Staffs des sélections nationales : conflits d’intérêts, opacité, profils douteux…, les «incohérences» de la Fédé de foot
La polémique enfle autour du réaménagement des staffs techniques des sélections nationales, à l’exception de l’équipe A. Dans un entretien accordé à L’Observateur, l’ancien Directeur technique de l'Institut Diambars de Saly, Moussa Kamara, dresse un réquisitoire sévère contre les choix opérés par la Fédération sénégalaise de football (FSF), pointant des « incohérences » à plusieurs niveaux.
Premier grief : le cumul de fonctions. Kamara s’étonne de voir « beaucoup d’entraîneurs de Ligue 1 et Ligue 2, déjà en fonction dans leurs clubs », se voir confier en parallèle des sélections nationales. « On ne peut pas être à plein temps dans un club et vouloir en même temps assumer une sélection nationale », tranche-t-il, jugeant cette pratique contraire aux exigences du haut niveau.
Selon lui, « un sélectionneur doit être dévoué à 100 % à sa mission », faute de quoi le travail de prospection et de suivi ne peut être correctement assuré. Il met également en garde contre « un risque de conflit d’intérêts » et souligne que ce modèle « n’existe pas dans les grands pays de football ».
L'interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias déplore aussi l’absence de transparence dans le processus de désignation. « Je pense qu’ils ont déguisé les critères. Ils ont mis des critères vagues pour nommer les entraîneurs », déplore-t-il, dénonçant des décisions prises « en catimini ».
Le technicien s'inquiète de voir le football national utilisé comme « tremplin ou source de revenus » plutôt que comme un projet de performance. Il s'interroge notamment sur la promotion de profils « encore en formation » au détriment de l'expérience, affirmant qu'il n'y a « aucune cohérence » entre les ambitions affichées et les montages techniques réalisés.
Enfin, Kamara pointe des anomalies flagrantes dans la structuration des staffs. Il juge « incompréhensible » certaines configurations, prenant pour exemple le duo Serigne Saliou Dia et Boubacar Gadiaga : « On ne peut pas prendre un entraîneur de Ligue 1 et le nommer adjoint d’un entraîneur qui n’est pas en fonction. [...] C’est l’autre qui n’a pas de club qui est son maître ».
Il fustige également une forme de précipitation chez certains nouveaux nommés qui publient déjà des listes comme chez les U17 : « Ça ne me paraît pas cohérent. Il doit rebattre les cartes et aller superviser les jeunes au lieu de se précipiter ».
Pour Moussa Kamara, ce « cafouillage » généralisé prouve que l'organisme mis en place n'est pas le bon et appelle à une remise à plat des méthodes pour préserver la crédibilité du football sénégalais.
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