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Match amical Espagne / Égypte : polémique après des chants anti-musulmans dans les tribunes

Auteur: Babacar SENE

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Match amical Espagne / Égypte : polémique après des chants anti-musulmans dans les tribunes

Le match amical entre l'équipe d’Espagne de football et celle d’Égypte de football (0-0), disputé mardi au RCDE Stadium, a été entaché par des incidents en tribunes, suscitant une vive indignation en Espagne.

 Au cours de la première période, un groupe de supporters espagnols a entonné à plusieurs reprises un chant à caractère islamophobe. En sautant en rythme, certains ont scandé un slogan visant les musulmans, provoquant un malaise immédiat parmi les observateurs et les médias présents.

 Ces agissements ont rapidement été dénoncés par plusieurs voix du paysage médiatique espagnol. L’émission Tiempo de Juego de la Radio COPE a notamment qualifié ces chants d’« horribles » et d’« inacceptables », soulignant la gravité de tels comportements dans une enceinte sportive.

 Malgré la répétition des slogans, l’arbitre de la rencontre n’a pas activé le protocole prévu contre les comportements discriminatoires. À la pause, un message de prévention a toutefois été diffusé sur les écrans du stade, rappelant que la législation espagnole interdit toute manifestation violente, raciste ou xénophobe dans le sport. Le speaker a également pris la parole pour appeler au respect, un message qui a été sifflé par une partie du public.

 Sur le terrain, plusieurs acteurs ont pris position après la rencontre. Le milieu de terrain du FC Barcelone, Pedri, a fermement condamné ces comportements, tout comme le sélectionneur Luis de la Fuente. Tous deux ont insisté sur la nécessité de lutter collectivement contre toute forme de discrimination dans le football.

 Ces incidents relancent une nouvelle fois le débat sur la responsabilité des instances sportives et des organisateurs face aux dérives dans les stades, et sur l’application stricte des protocoles anti-discrimination.

Auteur: Babacar SENE
Publié le: Mercredi 01 Avril 2026

Commentaires (1)

