Pourquoi le Programme avec le Sénégal “tarde” : Le chef du Département Afrique du FMI révèle
Depuis près de deux années, le Sénégal discute avec le Fonds monétaire international (Fmi) pour signer un tout nouveau programme. En effet, depuis l’amorce du feuilleton de la dette dite cachée, l’institution de Bretton Woods a suspendu son programme avec le pays. Et depuis, les discussions, pour s’accorder sur un nouvel accord, perdurent. Directeur du département Afrique du Fmi, Abebe Aemro Selassie a fait le point ce jeudi.
“Nous vivons actuellement une période de grande volatilité en matière d'accès aux marchés, et notamment pour l'analyse de la viabilité de la dette. En effet, cette dernière exige d'anticiper les perspectives économiques et les conditions d'accès aux marchés. Dans ce contexte instable pour les pays en situation précaire d'accès aux marchés, ce travail requiert une grande rigueur et une réflexion approfondie. S'engager sur une voie irréversible n'est pas la solution idéale.”, a-t-il expliqué.
Stratégie crédible qui évite une austérité excessive
Et d’ajouter : “C'est pourquoi nous avons souhaité laisser au gouvernement le temps d'élaborer une stratégie crédible, finançable et qui évite une austérité excessive pour la population sénégalaise. Ces discussions nécessitent une réflexion et une délibération approfondies, et il appartient avant tout au gouvernement de les mener. Nous en sommes à ce stade, et ces discussions se poursuivent”, a-t-il expliqué.
Le Directeur du Département Afrique du FMI a rappelé que le régime en place au Sénégal a hérité d'une dette considérable. Et la question, aujourd'hui, est de savoir comment y faire face et de trouver est la meilleure façon de procéder.
Ce que disait Cheikh Diba en février sur les discussions
Le 24 février dernier, devant les députés, le ministre du Budget avait souligné qu’entre l’Etat du Sénégal et le Fmi, les discussions avaient repris depuis le 19 janvier 2026, avec la réception de la nouvelle cheffe de mission, Mme Vera Mercedes.
“Après avoir reçu la nouvelle cheffe de mission, nous avons posé tous les sujets de discussions sur la table. Le premier sur le misreporting et le second sur la négociation d’un nouveau programme”, avait-il expliqué.
Des accords sur le Misreporting, mais...
Sur le misreporting, Cheikh Diba avait indiqué que tous les sujets ont été stabilisés. “Nous sommes tombés d’accord sur l’audit sur la situation de la dette, sur la correction des statistiques sur les finances publiques, les sujets d’ordre quantitatif, sur la matrice des mesures de réforme. Nous sommes tombés d’accord sur la solidité du processus de redressement qui a été proposé”, assurait l’argentier de l’Etat.
Cependant, il a signalé que quelques mesures préalables restaient à être mises en œuvre. «D’ici la tenue d’un conseil d’administration sur le misreporting nous pourrons les exécuter. Le problème ne se pose pas sur le premier sujet», avait-il assuré.
Points de blocage sur le nouveau programme
Pour la négociation d’un nouveau programme avec le Fmi, le ministre des Finances avait expliqué que des divergences subsistent sur le cadrage et le niveau de projection de la croissance. «On n’est pas souvent en accord parce que nous, nous pensons que les hypothèses du Fmi sont pessimistes sur la situation économique du Sénégal et le Fmi estime que nos projections sont optimistes », avait souligné le ministre.
Mais, Cheikh Diba avait assuré qu’ils travaillaient à rapprocher les positions en profondeur. Il avait même indiqué que le Fmi a mis à jour son cadrage macroéconomique qu’il leur avait ensuite envoyé. «D’ici la fin de la semaine, nous pourrons discuter du cadrage économique et arriver aux résultats qui vont nous permettre de finaliser ces discussions», disait-il le 24 février.
Enjeux importants sur les financements
Le ministre souligne que c’est à ce niveau que réside tout l’enjeu, notamment sur le volume de financements à mobiliser. Car, il déterminera, sur le moyen terme (de 2026 à 2028), le volume de ressources que l’Etat ira chercher sur le marché financier pour boucler le financement de l’économie.
«Si nous divergeons sur ce point, le volume de financements sera important. C’est pourquoi le Fmi estime que nous ne pourrons pas boucler le financement et pense que la solution reste la restructuration. Mais si nous arrivons à converger sur l’essentiel des indicateurs du cadrage, le besoin de financement va se rétrécir à un niveau qui nous permettra de pouvoir assurer le bouclage de ce financement», avait-il conclu sur la question.
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