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« Manque d'ambition et oublis » : Le Pr Meïssa Diakhaté émet des réserves sur le projet de réforme constitutionnelle

Auteur: Léna THIOUNE

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« Manque d'ambition et oublis » : Le Pr Meïssa Diakhaté émet des réserves sur le projet de réforme constitutionnelle

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Le projet de révision constitutionnelle, dévoilé par la présidence de la République le lundi 27 avril, suscite déjà des analyses critiques de la part des experts. Invité du « Grand Jury » ce dimanche 3 mai 2026, le Professeur Meïssa Diakhaté, agrégé en droit public, a passé au crible ce texte très attendu. Sur la forme, il note que la publication d’avant-projets de loi avant leur adoption en Conseil des ministres rompt avec les pratiques habituelles. Si cette démarche pouvait, en théorie, favoriser une participation citoyenne, elle est restée inaboutie selon lui. Le juriste regrette notamment l'absence d'une véritable plateforme interactive qui aurait permis de recueillir les contributions des Sénégalais pour améliorer les textes avant leur transmission au circuit législatif.

Sur le fond, les anomalies soulevées par l'universitaire sont nombreuses. Le Pr Diakhaté pointe d'abord des faiblesses rédactionnelles persistantes, citant une confusion terminologique autour de l’expression « chef d’exécutif territorial ». Selon lui, cette formulation ambiguë pourrait renvoyer par erreur à l’administration déconcentrée, comme les gouverneurs ou les préfets, plutôt qu’aux élus locaux. Cette « dissonance » est révélatrice, à ses yeux, d’un manque de rigueur dans la phase de rédaction. Plus préoccupant encore, il souligne la disparition d’une disposition qui devait renvoyer à une loi organique pour encadrer les modalités de nomination des membres de la juridiction constitutionnelle. Cet « oubli » prive le dispositif d’un cadre juridique clair sur une question pourtant extrêmement sensible.

Par ailleurs, le Pr Diakhaté déplore le maintien d’une Haute Cour de justice qu’il qualifie désormais « d’anachronique ». Il dénonce sa composition trop politique et, surtout, l’absence d’un double degré de juridiction. Le fait qu'il n'y ait aucune possibilité d’appel est, selon lui, contraire aux standards internationaux en matière de droits de l'homme. Le juriste regrette également que la réforme n’ait pas permis de mieux définir la notion de « haute trahison » imputable au président de la République. L’absence de typologie claire des infractions et des sanctions pose un problème majeur au regard du principe de légalité des peines, rappelant qu'on ne peut condamner sans avoir précisément qualifié les faits au préalable.

Enfin, concernant la future Cour constitutionnelle qui doit remplacer l'actuel Conseil constitutionnel, le Pr Diakhaté se montre réservé. Bien que ses compétences soient élargies à certains actes administratifs liés au processus électoral, il estime qu'elles demeurent globalement trop limitées. Le risque, avertit-il, est de voir le juge continuer à se déclarer incompétent face à des situations politiques majeures. Au terme de son analyse, l'agrégé de droit estime que cette réforme manque globalement d'ambition. Si une réforme peut se faire par étapes, cela ne doit pas empêcher, selon lui, de viser une modernisation complète des juridictions politiques pour s'aligner sur les meilleurs standards démocratiques mondiaux.

Auteur: Léna THIOUNE
Publié le: Dimanche 03 Mai 2026

Commentaires (4)

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    Xam xam il y a 1 jour
    Très pertinent. Aux pastefiens, je vous recommande d'aller écouter l'émission vous comprendrez pourquoi le fait de voter en 2024 et en 2025 lors des législatives ne signifient pas éligibilité pour sonko. Meissa a expliqué le rôle du ministre de l'intérieur et la différence entre les types d'élection, de qui est habilité à dénoncer ou à constater l'inégalité d'un citoyen ou bien d'un candidat.
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    Médias rek il y a 1 jour
    Lui c’est un obligé de Ismaila Madior fall dont il a été directeur de cabinet. Puis directeur de cabinet de Birame Souleye diop Il a souvent fait des écrits ( indigestes) pour venir à l’aide de Madior. Il aime les médias mais on ne comprend rien à ce qu’il écrit
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    Amy il y a 1 jour
    Louleu yeunguel ...............2025 pas d'interview....malgre les problemes.......... Voter loi rek............
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    Vincent il y a 1 jour
    Franchement comment peut-on être aussi méchant haineux de la sorte envers ousmane sonko où même le président diomaye a dit qu'il est bien candidat s'il veut. Ousmane a bien voté à l'élection présidentielle et législatives il est sur la liste et vouloir l'empêcher de participer comme si le Sénégal appartient à vos parents. Doul way vous êtes vraiment des mauvaises personnes malhonnêtes

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