Cri du cœur des aviculteurs de Thiès : Hausse des coûts des intrants, manque de poussins de qualité, problèmes de commercialisation
Hausse des coûts des intrants, manque de poussins de qualité, problèmes de commercialisation malgré la progression du secteur. Ce sont là, les quelques difficultés auxquelles se heurtent les acteurs de la filière avicole, dans la région de Thiès.
Du fait de l’interdiction des importations de volailles en 2005, décidée dans un contexte mondial marqué par la grippe aviaire, occasionnant une forte progression dans le secteur de l’aviculture sénégalaise, la production nationale est passée de cinq millions de volailles à plus de 60 millions de têtes en deux décennies, selon les acteurs. Malgré cette croissance, les éleveurs de Keur Madaro et Touba Peykouck, dans la région de Thiès, traversent aujourd’hui une période difficile.
Les producteurs dans cette zone des Niayes favorable à l’élevage avicole, dénoncent avec vigueur « la hausse du prix des intrants, les difficultés d’approvisionnement en poussins de qualité et les problèmes d’écoulement de la production ». Du coup, plusieurs exploitations se trouvent fragilisées, au point même que certains éleveurs envisagent d’arrêter leurs activités.
Une enquête réalisée en 2022 pour la FAO, à travers l’ECTAD, révèle que la région de Thiès reste la principale zone avicole du pays avec 786 fermes recensées, devant Dakar. Les départements de Thiès, Mbour et Tivaouane concentrent une grande partie des exploitations commerciales.
De Keur Madaro à Touba Peykouck, nombre de producteurs, désormais obligés de combiner culture d’oignons et élevage de poulets pour maintenir leurs activités, expliquent que « les éleveurs vivaient mieux après l’arrêt des importations de volailles étrangères, car la commercialisation était plus simple ».
Ils poursuivent : « aujourd’hui la situation est plus compliquée. Le secteur reste confronté à des contraintes persistantes. Le coût élevé de l’aliment, les maladies virales et la pénurie de poussins pour les poules pondeuses compliquent fortement le travail des éleveurs. Les prix de l’aliment ont fortement augmenté durant la période du Covid-19, passant de 12.000 à près de 18.000 FCFA le sac. Même si une légère baisse a été observée par la suite, les charges demeurent lourdes pour les exploitants ».
S'y ajoute le fait que les commandes de poussins prennent parfois plusieurs mois avant d’être livrées, que les quantités reçues sont souvent insuffisantes. Les acteurs du secteur qui, malgré ces difficultés, restent convaincus que la région possède un fort potentiel pour contribuer à la souveraineté alimentaire et au développement de l’aviculture au Sénégal, se disent préoccupés par la proximité entre les fermes, qui facilite la propagation des maladies, notamment depuis l’apparition de la grippe aviaire H9 N2, responsable de fortes mortalités.
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