Guinée : Le journaliste Lamine Guirassy officiellement blanchi, mais ses médias restent muselés
Un nouveau chapitre s’ouvre pour Lamine Guirassy. Après plusieurs mois de suspension, le journaliste et patron d’Hadafo Médias a officiellement retrouvé le droit d’exercer son métier en Guinée, à la suite d’une décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC). Une décision accueillie avec soulagement dans les milieux médiatiques guinéens, même si beaucoup estiment que le dossier est encore loin d’être totalement réglé.
Une figure majeure des médias guinéens
Depuis plus de deux décennies, Lamine Guirassy s’est imposé comme l’une des voix les plus influentes du paysage audiovisuel guinéen. Avec Espace FM puis Espace TV Guinée, il a contribué à faire émerger une presse privée capable de concurrencer les médias publics dans un contexte souvent marqué par les tensions politiques et les débats autour de la liberté d’expression.
Le groupe Hadafo est progressivement devenu un acteur incontournable de l’information en Guinée, avec une forte audience aussi bien dans la capitale, Conakry, que dans plusieurs régions du pays. La suspension visant Lamine Guirassy avait donc été perçue comme un symbole des difficultés traversées actuellement par la presse privée guinéenne.
Une décision saluée, mais un goût d’inachevé
Si le retour de Lamine Guirassy dans la profession constitue une avancée importante, ses médias restent toutefois à l’arrêt. Les programmes d’Espace FM et d’Espace TV Guinée ne sont toujours pas diffusés, laissant de nombreux auditeurs et téléspectateurs dans l’attente. Cette situation crée un paradoxe : le journaliste retrouve ses droits, mais ses principaux outils de diffusion demeurent silencieux.
Dans les rédactions comme au sein de l’opinion publique, beaucoup espèrent désormais une réouverture prochaine des médias du groupe Hadafo. Car au-delà du cas personnel de Lamine Guirassy, c’est toute une partie du paysage médiatique guinéen qui fonctionne aujourd’hui au ralenti.
Un signal observé dans la sous-région
La décision de la HAC est également suivie avec attention dans plusieurs pays ouest-africains, où les questions liées à la régulation des médias et à la liberté de la presse restent sensibles.
Pour certains observateurs, cette mesure pourrait traduire une volonté d’apaisement entre les autorités de transition et certains acteurs de la presse privée. D’autres préfèrent attendre des actes plus concrets, notamment le retour effectif des médias suspendus sur les ondes. En attendant, le retour de Lamine Guirassy marque déjà un tournant symbolique. Le patron d’Hadafo retrouve sa liberté professionnelle, même si le combat pour la reprise complète de ses médias semble encore loin d’être terminé.
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