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Modification des articles L29 et L30 : quand l’urgence épouse l’agenda politique

Auteur: Mass Massamba NDAO

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Modification des articles L29 et L30 : quand l’urgence épouse l’agenda politique

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Il y a des lois qui passent presque inaperçues. Et puis il y a celles qui réveillent quelque chose de plus profond, de plus sensible. La réforme des articles L.29 et L.30 du Code électoral appartient clairement à cette seconde catégorie. Parce qu’au fond, derrière les termes juridiques, c’est une question simple qui se pose. Qui a le droit de participer au jeu démocratique ?

En proposant de revoir ces dispositions, le camp de Ousmane Sonko défend une idée qui, à première vue, paraît difficile à rejeter : celle d’une sanction électorale plus juste, plus humaine, moins automatique. Après tout, faut-il vraiment écarter durablement un citoyen de la compétition politique pour une amende ou un délit de presse ?

 Dans un pays où la parole s’est libérée, où chaque mot peut être amplifié, la question mérite d’être posée.

Mais au Sénégal, une loi ne se juge jamais uniquement sur ce qu’elle dit. Elle se lit aussi à travers le moment où elle surgit.

Et le moment, justement, interroge. La réforme est engagée en procédure d’urgence à l’Assemblée nationale. 

La Commission des lois se réunit ce samedi, et déjà, une plénière est annoncée pour mardi. Tout va vite. Très vite. Dans le même temps, le ministre de l’Intérieur a convié les partis politiques à une rencontre le 30 avril pour discuter du processus électoral. Comme deux rythmes qui ne se parlent pas : celui de la concertation annoncée, et celui de la décision qui s’accélère.

C’est dans cet écart que le doute s’installe.

Pour l’opposition, il n’y a pas d’ambiguïté. Cette réforme serait taillée sur mesure, une « loi pour un homme ». Le nom de Sonko s’impose dans les discussions, comme une évidence pour certains, comme une caricature pour d’autres.

 La majorité, elle, assume une tout autre lecture à savoir corriger une injustice héritée, tourner la page de pratiques jugées politiques sous Macky Sall.

La vérité, comme souvent, se situe quelque part entre ces deux récits.

Oui, les articles L29 et L30 portent les marques d’une autre époque. Pensés pour encadrer des fautes graves, ils produisent aujourd’hui des effets qui peuvent sembler disproportionnés. Mais toucher à l’éligibilité, ce n’est pas un ajustement technique. C’est une décision qui touche au cœur même de la démocratie. Et c’est là que la question de la méthode devient essentielle.

Des voix comme celles d’Alioune Tine ou de Moundiaye Cissé ne rejettent pas forcément le fond. Elles alertent sur le chemin emprunté. Au Sénégal, les règles du jeu électoral ont toujours été, au moins en principe, le fruit d’un consensus. Non pas parfait, mais nécessaire. Parce qu’une règle imposée sans adhésion reste toujours fragile.

Au fond, ce débat dépasse largement un nom ou une conjoncture. Il nous renvoie à un choix plus large. Voulons-nous une démocratie plus inclusive, au risque d’assouplir certains garde-fous ? Ou une démocratie plus stricte, au risque d’exclure ?

Il n’y a pas de réponse simple. Mais il y a une exigence.

Humaniser la sanction, oui. Mais sans banaliser la faute. Réformer, oui. Mais aussi sans donner le sentiment d’adapter la règle au moment ou aux hommes.

Car une démocratie ne tient pas seulement par ses lois. Elle tient par la confiance qu’elles inspirent. Et cette confiance, elle, ne se décrète jamais dans l’urgence.

Auteur: Mass Massamba NDAO
Publié le: Dimanche 26 Avril 2026

Commentaires (13)

