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Classement Liberté de la Presse : Pourquoi le Sénégal a basculé à la 78ème place et a vu son score dégradé

Auteur: Youssouf SANE

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Classement Liberté de la Presse : Pourquoi le Sénégal a basculé à la 78ème place et a vu son score dégradé

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Reporters Sans Frontières (RSF) a dévoilé, ce jeudi, son classement 2026 sur la liberté de la presse. Le Sénégal, qui a été rangé dans les pays à «situation problématique», n’a pas amélioré son score, ni son classement. Au contraire, il a reculé de 4 places, puisqu’il s’est classé 78ème. Son score s’est dégradé de 59.43 en 2025 à 58.11 en 2026.

«Ce qu'on retient, c'est qu'il y a des indicateurs du pays qui ont chuté fondamentalement. Le pays a perdu, en termes de score, 1.3 points», a signalé Sadibou Marong, Directeur du bureau Afrique de l’Ouest de RSF. Pourquoi une telle contre-performance ?

Le blocage de l’aide à la presse

M. Marong évoque deux niveaux d'analyse. Et le premier reste le score économique «qui a fondamentalement baissé». Ce, du fait des difficultés auxquelles les organes de presse ont fait face ces dernières années, notamment avec le blocage de l’aide à la presse.

«Ceux qui observent comment les médias évoluent au Sénégal, peuvent se rendre compte, effectivement, que c'est très, très difficile, très compliqué. Les médias sont restés pendant deux ans sans recevoir de subventions publiques à la presse», souligne M. Marong.

La publicité publique aussi bloquée

A cela, s’ajoutent des difficultés d'accès à de la publicité, notamment des sociétés nationales et le fait aussi que certains médias, qui «devaient recevoir des paiements, notamment des commandes déjà faites, n'ont pas pu les recevoir». Des problèmes qui ont tiré le score sénégalais vers le bas.

A cet aspect économique, se greffent les difficultés entre les médias et les autorités publiques. Ce, notamment sur le plan légal, avec des journalistes et chroniqueurs qui ont défilé devant les enquêteurs. En 2024, les convocations n’étaient pas systématiquement suivies d’emprisonnement. Mais, en 2025 (sous revue) les choses ont vite changé.

Affaires Babacar Fall, Maïmouna Ndour…

«En 2025, la tendance est devenue compliquée avec beaucoup de convocations de chroniqueurs, de journalistes et d'arrestations. La tendance a été corsée avec des déferrements, des placements sous mandats de dépôt pour des journalistes et de chroniqueurs», regrette M. Marong.

Les interpellations musclées de Babacar Fall et de Maimouna Ndour Faye n’ont pas manqué d’être soulignées : «Il y a eu en 2025, des situations difficiles, avec les cas emblématiques de Maimouna Ndour Faye et de Babacar Fall», regrette M. Marong qui a dénoncé le fait que la police aille cueillir M. Fall jusque dans sa rédaction.

Mises en demeures, coupures de signaux…

En outre, Reporters sans frontière souligne que des mises en demeure du Cnra, notamment contre le groupe Futurs Médias, après des propos tenus dans l'émission Jakaarlo, sont des actes qui ne «se justifient pas». Il s’agit, selon lui, d’actes disproportionnés, comme le furent aussi les retraits de certaines chaînes de la TNT.

Quant aux points de Satisfaction, RSF cite le vote de la loi sur l'accès à l'information. Il se réjouit aussi de la possibilité des organisations de la presse à pouvoir attaquer des décisions de l'autorité.  «Il y a eu des arrêtés, par exemple, sur la question des médias, entre guillemets conformes, qui a été attaqué. Et la Cour suprême a donné raison. Cela est important», applaudit M. Marong.

Les recommandations de RSF

En termes de recommandations, RSF suggère le renforcement des mécanismes d'autorégulation «pour éviter la criminalisation du journalisme». A ce niveau, il recommande de renforcer le Conseil pour l'observation des règles d'éthique et de déontologie dans les médias (Cored) et de lui permettre de s’occuper des plaintes contre les journalistes.

