Sénégal vs CAF : les 4 arguments qui invalident la défaite des Lions par forfait
Pour la première fois dans l’histoire de la Confédération africaine de football (CAF), une décision officielle est bousculée par une opinion dissidente au sein même de l'instance, rapporte L'Observateur. Le Cap-verdien Faustino Varela Monteiro, vice-président du jury d’Appel de la CAF, se démarque en s’opposant fermement à la perte de la finale par le Sénégal sur tapis vert au profit du Maroc (3-0).
Dans ses arguments relayés par le quotidien du Groupe futurs médias, il dénonce d'abord une interprétation beaucoup trop « formaliste » de la loi. Selon lui, la commission a appliqué l’article 82 du règlement de manière purement mécanique et littérale, oubliant que le droit ne doit pas être une lecture aveugle, mais le résultat d'un dialogue entre le texte et la réalité des faits. Il estime ainsi qu'évoquer l'abandon alors que la rencontre a repris et s'est terminée normalement constitue une « erreur juridique manifeste ». Pour lui, l'article 82, qui traite des retraites et des forfaits, est totalement inadapté à ce cas d'espèce.
L’arbitre, seul « Maître du Jeu »
Il souligne ensuite que l’arbitre est le seul « Maître du Jeu ». Conformément à la Loi 5 de la FIFA, c’est lui qui a l’autorité pour qualifier ce qui se passe sur le terrain. Dans ce cas précis, l'officiel n’a jamais considéré que le Sénégal avait abandonné ; il a jugé que l’interruption à la 97e minute était temporaire. Puisque l’arbitre a ordonné la reprise du jeu et que le match a été mené jusqu’aux 120 minutes, un organe disciplinaire ne peut pas, a posteriori, requalifier l’incident comme un « abandon définitif ».
L'absence de retrait effectif
Monteiro insiste également sur l’absence de retrait réel : même si l’entraîneur avait demandé aux joueurs de quitter le terrain, un joueur sénégalais est resté et a rappelé ses coéquipiers. Le lien avec le match n’a donc jamais été rompu de façon définitive.
Le spectre d'une jurisprudence dangereuse
Enfin, il met en garde contre une dérive réglementaire. En s’appuyant sur les décisions du Tribunal Arbitral du Sport (TAS), il rappelle que les décisions de l’arbitre sont souveraines. Si une commission peut modifier le résultat d’un match terminé sur le terrain, cela fragilise l’intégrité des compétitions et rendrait le sport « relatif ». Pour Monteiro, seule la décision de la Commission disciplinaire, qui respectait le résultat acquis sportivement, était juridiquement valide.
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