Guinée-Bissau : détention de Domingos Simões Pereira, des voix se soulèvent
Le président du PAIGC, Domingos Simões Pereira, a été conduit ce vendredi matin 10 juillet 2026 dans les cellules de la deuxième brigade de la police de l’ordre public (POP) à Bissau, conformément à l’ordonnance de détention préventive émise par le juge Mamadú Embaló. Cette mesure intervient dans le cadre de l’enquête sur son implication présumée dans la tentative de coup d’État d’octobre 2025.

C’est la deuxième fois que le leader du PAIGC est placé dans ces cellules depuis les événements du 26 novembre dernier, qui avaient perturbé le processus électoral. À l’époque, il avait été arrêté et maintenu en garde à vue pendant plus de soixante jours. Ses avocats, sollicités après la divulgation de l’information, n’ont pour l’heure ni confirmé ni démenti son arrestation.
Cette décision judiciaire a provoqué une vague de réactions. La Ligue guinéenne des droits de l’homme (LGDH) a exigé sa libération immédiate et inconditionnelle, dénonçant une atteinte aux principes fondamentaux de la Constitution et au droit à un procès équitable. L’organisation critique notamment la nomination de magistrats civils au sein de la justice militaire, qu’elle juge contraire au principe d’indépendance judiciaire. Selon la LGDH, la lutte contre les atteintes à l’ordre constitutionnel ne saurait se faire en violant l’ordre constitutionnel lui-même.
Le Mouvement national de la société civile pour la paix, la démocratie et le développement a rappelé l’importance du respect des garanties constitutionnelles et du principe de présomption d’innocence. Il appelle à la prudence et à la retenue afin de préserver la crédibilité des institutions et la dignité des personnes concernées. Le mouvement insiste sur la nécessité de procédures transparentes et impartiales, exemptes de toute apparence de sélectivité ou de manipulation.
Par ailleurs, l’Espace de coordination des organisations de la société civile et le Front populaire, regroupant plus de cinquante entités, ont qualifié l’ordonnance de « manifestement illégale ». Selon ces plateformes, la décision du tribunal s’apparente à une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Elles dénoncent un « théâtre politico-judiciaire » et interpellent la CEDEAO sur son silence face à une situation qu’elles jugent contraire aux principes de démocratie et de bonne gouvernance.
Elles appellent à une mobilisation pacifique et civique pour défendre la Constitution et l’indépendance des institutions.
Au-delà des divergences de ton, ces prises de position convergent sur un point essentiel : la nécessité de garantir l’indépendance des tribunaux et le respect des principes constitutionnels. Les organisations appellent les autorités nationales à rétablir la légalité et la transparence dans le processus judiciaire, tout en exhortant la communauté internationale — Nations Unies, Union africaine, CEDEAO, CPLP et Union européenne à suivre de près l’évolution de la situation et à promouvoir des initiatives visant à sauvegarder l’indépendance du pouvoir judiciaire en Guinée-Bissau.
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