Il invite aussi les autorités à appliquer les conclusions des assises nationales des médias. « C'est un pays qui offre un cadre favorable, mais nous estimons effectivement qu'il est important de continuer à se parler entre médias et autorités», recommande M. Marong.

Auteur: Youssouf SANE
Publié le: Jeudi 30 Avril 2026

Commentaires (5)

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    Hors sujet il y a 2 jours
    Mais c'est formidable c'est la meilleure nouvelle de l'année Si est RSF est fâché contre vous c'est bon signe au niveau de la sauvegarde des valeurs 🇸🇳😬
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    Geroge le malade il y a 2 jours
    Maudite pestiférée... vous disiez l'inverse quand sous Macky le porc les memes reporters parlaient des memes choses.... Votre hypocrisie n'a d'egal que votre mentalitée sale!!!! Pffff Factuellement le senegal a reculé partout, sauf en demagogie, polygamisme, mais les PD au gnouf ceci est positif aussi... Pour le reste nous avons des incompetents incapable de faire quoi que ce soit et se la coulent douce
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    Manmadou Lamine Diop il y a 2 jours
    @Geroge le malade  Merci ! Nous de Pastef, sommes nos propres bourreaux.
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    C'est pire aux USA il y a 2 jours
    Voyez comment Trump se comporte avec la Presse US et même BBC anglaise. Voyez comment elle a traité la pauvre journaliste de cette grande chaîne américaine il ya quelques jours, au sujet de l'affaire Epstein.
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    Hmm il y a 2 jours
    On a deja entendu cela. Si le FMI te felicite c'est que tu es mau vais. On a vu qui courrent derriere le FMI depuis 2 ans. HAHAHA
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    Paradise Sénégal il y a 2 jours
    En Arabie Saoudite, on exécute ! USA, Pays de l'AES ( Serge Daniel au Mali obligé de faire le tour de l'Afrique de l'ouest; journalistes qui disparaissent...) Ici au Sénégal, on se fait Maso pour des raisons de lobbies politiciennes. Quelle douce vie nos journalistes d'ici.
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    Dictateur il y a 2 jours
    Compare a MS, BDF est plus allergique a la critique de citoyens concernes par ses agissements car affected qu'ils sont en leur double qualites de contribuables et de citoyens.
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    France il y a 1 jour
    En France maintenant c'est pire que tout ce qu'on peut imaginer
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    Diambar il y a 2 jours
    Les constats de Reporters Sans Frontières (RSF) sont un tas torchons car il ne raconte pas toute l'histoire !! et les cas de diffamation? Et les cas de diffusion de fausse nouvelles et fake news vérifiées et prouvées?
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    Sn il y a 2 jours
    Et si nous on notait les usa ou israel ou un autre pays occidental. C'est toujours eux qui disent ce nous sommes et ce que nous devons être. Réveillez-vous
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    Beffroi il y a 1 jour
    Cheikh bara ndiaye wakh catou deugue les sénégalais te regarde avec grand écran yakeu yor anta babacar thiaya a dit l’assemblée nationale doit être dissoute les sénégalais sont prêts et puis toi anta c’est quoi le but de dissoudre l’assemblée tu es une grande jalouse apparemment sache que si c’est le cas tu es plus député clair et net
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    Camou il y a 1 jour
    Comment les aspects économiques peuvent-ils être pris en compte? Et le paiement des impôts? Cet aspect tend à réduire la crédibilité de RSF. Il vaut mieux se limiter aux aspects métier et ne pas s'aventurer dans les histoires d'argent et de subventions. Ces critères sont-ils pris en compte pour l'évaluation dans d'autres pays? Tout ça fait penser à du corporatisme de bas étage. Si RSF veut rester crédible, il faudra revoir ces aspects.

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