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Nous disons non à l’incohérence (Par Abdoulaye DIENG)

Auteur: Abdoulaye DIENG

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Nous disons non à l’incohérence (Par Abdoulaye DIENG)

Un retour à l’histoire récente est nécessaire pour comprendre ce que nous vivons aujourd’hui — et tenter d’en sortir. Après deux années d’espoir, portées par une lutte longue, déterminée et exigeante, le président Bassirou Diomaye Faye semble s’inscrire dans une trajectoire qui suscite de légitimes interrogations. Le peuple sénégalais s’est mobilisé avec une aspiration claire : celle d’un changement réel, sans compromis, du système politique et des modes de gouvernance, afin d’ouvrir enfin une voie crédible vers le développement, la justice et le bien-vivre ensemble.

L’histoire récente appelle à la prudence. L’alternance portée par Abdoulaye Wade avait suscité un immense espoir, avant de révéler ses limites à travers une libéralisation parfois mal encadrée et un affaiblissement progressif de certains repères collectifs. Le passage de Macky Sall a, quant à lui, accentué la perception d’un pouvoir fortement centralisé, marqué par des tensions politiques majeures et une défiance croissante d’une partie de la population.

C’est dans ce contexte exigeant que s’inscrit aujourd’hui l’action du président Bassirou Diomaye Faye. Une particularité distingue toutefois la séquence actuelle : contrairement à ses prédécesseurs, il ne semble pas disposer d’un ancrage politique suffisamment consolidé autour d’un appareil qu’il maîtriserait pleinement. En prenant ses distances avec le PASTEF et en s’inscrivant dans une dynamique de coalition élargie, il donne le sentiment d’une inflexion par rapport au projet initial présenté au peuple, notamment sur des attentes fortes telles que la rupture avec certaines pratiques politiques, la reddition des comptes et la justice pour les victimes des crises passées.

Dans le même temps, la convocation d’un nouveau dialogue national, accompagnée de la mobilisation rapide de certaines figures issues de périodes politiques antérieures, installe une impression de déjà-vu. Pour une partie de l’opinion, cela ravive une forme de lassitude et le sentiment d’une répétition de mécanismes bien connus. Certaines suspicions ressurgissent alors naturellement : recompositions entre acteurs déjà éprouvés, voire la perspective d’un gouvernement d’union nationale qui peut apparaître comme une dilution des responsabilités et des engagements.

Dans ce contexte, les attentes demeurent élevées. La responsabilité du président Bassirou Diomaye Faye est d’inscrire son action dans une trajectoire lisible et fidèle au mandat reçu. Une dynamique politique durable ne peut se construire sans cap clairement affirmé, sans ancrage politique solide et sans cohérence gouvernementale. L’enjeu central reste la mise en œuvre effective des engagements : porter l’exigence de rupture, s’attaquer aux impunités du passé et déployer, avec constance, le projet du PASTEF qui a reçu la confiance du peuple.

C’est dans cet esprit que s’exprime une parole citoyenne à la fois responsable et attachée à l’intérêt général. Elle ne relève pas d’une opposition de principe, mais d’une exigence de cohérence. Refuser l’effacement progressif des engagements et toute forme de retour à des pratiques rejetées, c’est aussi affirmer l’importance de la clarté dans l’action publique et du respect de la parole donnée.

Le Sénégal n’a pas besoin de calculs politiques ni de dialogues successifs, mais d’une ligne claire et assumée. Le mandat confié engage et appelle des actes à la hauteur des attentes exprimées. À défaut, le risque est réel de voir s’installer une rupture entre la parole publique et l’action. Cela aurait des conséquences directes sur la crédibilité des institutions et de ceux qui les incarnent. Pour un président dont la légitimité repose avant tout sur la confiance placée dans un projet, le risque est majeur.

L’exigence aujourd’hui est simple : tenir le cap et respecter les engagements pris devant la Nation.

Nous disons non à l’incohérence.

Par Abdoulaye Dieng, Entrepreneur

Auteur: Abdoulaye DIENG
Publié le: Vendredi 22 Mai 2026

Commentaires (3)

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    Seydou il y a 5 heures
    Il ya le médiocre, le mauvais, le moins bon. Si PASTEF propose du médiocre vaut mieux se trouner vers le moins bon ou le mauvais. Le meilleur décorticeur du jeu politique à PASTEF est Cheikh Bara Ndiaye. Le même qui demandait des moyens pour augmenter l'espèrance de vie des Sénégalais, le même charlatant qui vit du mensonge depuis des décénies. Vois dire le niveau abyssal où se trouve le débat politique avec les 4000 cadres. Lii naattou National leu.
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    GR il y a 3 heures
    Bayil Seugn Bara Ndiaye tranquille.
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    Ngor Jegaan il y a 2 heures
    Monsieur Dieng, Diomaye n'est pas seulement incohérent, il est simplement malhonnête et c'est là la grosse surprise. Diomaye sasait que dès le départ que c'est Ousmane Sonko qui sera le candidat du PASTEF en 2029 et semblait même l'accepter, disant des trucs du genre, "fii péxé indi wouma fi, té péxé douma fi bayi" comme pour répondre à Abdou Aziz Diop qui disait à Macky que tout son magistère était basé sur des "péxé, ou bien "j'ai fait 10 ans pour le faire élire, lui n'a fait que 10 jours pour me faire élire" et "si je dois me brouiller avec Ousmane Sonko à cause de la politique, alors je préférerais abandonner la politique". Qu'est-ce qui s'est passé entretemps? Eh bien, Diomaye a pris goût au pouvoir et n'a comme objectif majeur que de rempiler, alors il fait du "péxé" comme Macky. Sauf que Macky avait un appareil et était assez cohérent dans sa ruse en ciblant des gens qui pouvaient lui apporter quelque chose. Diomaye lui n'a rien de tout cela, même la cohérence lui fait défaut ce qui frise ou bien le manque de perspicacité ou bien simplement le désarroi face à ses camarades du PASTEF. Et tout cela a été résumée dans sa sortie catastrophique du 2 mai avec des journalistes où ils justifiaient les fonds politiques dans leur usage actuel en reprenant exactement les mêmes arguments que l'APR, ou en descendant aussi bas que discuter de la vente de cartes d'un parti dont a pris ses distances avec. J'espère que Diomaye aura l'intelligence et la dignité de François Hollande qui face à une impopularité croissante aussi bien au sein de son parti que de l'opinion publique avait renoncé par réalisme à briguer un second mandat que la constitution lui permettait de faire. D'autant plus que Sonko est de plus en plus perçu comme une victime de Diomaye qu'un membre clé du régime.

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