Changements climatiques : 6 millions d'euros pour sauver les écosystèmes de Fatick et Kaffrine !
Face aux effets croissants du dérèglement climatique, le renforcement de la résilience communautaire est devenu une priorité absolue pour préserver les écosystèmes et sécuriser les moyens de subsistance. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le projet RIPOSTES (Résilience et reforestation pour la sauvegarde des territoires et des écosystèmes), cofinancé à hauteur de 6 millions d’euros par l’Union européenne et la FAO. Déployé entre mai 2021 et janvier 2026, il concentre ses efforts sur les régions de Fatick et de Kaffrine.
L’objectif est clair : restaurer les écosystèmes et promouvoir des pratiques agricoles durables dans les zones sylvopastorales et le bassin arachidier. Si plusieurs localités affichent des succès notables, le projet note toutefois des disparités dans l'exécution des travaux selon les zones.
L'implication locale : « La base du développement »
Lors d’une visite conjointe du Comité technique et du Comité de pilotage, Gora Ndiaye, président de l’association Jardin d’Afrique et directeur de la ferme-école de Kaydara, a salué l’engagement des acteurs territoriaux. « Ma première satisfaction, c’est l’implication des collectivités et des autorités administratives. C’est la base du développement », a-t-il affirmé.
Cependant, l'expert a tenu à lancer un avertissement contre la dépendance aux financements extérieurs. Pour lui, la pérennité de l'action commence précisément quand les subventions s'arrêtent : « Le développement, c’est nous. Il doit être endogène. »
Une nouvelle génération d’agri-entrepreneurs à l'essai
Le projet RIPOSTES mise également sur la formation. Dix jeunes ont ainsi été formés à l’agroécologie à Kaydara avant d'être installés sur des parcelles sécurisées à Ndiob et Niakhar. Chaque bénéficiaire a reçu un hectare de terre (sécurisé par délibération locale), une formation de six mois et un accompagnement technique complet pour développer son capital végétal et animal.
Devenus de véritables ambassadeurs de l'agroécologie, ces jeunes créent de la valeur locale. Néanmoins, un obstacle de taille persiste : l’accès à l’eau. À Missirah Wadenne, par exemple, le coût élevé des factures paralyse certaines activités maraîchères, mettant en péril la rentabilité des exploitations.
Reboisement et appropriation : les clés de la durabilité
Concernant la reforestation, Gora Ndiaye prône une approche familiale et communautaire plutôt que de grandes plantations publiques, souvent délaissées faute de suivi. Pour lui, l'arbre est un allié stratégique pour réguler le microclimat et lutter contre l'érosion.
En conclusion de cette tournée, le message central reste l'appropriation : le succès de RIPOSTES dépendra de la capacité des populations à porter elles-mêmes ces initiatives sur le long terme. « Le développement ne viendra pas d’ailleurs », a rappelé M. Ndiaye, soulignant que seule une mobilisation locale peut bâtir une résilience capable de défier les aléas du climat.
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