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*Une candidature à l’ONU, une question de souveraineté* (Par Abdoulaye Dieng)

Auteur: Abdoulaye Dieng, entrepreneur

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*Une candidature à l’ONU, une question de souveraineté* (Par Abdoulaye Dieng)

La transmission officielle de la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies par Évariste Ndayishimiye, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, ne constitue pas un simple épisode diplomatique. Elle soulève une question plus fondamentale : celle de la souveraineté et de l’autorité de l’État dans la conduite de sa politique extérieure.

Qu’un ancien chef d’État aspire à une fonction internationale n’a rien d’illégitime. Le multilatéralisme s’est souvent nourri d’expériences nationales converties en capital diplomatique. Mais la fonction de Secrétaire général des Nations unies n’est ni une récompense ni un prolongement de carrière. Elle constitue une magistrature morale qui exige crédibilité, légitimité et consensus au-delà des réseaux et des alliances circonstancielles.

Il convient d’ailleurs de rappeler un point essentiel souvent ignoré dans le débat public. Le Secrétaire général des Nations unies n’est pas désigné par une organisation régionale, mais recommandé par le Conseil de sécurité puis nommé par l’Assemblée générale. Aucune disposition formelle n’impose qu’un candidat soit présenté par son pays d’origine. Toutefois, dans la pratique diplomatique, aucune candidature sérieuse ne peut prospérer sans l’appui explicite de l’État dont le candidat est ressortissant. Le pays d’origine constitue le socle diplomatique, l’appareil de soutien et la garantie de cohérence politique.

Dès lors, lorsqu’une organisation régionale soutient officiellement un ressortissant d’un État membre, il est généralement admis qu’un alignement préalable existe avec cet État. À défaut, le signal envoyé serait celui d’une dissonance institutionnelle, voire d’une fragilité diplomatique. Or, à ce niveau de responsabilité internationale, la moindre ambiguïté devient un facteur d’affaiblissement.

La question est donc simple : le Sénégal a-t-il officiellement soutenu cette initiative ?

Si oui, pourquoi cette position n’a-t-elle pas été clairement assumée devant la nation ? Une telle candidature engage l’image du pays, sa crédibilité internationale et la cohérence de sa diplomatie. Elle suppose une doctrine claire et un intérêt national explicitement défini.

Si non, alors la situation devient plus préoccupante encore. Comment accepter qu’une candidature engageant l’image du Sénégal soit portée au niveau continental sans son consentement explicite ? Une telle démarche traduirait un désalignement institutionnel regrettable et poserait une question de méthode au sein de l’Union africaine. Elle donnerait le sentiment d’un affaiblissement d’une diplomatie sénégalaise historiquement reconnue pour sa cohérence et son rayonnement.

Reste une troisième hypothèse : celle du ni oui ni non, posture devenue familière dans notre espace public. Lorsque l’ambiguïté s’installe comme mode de gestion de l’information, la cohérence nationale s’en trouve fragilisée. Dans un contexte déjà exigeant sur les plans économique, social et institutionnel, le flou nourrit les interprétations, ouvre la voie aux instrumentalisations et détourne l’attention des véritables priorités du pays.

Au-delà des mécanismes institutionnels, une question de fond demeure. La plus haute fonction administrative mondiale exige une autorité morale incontestée. Or le legs politique laissé au Sénégal fait encore l’objet de débats dans l’espace public. Dans ces conditions, une projection internationale ne peut, à elle seule, effacer les interrogations nationales. La crédibilité mondiale ne se décrète pas ; elle se construit d’abord dans la responsabilité devant son propre peuple.

Il convient également d’apprécier cette candidature à l’aune des réalités géopolitiques. Le Secrétaire général des Nations unies est recommandé par le Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto déterminant. À cela s’ajoutent des équilibres diplomatiques non écrits, notamment la rotation régionale et les dynamiques politiques propres à l’Assemblée générale. Plusieurs États plaident par ailleurs pour qu’une femme accède pour la première fois à cette fonction. Dans ce contexte, les perspectives d’une telle candidature apparaissent objectivement incertaines. Dès lors, la question mérite d’être posée : le Sénégal a-t-il intérêt à s’engager dans un débat dont l’issue demeure hautement improbable, alors même que les priorités nationales sont nombreuses et urgentes ?

Le Sénégal a longtemps fondé son rayonnement international sur une diplomatie mesurée, cohérente et respectée. Cette tradition repose sur un principe simple : l’État parle d’une seule voix. Lorsque cette cohérence se fissure, la crédibilité extérieure s’en trouve immédiatement fragilisée.

La souveraineté encadre les ambitions, elle ne les subit pas. Le Sénégal est plus grand que les trajectoires individuelles et sa diplomatie mérite clarté, cohérence et maîtrise. C’est à cette exigence que se reconnaît une nation sûre d’elle-même.

*Abdoulaye Dieng*

_Entrepreneur_

Auteur: Abdoulaye Dieng, entrepreneur
Publié le: Mercredi 04 Mars 2026

Commentaires (6)

