Affaire du centre Mohamed Bin Zayed : SERTEM contre-attaque et accuse la DER/FJ de graves manquements
Du nouveau dans le contentieux opposant la Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) et l’entreprise SERTEM GROUPE ! Dans un communiqué au ton offensif publié ce 7 avril 2026, la cellule de communication de SERTEM démonte point par point la version avancée par la DER dans le dossier de résiliation du contrat estimé à 17 milliards de FCFA, relatif à la construction du Centre Mohamed Bin Zayed.
Au cœur de la controverse, l’accusation selon laquelle SERTEM a abandonné le chantier pendant près de 20 mois. Une allégation que l’entreprise rejette catégoriquement, documents à l’appui. Selon SERTEM, il n’y a jamais eu d’arrêt unilatéral des travaux, mais plutôt une suspension encadrée par les dispositions contractuelles, notamment l’article 48.3 du Cahier des clauses administratives générales (CCAG), consécutive à des manquements du maître d’ouvrage.
L’entreprise évoque une chronologie précise : une mise en demeure adressée dès mars 2023 pour non-paiement et absence d’exonérations, une poursuite des travaux constatée en février 2024, puis une suspension en avril 2024, avant une démobilisation intervenue en janvier 2026 après notification officielle de résiliation.
Mais le point le plus sensible du dossier concerne les exonérations fiscales et douanières. SERTEM affirme n’avoir jamais reçu les titres nécessaires à l’exécution du marché, malgré une autorisation évoquée par la DER à hauteur de 8,3 milliards FCFA. Cette situation a entraîné un blocage des fournisseurs, des refus de facturation hors taxes et des immobilisations de matériel en douane, paralysant de fait l’avancement du chantier.
La SERTEM a soulevé dans son communiqué un élément. Il s’agit du retard dans la validation des plans architecturaux. Selon elle, ceux-ci n'ont été approuvés qu’en février 2023, soit près d’un an après le démarrage officiel du projet. Une anomalie majeure dans un chantier de cette envergure. À l’en croire SERTEM, qui estime qu’il était matériellement impossible de respecter les délais dans ces conditions.
Sur le plan financier, l’entreprise pointe également des impayés dépassant 2,6 milliards FCFA, dont plus de 2,19 milliards déjà dus avant septembre 2023. Elle rappelle que les délais contractuels de paiement sont fixés à 45 jours, au-delà desquels s’appliquent des intérêts moratoires et un droit de suspension des travaux.
SERTEM conteste par ailleurs l’argument de la DER relatif à l’avance de démarrage de 3,4 milliards FCFA. Elle précise qu’il s’agit d’une avance contractuelle équivalant à 20 % du marché, entièrement cautionnée et destinée uniquement à la mobilisation du chantier, et non à couvrir les travaux exécutés. Le communiqué dénonce également le silence de la DER face aux multiples correspondances adressées, notamment les mises en demeure et notifications de suspension restées sans réponse.
Au-delà des aspects techniques et financiers, SERTEM met en cause la gestion globale du projet, qu’elle qualifie de chaotique. Elle affirme que le marché a été lancé sans que les conditions essentielles ne soient réunies, notamment en l’absence d’exonérations effectives et de plans validés.
L’entreprise réfute également le montant global de 25,56 milliards FCFA TTC avancé par la DER, soutenant que le contrat réel s’élève à 17,24 milliards FCFA hors taxes, et qualifie les chiffres communiqués de “fantaisistes”.
Enfin, SERTEM s’interroge sur les conditions de résiliation du contrat et la réattribution rapide du marché à une autre entreprise, alors même qu’un recours juridictionnel est en cours. Une démarche qu’elle juge suspecte, d’autant plus que, selon elle, des corps de contrôle de l’État ont recommandé le retrait du projet à la DER.
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