Audit institutionnel : L'ASER dépose plainte contre X pour des irrégularités financières
En conférence de presse présentée comme un « exercice de transparence et de vérité », Jean-Michel Sène a apporté des éclairages sur un marché d’électrification rurale estimé à 37 milliards de FCFA, aujourd’hui au cœur de fortes controverses. « Nous avons voulu parler aux Sénégalais en toute transparence. Il n’y a rien à cacher dans ce dossier, mais beaucoup de choses à clarifier », a déclaré Jean-Michel Sène face à la presse. Revenant sur l’origine du contrat, il explique : « On nous a demandé de revenir sur la genèse du projet : comment il a été signé, par qui, et dans quelles conditions. C’est ce que nous faisons aujourd’hui. »
Selon lui, plusieurs anomalies ont été relevées dès le départ : un projet non inscrit au budget, des procédures internes non respectées, des incohérences dans les montants (entre 36 et 37 milliards de FCFA) et une avance financière accordée sans base solide. « La moindre des choses, avant tout paiement, c’est de vérifier la conformité à tous les niveaux. Cela n’a pas été fait », a-t-il insisté.
Une avance jugée irrégulière
Jean-Michel Sène a également pointé du doigt les conditions d’octroi de l’avance financière : « Une avance sur dépenses engagées doit être strictement encadrée. Là, nous avons constaté des manquements graves à la procédure. » Il précise que cette situation a conduit à une réaction institutionnelle : « Nous avons déposé une plainte contre X, parce que la responsabilité doit être située. »
Suspension du marché et saisine de la Cour suprême
Face aux irrégularités, l’ASER a décidé de suspendre le marché, une décision contestée devant la justice. « Nous avons saisi la Cour suprême, qui a rendu sa décision le 21 janvier 2026. Cette décision confirme nos prérogatives en tant qu’autorité contractante », a expliqué Jean-Michel Sène. Malgré les tensions, il rappelle l’importance du projet : « Il s’agit d’un programme de 91 milliards de FCFA visant à électrifier au moins 1 740 localités. Nous avons l’obligation de le préserver. »
Mais il alerte également sur les risques : « À ce rythme, les 37 milliards pourraient être consommés rapidement sans impact réel sur le terrain. » Autre point soulevé : l’absence d’études environnementales préalables. « Les études d’impact environnemental n'ont pas été faites dans les règles », a-t-il déploré. Jean-Michel Sène annonce d’autres sorties : « Ce n’est qu’une première étape. Nous reviendrons pour exposer d’autres problèmes liés à ce marché. »
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