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    Xeme il y a 2 heures
    C'est depuis toujours comme ça avec Macky Sall, concrètement depuis la légion d'honneur de 2008. Faire le plein du médiatique n'est pas son invention mais celle de ses maîtres, cependant force est d'admettre qu'il est celui qui en a le plus usé. N'avez-vous pas oublié son pool d'avocats et d'experts financiers internationaux sensés démonter la dette cachée ? Il y avait des millions à payer pour une communication devant vous fabriquer une certaine opinion à un instant T. C'est fait, et c'est terminé. Maintenant c'est un autre chantier qu'il a levé, à coups de millions pour la communication, encore une opinion à fabriquer. Parce que comme tout bon sataniste Macky n'est intéressé que par une seule chose: ce que vous croyez au moment où on a besoin que vous le croyez. Mais nous, parce que nous savons cela avant même l'existence du Macky Cheval de Troie nous 3xigeons la reddition des comptes, et qu'il réponde de ses crimes de génocide par vaccins covid19 et de crime contre l'humanité par l'assassinat de manifestants.
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    Beug Sa Rew il y a 2 heures
    Rien de plus logique, finalement, que le syndicat des présidents africains propose un homme dont l’inculture dépasse toutes nos attentes au poste de secrétaire général des Nations Unies. On se souvient encore de cette déclaration mémorable où il expliquait que la relation historique entre la France et le Sénégal était particulière parce que les tirailleurs sénégalais recevaient… des desserts. On ne savait pas alors s’il fallait rire de la bêtise d’un homme qui semble ne penser qu’à la nourriture ou pleurer devant l’ignorance d’un président du Sénégal qui ne sait même pas que les tirailleurs dits « sénégalais » n’étaient pas tous sénégalais. Mais ce n’était pas un accident. À la question : « Que feriez-vous si vous étiez Zuckerberg ? », il avait répondu avec un aplomb désarmant : « J’inventerais une machine à voler. » On se demandait déjà s’il s’agissait simplement de puérilité ou si son subconscient pensait plutôt à une machine facilitant la soustraction des fonds publics. Moi qui pensais naïvement qu’il fallait un minimum de culture pour prétendre diriger le monde. Mais c’était sans compter sur le syndicat des chefs d’État africains, les uns plus ignares que les autres, qui ont décidé de proposer ce personnage pour représenter le continent à la tête de l’ONU. L’histoire n’est pas seulement triste, elle est aussi profondément ubuesque. Nous parlons ici de celui qui a envoyé plus de mille personnes en prison pour des raisons politiques, qui a fermé l’université de Dakar pendant presque un an avant de la rouvrir du jour au le demain, qui a osé changer la date des élections pour des raisons bassement politiciennes avant de finalement les organiser sous la pression internationale. Nous parlons aussi d’un homme qui, en douze ans, est passé d’un appartement de deux pièces à une fortune colossale. Un homme qui a transformé sa famille et celle de son épouse en véritable dynastie économique. Il n’est donc pas seulement inculte. Il est aussi corrompu jusqu’à l’os. Et c’est cet homme que d’autres corrompus et prédateurs de la République ont choisi pour les représenter aux Nations unies. À bien y réfléchir, c’est en effet parfaitement logique. Quant à certains groupes qui se découvrent des raisons de le soutenir, cela aussi finit par s’expliquer. Les petits partisans qui chantent les louanges de celui qui les a nourris ? Rien de surprenant. Mais ce qui me rend triste, c'est qu'il y a les autres. Ceux qui connaissent parfaitement la réalité mais continuent malgré tout de soutenir l’insoutenable. Pour ceux-là, je l’avoue, je ne sais toujours pas quoi dire. Je me demande s'ils continueront à se regarder dans la glace, le soir de leur vie, et de se dire qu'ils ont quand même raison. Mais si Mansour Faye et Farba Ngom semblent convaincus, aujourd'hui, qu'ils sont des victimes du nouveau pouvoir, alors tout est possible! Et à tous ceux qui chantent la nécessité de soutenir l'ogre de Mermoze car, tout simplement, il est africain, je rappelle que c'était également des africains qui avaient vendu leurs frères au plus offrant, tout comme celui qui a dilapidé le pétrole et le gaz dont nous rêvions tant. Mais, en fin de compte, pourquoi pas ? Après tout, Donald Trump pense qu’il mérite le Prix Nobel de la Paix. Voilà ce qui arrive dans un monde où tout est possible, où la parole d’un scientifique vaut celle du dernier de la promotion, où la pertinence d’un raisonnement vaut le cri de n’importe quel badaud avec un téléphone.
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    Okay il y a 1 heure
    Il y a eu des crimes,des emprisonnements,des armes achetées clandestinement.Macky devait être interrogé sur ce qui s'est passé entre 2021 et 2024. Un dossier est déposé à la CPI.Macky devait être blanchi de tous ces faits avant de postuler au poste.
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    Un voyou il y a 54 minutes
    Il aurait fallu inculper ce voyou depuis longtemps. Je ne comprends pas le comportement de nos autorités
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    @Xeme-le-forcené il y a 50 minutes
    Hahaha les trolls composé de Xeme le conspirationniste avec sa meute guettent les publications avec le nom de Macky Sall pour se jeter sur la proie comme des fauves affamées. Xeme le refoulé, ne danse pas plus vite que la musique jouée par tes maîtres constitués de la paire d'andouilles. Eux-mêmes sont tellement dans l'embarras qu'ils ne savent pas encore s'ils doivent prendre le dernier wagon pour ne pas entrer dans l'histoire. Le ministre des affaires étrangères vient de nous dire que le Sénégal attendait le Deadline pour donner son avis. Macky en homme d'expérience ne va jamais attendre les tergiversations de ces amateurs au risque de la forclusion. Pauvre idiot de Xeme le forcené
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    Passant il y a 36 minutes
    En tout cas Diomay n’est pas clair s’il n’a pas soutenu la candidature de Macky Sall qui l’a écrit pour demander son soutien pourquoi il communique pas sur ce dossier ? C’est vraiment une question de souveraineté l’union africaine ne peut se substituer à la place du Sénégal pour porter la candidature de Macky Sall de toutes façons il peut bien s’afficher il sera jamais secrétaire général de l’ONU avec tous ces morts et prisonniers politiques torturés pendant son règne.

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