Journée mondiale du lymphœdème : Plaidoyer pour une meilleure prise en charge au Sénégal
La première édition de la Journée mondiale du lymphœdème a été célébrée ce vendredi 6 mars 2026 à l’hôpital Général Idrissa Pouye de Grand-Yoff autour du thème « Le passé, le présent et le futur de la prise en charge du lymphœdème ».
Organisée dans le cadre du Programme national des maladies tropicales négligées du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, cette journée vise à sensibiliser le public sur cette maladie encore méconnue et ses conséquences sanitaires et sociales.
Le lymphœdème est une maladie chronique caractérisée par une accumulation anormale de liquide lymphatique provoquant un gonflement progressif des membres. Il peut être d’origine congénitale ou secondaire à des infections, des cancers ou à la filariose lymphatique, classée parmi les maladies tropicales négligées. À l’échelle mondiale, plus de 250 millions de personnes sont touchées.
Au Sénégal, malgré les progrès réalisés dans la lutte contre la filariose lymphatique, la prise en charge du lymphœdème reste difficile en raison d’un manque de matériel spécialisé, d’un accès limité aux soins et d’une sensibilisation encore insuffisante des populations.
Une association pour soutenir les patients
Créée en 2025, l’Association des personnes atteintes de lymphœdème du Sénégal ambitionne d’accompagner les malades et de plaider pour une meilleure prise en charge.
Sa présidente, Aïssatou Mbodj, qui vit avec la maladie depuis 17 ans, explique l’origine de son engagement. "Le lymphœdème est une maladie très méconnue. Au début, certains me disaient que c’était une maladie surnaturelle. C’est cette expérience qui m’a poussée à créer cette association pour soutenir les patients".
Elle souligne également les difficultés financières auxquelles sont confrontées les personnes atteintes. "Le coût du traitement est lourd pour beaucoup de patients. Nous plaidons pour une meilleure prise en charge et pour la disponibilité du matériel de compression".
Une maladie chronique, mais contrôlable
Selon le docteur Maodo Diop, angiologue et cardiologue à l’hôpital Général Idrissa Pouye, le lymphœdème est lié à un dysfonctionnement du système lymphatique. "Lorsque le système lymphatique ne fonctionne pas correctement, cela entraîne un lymphœdème. Il peut être d’origine génétique ou secondaire à des infections ou à des cancers".
Il précise que la maladie ne se guérit pas encore, mais peut être contrôlée. "La prise en charge repose sur le drainage lymphatique et les bandages compressifs, mais le matériel reste peu disponible et coûteux".
Au Sénégal, plus de 2 500 cas de lymphœdème d’origine filarienne ont été recensés et pris en charge entre 2021 et 2025, tandis que les cas liés au cancer restent encore mal documentés.
L’engagement des autorités sanitaires
Représentant le ministre de la Santé, la docteure Ndèye Mbacké Kane a réaffirmé l’engagement de l’État dans la lutte contre cette pathologie. "La priorité est la prévention, à travers la communication et les campagnes de distribution de médicaments pour lutter contre la filariose lymphatique".
Elle a également annoncé des discussions en cours pour améliorer l’accès aux soins.
"Des échanges sont en cours avec l’ANACMU afin d’étudier l’intégration de la prise en charge du lymphœdème dans les mécanismes de gratuité des soins".
À travers cette première célébration, les acteurs de la santé espèrent renforcer la sensibilisation et améliorer la prise en charge de cette maladie chronique encore trop peu connue au Sénégal.
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