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SunuChampions: L’État veut des champions, mais étouffe ceux qui existent déjà (Par Ndongo Touré)

Auteur: Seneweb-Commercial

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SunuChampions: L’État veut des champions, mais étouffe ceux qui existent déjà

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Le 28 avril 2026, le Président Diomaye Faye installait au Palais le Conseil stratégique de SunuChampions, destiné à faire émerger les futurs champions économiques du Sénégal. Le programme est ambitieux. Le pays sort ses premiers barils de Sangomar, le gaz de GTA commence à circuler. Il a besoin d’un secteur privé fort pour transformer cette rente en développement durable. Personne ne le conteste. Mais dans le secteur de l’énergie, qui devrait par essence, incarner cette ambition, les faits des derniers mois racontent une tout autre histoire.

Ce n’est pas un dossier. C’est une tendance. Depuis l’arrivée du régime actuel, le secteur énergétique sénégalais accumule les signaux contradictoires entre le discours d’ouverture au secteur privé et les actes sur le terrain. Un inventaire qui mérite d’être lu dans sa globalité.

Quand l’État récupère ce que le privé a construit

West African Energy est l’exemple le plus récent. Ce projet de centrale de 360 MW au Cap des Biches avait été initié et financé par des investisseurs privés sénégalais, une première sur le continent. Le 25 avril 2026, la Senelec finalisait le rachat de 100 % des parts, portant sa participation de 15 % à la totalité du capital. Justification officielle : sécuriser la mise en service. Le schéma, lui, est désormais connu : le privé prend le risque, construit, valorise. L’État entre au moment de la valorisation.

Quand l’Etat bloque ce qu’il prétend vouloir encourager

Le cas de Touba Oil SAU dans la zone industrielle de Mbao illustre une troisième logique, peut-être la plus révélatrice. Depuis près de quatre ans, la société construit un terminal maritime et un sea-line gazier. Il s’agit d’une infrastructure permettant d’accueillir des butaniers de 10 000 à 20 000 tonnes, contre 4 000 tonnes aujourd’hui. Des économies d’échelle massives, directement répercutables sur le prix de la bonbonne de gaz pour les ménages sénégalais. Un projet financé intégralement sans subvention publique. Après des années de divergences foncières et des tentatives de médiation avortées, la SAR, propriétaire riverain qui n’a ni conçu ni financé ce projet, a déposé une plainte contre Touba Oil pour occupation illicite de son foncier, bloquant les travaux par voie judiciaire. Touba Oil a répondu par une contre-plainte. L’audience est fixée au 12 mai 2026.

C’est dans ce contexte que SunuChampions prend toute sa dimension. L’initiative ambitionne de sélectionner 15 entreprises privées nationales pour en faire les locomotives de l’économie sénégalaise. L’ambition est légitime. Mais l’entrepreneur du secteur énergétique qui lirait ces annonces avec attention est en droit de poser une question simple : si j’investis, si je prends le risque, si je construis — qui me garantit que demain l’État ne deviendra pas mon concurrent, mon actionnaire forcé, ou mon adversaire judiciaire ? Des champions, le Sénégal en a déjà. Certains ont juste besoin qu’on les laisse travailler.

Ndongo Touré, journaliste spécialisé en économie

Auteur: Seneweb-Commercial
Publié le: Vendredi 08 Mai 2026

Commentaires (3)

  • image
    Djey il y a 9 heures
    Très belle analyse
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    NDONGO il y a 8 heures
    Article intéressant. Mais l'auteur doit aller au fond des choses par une enquête plus poussée ! Il signe comme journaliste donc raison de plus de pondre un article articulé posant des questions aux DEUX parties. Je ne crois pas qu'une société d'état puisse se réveiller un bequ matin et venir mettre la main basse sur le bien appartenant a tiers. Nous sommes quand même dans un État de droit, la preuve ces sociétés d'état sont traduites en justice. L'auteur de l'article nous doit donc un creuset plus profond de son intéressant article!
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    Patriote il y a 7 heures
    L'article est tendancieux. L'auteur parle comme si l'État faisait des nationalisations forcées. L'État négocie avec des entrepreneurs privés pour leur acheter leurs entreprises quand le gouvernement estime que la société en question est stratégique. Exemple: WAE. Si l'entreprise ne veut pas vendre l'État ne peut la forcer.

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