome de Dakar (PAD). La délégation officielle a, par ailleurs, visité le plan d’eau du PAD en présence de l’ambassadeur de la Belgique à Dakar, Hélène De Bock.
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