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Saint-Louis : le magistrat Cheikh Seye présente son livre sur l’État civil et propose des pistes de réformes

Auteur: Babacar SENE(correspondant) Saint-Louis

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Saint-Louis : le magistrat Cheikh Seye présente son livre sur l’État civil et propose des pistes de réformes

Magistrat chevronné et fin connaisseur des réalités de l’état civil, Cheikh Seye a présenté, samedi à Saint-Louis, son nouvel ouvrage intitulé « Le système sénégalais d’enregistrement des faits d’état civil : entre situation et recommandations ». À travers ce livre, le président du Tribunal d’instance livre un diagnostic sans complaisance d’un système fondamental pour la citoyenneté et propose des pistes concrètes pour une réforme efficace et durable.

La cérémonie de présentation, tenue au Centre de Recherche et de Documentation du Sénégal (CRDS), a réuni d’éminentes personnalités judiciaires et universitaires. Les échanges ont mis en lumière les nombreux défis auxquels fait face l’état civil sénégalais, autour de trois problématiques majeures identifiées par l’auteur : l’accessibilité, la formation des acteurs et la sécurisation des actes.

Sur la question de l’accessibilité, Cheikh Seye plaide pour une modernisation du système afin de rapprocher l’administration des citoyens. La dématérialisation et la numérisation, déjà entamées au niveau des juridictions, devraient permettre de réduire progressivement les déplacements des populations vers les centres d’état civil et les tribunaux. « Il faut faciliter l’accès aux services, surtout pour les citoyens éloignés ou confrontés à des contraintes géographiques », souligne-t-il.

Le défi de la formation apparaît toutefois comme le nœud principal du problème. Pour le magistrat, la faiblesse du système réside en grande partie dans la méconnaissance ou la mauvaise application de la réglementation par les agents d’état civil. Il recommande ainsi la création d’un véritable corps d’officiers d’état civil, mieux formés, réorganisés et surtout stabilisés dans leurs fonctions. « Si nous parvenons à relever ce défi, nous aurons réglé près de cinquante pour cent des difficultés », estime-t-il, rappelant que les erreurs commises causent souvent de lourds préjudices aux citoyens.

La sécurisation des actes constitue le troisième pilier des réformes proposées. Là encore, la numérisation et l’archivage occupent une place centrale, mais Cheikh Seye met en garde contre une approche uniquement technologique. « Numériser est indispensable, mais cela ne suffit pas. Il faut savoir quoi numériser et comment le faire », avertit-il, insistant sur la nécessité de mesures d’accompagnement pour garantir la fiabilité des données. Selon lui, le numérique doit compléter, et non remplacer totalement, les registres physiques, afin de prévenir les risques de perte ou d’altération des informations.

L’auteur aborde également la question sensible des audiences foraines, prévues par la réglementation pour permettre aux populations éloignées d’accéder à la justice. Si leur utilité reste indéniable pour certaines communautés spécifiques notamment les populations en transhumance, les pêcheurs ou les familles vivant hors de leur localité d’origine, ces audiences posent des problèmes de sécurité et de fiabilité des témoignages. Cheikh Seye appelle ainsi à une plus grande rigueur dans leur organisation et envisage, à terme, leur suppression progressive au profit de solutions mieux adaptées à la transition numérique.

Le magistrat a aussi plaidé pour l’organisation d’états généraux de l’état civil, afin d’harmoniser les niveaux d’information et de compréhension autour de cet enjeu crucial. « Les difficultés de l’état civil impactent directement la vie des citoyens, de la naissance à l’accès aux droits fondamentaux. Il faut une prise de conscience collective pour trouver ensemble des solutions durables », conclut-il.

Avec cet ouvrage, Cheikh Seye ouvre un débat essentiel et pose les bases d’une réflexion nationale sur la réforme de l’état civil, un pilier incontournable de l’État de droit et de la citoyenneté au Sénégal.

Auteur: Babacar SENE(correspondant) Saint-Louis
Publié le: Lundi 09 Février 2026

Commentaires (3)

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    SORONTOME il y a 6 heures
    Voilà des réflexions dont le pays a besoin.
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    Boff il y a 5 heures
    Qu'il nous parle de la corruption et du jaay doole dans la magistrature sénégalaise plutôt.
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    Matar il y a 6 heures
    Les audiences foraines doivent être supprimés au plus vite, c'est le lieu de fraudes massives dans la mesure ou des déclarations sans fondement pour obtenir la nationalité sont faites. Ce sont les lieux privilégiés pour se faire enrôler comme sénégalais en utilisant des témoins qu'on ne connait même pas pour dire que vous êtes sénégalais de la famille X ou Y . A titre d'exemple lors du rapatriement des réfugiés de la Mauritanie les autorités exigeaient que chaque individu fournisse son village d'origine pour vérifications. Le second point de fraude est la naturalisation au Sénégal , des failles importantes existent et sont utilisés au quotidien pour que de toute part viennent des demandes de naturalisation sans respecter le préalable de résider 10 ans ave des preuves de revenus et de paiement des impôts et taxes durant ces 10 années. Vous serez étonné de voir les milliers de demandes de naturalisation venant de tous les continents. La refonte de l'état civil et la mise en place d'un outil anti fraude sur la déclaration et la délivrance. La refonde aidera à confondre les fraudeurs et à examiner toute déclaration d'usurpation d'identité avec diligence bref un desk pour examiner les plaintes sur ce type de fraude avec diligence. La naturalisation transférée par l'époux ou la femme c'est aussi le lieu d'acquisition de la nationalité de façon frauduleuse dans le monde. Aux USA et à UK le cout était de 3000 dollars ils y a une dizaine d'année. Enfin il faut réformer la libre circulation de la CEDEAO en enregistrant et installant des entrées et les sorties à présenter sur demande des autorités pour des raisons de sécurité et de lutte contre le terrorisme, le Togo le fait déjà. Ce sont sur ces points que l'on doit insister globalement au lieu de cibler un ou deux groupes. Une plaie de notre système c'est la mairie qui joue un rôle important dans la fraude à l'état civil, ls terres et l'occupation de la voie publique sour le prétexte que le maire est élu. Il faut réformer et limter les pouvoirs des maires si on veut aller de l'avant.
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    Merci il y a 5 heures
    Merci pour votre contribution j’en ai appris plein de bonnes choses
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    Pérédio il y a 5 heures
    Le Pdt SEYE a fait un travail remarquable qu'il faut saluer cependant il faut enfourcher le même cheval pour aller en profondeur, impliquer officiellement les imams et délégués de quartier dans la déclaration des naissances, mariages et décès par des actes sécurisés sous leur responsabilités et la supervision du parquet. Il faudra un travail dans ce sens pour une période de 10 ans au moins pour pouvoir supprimer les audiences foraines avec une évaluation tous les 2 ans. J'ai eu a travailler la dessus dans les années 80 et il faut dire que ce secteur mérite une plus grande attention de la part des autorités. La situation actuelle a fait l'objet de plusieurs alerte en son temp.

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