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    No sense il y a 8 heures
    Des soi disant députés qui vote une loi pour le cas d’une seule personne comme si elle etait éternelle. Quand cette personne ne sera plus au pouvoir, qu’est ce qu’on fera de la loi? Vraiment le pastef est une vraie calamité
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    De passage il y a 7 heures
    Eh oui ! Vous l’avez dit. Mais quand le ridicule ne tue pas, attention au réveil.
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    GoloGui il y a 3 heures
    @De passage  Pas de Sonko 2024, malgré tout il “dirige” le Sénégal, raison pour laquelle vous étouffez depuis deux ans. Pas de Sonko 2029 ce sera “El Malick est Sonko” … un deuxième “mandat” de Sonko … Pas de limitation de mandats
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    Code électoral Assemblée il y a 7 heures
    Veuillez nous dire ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale ce samedi 25 avril. Pour que nous soyons informés, veuillez nous décrire ce qui s'est passé suite à l'examen du Code électoral ou des articles L29 et L30.
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    Ok il y a 7 heures
    Sonko rék Le reste on s en fout
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    Zébulon il y a 4 heures
    Le Conseil Constitutionnel vous attend religieusement. Son dossier sera rejeté comme celui d'un malpropre! Vous allez lire l'heure!
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    Ahmadou il y a 7 heures
    MERCI Beaucoups Mr Oismane Sonko, pour tout ce que Vous êtes entrain de faire pour notre Pays. Que Dieu Vous Protége et Continue à Guider vos pas.
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    Le véridique il y a 7 heures
    Ces députés savent très bien que c un combat perdu d avance le gars ne peut pas être candidat vous vous fatiguez pour rien
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    Beug Beure Bagn Beure il y a 7 heures
    😆 Avez-vous peur d'Affronter votre Adversaire ? Êtes vous si Faible
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    Gora il y a 7 heures
    La modification du code électorale a toujours l objet d un consensus Mais Tailler une loi sur mesure pour satisfaire un individu est aux antipodes de la démocratie Mais pour qui se prend il cet individu la Le peuple attend tranquillement dans les urnes
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    Issa il y a 7 heures
    Je pense que l’auteur de cet article a volontairement ignoré la réalité des faits, préférant nous embarquer dans des généralités confondantes. Il parle de démarche solitaire en soulignant la nécessité d’une démarche inclusive pour traiter ce genre de question. Pourtant il sait très très bien que le 28 mai 2025, de larges concertations ont été lancées par le Président de la république sur la question, et pendant 5 jours toutes les parties prenantes, y compris la société civile, ont discuté de tout. Les conclusions de ce dialogue inclusif ont été soumises au chef de l’état. Ce dernier, lors de son message à la nation du 31 décembre 2025, a promis de soumettre les projets de textes y relatifs à l’assemblée nationale, avant la fin du premier trimestre 2026. Non seulement il n’a pas tenu promesse mais il n’en parle même plus. Monsieur Ndao, ne fait aucune mention de cela. Pourquoi???? Dans ces circonstances, il est tout à fait normal que le Pastef tienne sa promesse électorale de nettoyer le code électoral des articles introduits par Macky Sall pour empêcher ses vrais adversaires de competir: Karim Wade, Khalifa Sall puis Ousmane Sonko. Soit dit en passant, les modifications proposées par le pastef font l’unanimité car au fond elles garantissent la libre participation des formations politiques et des citoyens aux élections Apparemment y’en a qui ont peur de la compétition électorale.
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    Mo Bousso il y a 6 heures
    Quand Macky a voulu barrer la route à Sonko par peur de l’affronter aux urnes, il a vaut fait voter des lois sans consensus. Donc c’est normal.
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    Observateurs il y a 5 heures
    Sonko est condamné définitivement le 20 Janvier 2024 et la peine se terminera le 20 Janvier 2029 soit 2 mois avant les élections présidentielles de Mars 2029 !!! La condamnation ne la pas empêcher de conduire une liste lors des législatives dernière NB: dans ce pays certains médias ou chroniqueurs et politiciens sont malhonnêtes pour dire la vérité !!!
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    Nandite. il y a 3 heures
    Macky a hérité d’un code électoral consensuel qui faisait du Sénégal un véritable îlot de démocratie dans un océan de dictatures africaines. Mais animé par une obsession : rester au pouvoir, coûte que coûte, il a méthodiquement détricoté cet héritage. Sa stratégie est simple, brutale et constante : modifier unilatéralement le code électoral et instrumentaliser la justice. En 12 ans de pouvoir, il n’a jamais affronté un adversaire de taille à armes égales. Karim Wade, Khalifa Sall, Sonko : tous ont été écartés par des manœuvres politiques déguisées en décisions de justice.Face à cela, Pastef a une responsabilité historique : restaurer un code électoral juste, équilibré et conforme aux principes démocratiques. Aux États-Unis, Donald Trump, malgré ses démêlés judiciaires, peut se présenter devant les électeurs. Au Sénégal, on voudrait faire croire qu’une condamnation, même avec sursis, suffit à effacer un citoyen du jeu politique. C’est une aberration. Il est temps d’en finir avec ces dispositions liberticides et de rendre au peuple sénégalais son droit fondamental : choisir librement ses dirigeants.
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    Lol il y a 3 heures
    Ceux qui savent qu’ils sont incapables de battre Sonko doivent renoncer à la politique.En France on veut rendre Marine Lepen inéligible parce qu’elle va gagner les élections au Senegalais on compte sur un code électoral détaillé sur mesure contre Sonko pour l’empêcher d’être président .Pour éviter à l’avenir avoir un président par défaut sans legitimité,il est urgent de modifier le code électoral et que le meilleur gagne.
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    Deug il y a 3 heures
    Quand Macky a voulu faire participer à Khalifa Sall aux élections de 2024,il a organisé sa soi disant dialogue national et utiliser sa majorité mécanique pour modifier le code électoral laissant en rade Sonko .Et c’est ce même privilège que les nouveaux opposants refusent à Sonko.Vraiment absurde !
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    b il y a 2 heures
    les alioune tine, mandiaye Cissé il faut les oublier.ils étaient là quand Macky sall tripotait le code électoral pour éliminer ses adversaires. les députés devaient le faire des l'installation de cette assemblée. Ils ont attendu trop longtemps

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