  • image
    foot il y a 1 semaine
    Le football professionnel : un système qui divise, stigmatise et impose Le football est souvent présenté comme un sport universel, un lieu de fraternité, de paix et de rencontre entre les peuples. Pourtant, son histoire montre qu’il est aussi un espace de rivalité, de surenchère identitaire et de tensions collectives. Le premier match international officiellement reconnu par la FIFA, entre l’Écosse et l’Angleterre, remonte au 30 novembre 1872 ; la première Coupe du monde a eu lieu en Uruguay en 1930. Dès l’origine donc, le football international s’est construit autour de la confrontation entre nations, de l’honneur collectif et de la compétition symbolique. Ce n’est pas seulement un jeu : c’est aussi une mise en scène de passions nationales qui peuvent facilement basculer dans l’hostilité. L’histoire du football mondial confirme cette ambivalence. La Coupe du monde 1934 en Italie est restée comme un exemple majeur d’instrumentalisation politique du football par le régime fasciste, des travaux universitaires montrant comment l’événement a servi de vitrine idéologique et de propagande d’État. En 1969, la “Football War” entre le Salvador et le Honduras a illustré de manière dramatique le fait qu’un match peut devenir le catalyseur d’un nationalisme déjà sous tension : Britannica rappelle que les causes profondes étaient sociales, foncières et migratoires, mais que les matches qualificatifs pour la Coupe du monde ont intensifié le climat et accéléré l’explosion du conflit. Le football, dès lors, n’apparaît plus seulement comme un miroir de la société, mais parfois comme un amplificateur de ses fractures. Cette logique se retrouve encore aujourd’hui en Afrique. Le cas récent du Maroc et du Sénégal est révélateur. En janvier 2026, la finale de la CAN à Rabat a dégénéré après une décision arbitrale extrêmement contestée : les joueurs sénégalais ont quitté momentanément la pelouse pour protester contre un penalty accordé au Maroc, provoquant une interruption d’environ un quart d’heure et un climat de chaos. Quelques semaines plus tard, la CAF a retiré le titre au Sénégal et l’a attribué au Maroc sur tapis vert, ce qui a conduit les autorités sénégalaises à dénoncer un “vol administratif” et à saisir le Tribunal arbitral du sport. Fin mars 2026, le Sénégal a même paradé publiquement avec le trophée au Stade de France malgré la décision officielle. Deux peuples africains proches par l’histoire, la foi et les relations diplomatiques se sont ainsi retrouvés placés dans une relation de suspicion, de blessure et de confrontation symbolique par le football. Mais l’exemple le plus parlant, pour beaucoup de Sénégalais et de musulmans, reste celui d’Idrissa Gana Gueye. En mai 2022, alors qu’une journée de Ligue 1 était marquée par une campagne contre l’homophobie avec des numéros arc-en-ciel sur les maillots, le milieu sénégalais du PSG n’a pas joué contre Montpellier. Selon l’Associated Press, relayée par ESPN, une personne ayant connaissance directe du dossier a indiqué qu’il n’avait pas voulu porter ce maillot. Le conseil d’éthique de la Fédération française de football lui a alors demandé de s’expliquer publiquement. Le problème, dans cette affaire, n’est pas de nier la nécessité de lutter contre les discriminations ; il est de constater qu’un joueur musulman a été présenté comme suspect, fautif, presque coupable, pour n’avoir pas adhéré à une mise en scène symbolique contraire à ses convictions. Le président sénégalais Macky Sall est intervenu pour affirmer que les convictions religieuses du joueur devaient être respectées. Ce cas a montré à beaucoup de croyants que, dans le football professionnel, la liberté de conscience semble parfois moins protégée que l’obligation de conformité idéologique. À cela s’ajoute un autre mal profond : le racisme. Le football professionnel aime se présenter comme un espace d’inclusion, mais la réalité des stades raconte souvent autre chose. En juin 2024, trois supporters de Valence ont été condamnés à huit mois de prison pour insultes racistes contre Vinícius Júnior ; il s’agissait de la première condamnation de ce type en Espagne pour des injures racistes dans un stade. Le fait même qu’il ait fallu attendre si longtemps pour une telle décision montre l’ampleur de l’impunité antérieure. Le racisme n’est pas un accident marginal du football : il en accompagne l’histoire contemporaine, dans les tribunes, sur les réseaux sociaux, et parfois jusque dans les structures mêmes qui tardent à réagir. Un sport qui prétend unir l’humanité mais qui laisse encore les joueurs noirs être humiliés publiquement ne peut plus se donner sans réserve comme modèle moral. Le problème de fond est donc plus large que tel ou tel match. Le football professionnel ne se contente plus d’organiser un jeu. Il fabrique des identités exacerbées, impose des récits, crée des obligations symboliques et punit socialement ceux qui s’en écartent. L’affaire Gana Gueye en est une illustration centrale : un joueur n’a pas simplement été jugé sur sa performance sportive, mais sur son alignement avec une campagne institutionnelle. Pour beaucoup, notamment dans des sociétés religieuses comme le Sénégal, cela nourrit le sentiment que le football moderne ne veut plus seulement faire jouer, mais aussi faire adhérer. Or, dès qu’un spectacle sportif prétend imposer à tous une même expression morale, il cesse d’être un simple sport et devient un instrument de normalisation. Les tensions Maroc–Sénégal, comme la polémique Gana Gueye, montrent que ce système ne produit pas seulement du jeu : il produit du ressentiment. C’est pourquoi l’on peut soutenir que si le football professionnel ne disparaît pas matériellement, il est déjà en train de perdre sa légitimité éthique. Le football de quartier, le football amateur, le plaisir du ballon entre enfants et entre voisins ne sont pas visés ici. Ce qui est en cause, c’est l’industrie du football : une industrie qui alimente les rivalités nationales, tolère encore des manifestations racistes, et transforme parfois les convictions religieuses de certains joueurs en problème public. Le cas d’Idrissa Gana Gueye a été, à cet égard, un révélateur puissant : il a montré qu’au sommet du football contemporain, un joueur musulman peut être sommé de choisir entre sa carrière, son image et sa conscience. Pour beaucoup, c’est la preuve que le football professionnel n’unit plus vraiment ; il trie, il contraint, il expose et il divise.
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    kane abdou il y a 1 semaine
    ton message est trop trop long qui va lire ca ?

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