Comment le manque d'eau est en train de tuer l'espoir d'un renouveau vert à Koungheul
À Ida-Mouride, commune située dans le département de Koungheul (région de Kaffrine), la promesse d’un renouveau écologique et agricole se heurte à une contrainte vitale : l’accès à l’eau. Dans cette localité, les initiatives locales et les ambitions sont réelles, mais leur pérennité reste suspendue à une ressource incertaine. Plus qu’un simple besoin, l’eau est devenue ici la condition même de l’espoir pour tous ceux qui aspirent à mener des cultures hors saison des pluies.
Une pépinière symbole d’espoir… fragilisé
En bordure de la route menant à Kaffrine, la pépinière de Bara Biteye attire le regard. Sur un hectare clôturé, ce site incarne un projet structurant : produire des plants pour le reboisement et soutenir l’agriculture locale. Avec trois pépiniéristes, l’objectif est ambitieux : atteindre 50 000 plants par an, un défi renforcé par le soutien du projet Ripostes.
Pourtant, la réalité du terrain est plus rude. Le meilleur rendement enregistré à ce jour culmine à 11 000 plants, dont une partie a été distribuée gratuitement à la mairie et aux populations. « Nous pouvons atteindre cet objectif, mais en plus du manque d’eau, nous faisons face à un déficit de semences », explique Bara Biteye. Si l'espace dispose désormais d'une clôture solide et d'un bâtiment multifonctionnel, ces investissements peinent à compenser l'absence d'autonomie hydrique.
L’eau, facteur de blocage majeur
Le site dépend entièrement du forage du village, géré par Flex Eau. Cette dépendance expose les pépiniéristes à des coupures fréquentes, souvent liées à des factures impayées. Le constat est alors frappant : des plants desséchés jonchent le sol. « L’année dernière, ils ont coupé l’eau au moment où les plantes commençaient à pousser. Nous avons tout perdu », déplore le pépiniériste. Pour sécuriser la production, l'installation d'un mini-forage solaire avec bassins de stockage apparaît comme l'unique solution viable.
Les femmes face à un triple verrou : eau, terres et protection
Le maraîchage féminin, autrefois florissant, est aujourd'hui en déclin. Khady Sow évoque avec nostalgie l'année 2002, où les champs de tomates faisaient la fierté de la commune. Désormais, les femmes font face à une accumulation de contraintes : manque d'eau, divagation des animaux et, surtout, difficulté d'accès au foncier. « Nous avons besoin de semences, d’eau, mais surtout de terres. Sans cela, nous ne pouvons ni produire, ni payer l’eau, ni faire de bénéfices », insiste-t-elle.
Un appel pressant des autorités locales
Le maire, El Hadji Mor Seck, reconnaît les avancées permises par le projet Ripostes mais alerte sur l’urgence de la situation. « Nous reboisons parce que les plants sont disponibles grâce à la pépinière », souligne-t-il, tout en plaidant pour la réalisation d'un forage ou d'un puits. Concernant l'accès des femmes à la terre, l'édile évoque des contraintes socioculturelles persistantes qui freinent encore l'autonomisation réelle des productrices de la commune.
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