Actes contre nature : Lourdes peines requises contre un jeune de 19 ans et un septuagénaire
Le tribunal de grande instance de Mbour a jugé une affaire d’acte contre nature, d’attentat aux bonnes mœurs et d’incitation à la débauche ou à la corruption de la jeunesse, qui implique un homme de 73 ans et un jeune de 19 ans.
À la barre, le jeune A. C. a expliqué avoir fait la connaissance du septuagénaire en 2025. Il affirme avoir entretenu avec lui des rapports sexuels rémunérés. Selon ses déclarations, les sommes versées variaient entre 5 000 et 10 000 francs CFA par rencontre. Puis, il a indiqué n’avoir eu qu’une seule relation sexuelle avec le vieil homme, tout en soutenant que Bastian Plaza lui offrait régulièrement de l’argent.
Acculé par les questions du tribunal, le jeune homme a avoué qu’il entretenait depuis son jeune âge des rapports avec des personnes du même sexe. De son côté, le septuagénaire réfute catégoriquement avoir entretenu un quelconque rapport sexuel avec le jeune homme. Il explique que ce dernier lui faisait des courses et qu’il lui offrait simplement de temps en temps de l’argent.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a dénoncé « une dépravation des mœurs au sein de la société ». Il a expliqué que les deux hommes avaient été interpellés à la suite d’une dénonciation anonyme dans un hôtel de la place. Le parquet affirme qu’une filature policière a permis leur arrestation. Le procureur a également indiqué qu’un certificat médical attestait de l’existence de pénétrations sexuelles. Selon lui, malgré « des dénégations systématiques » du septuagénaire, les faits sont établis.
L’accusation soutient aussi que des vidéos à caractère pornographique mettant en scène deux personnes de même sexe ont été retrouvées dans l’ordinateur du prévenu. Le parquet estime enfin que B. P. se serait rendu coupable d’incitation à la débauche en remettant de l’argent à A. C. après chaque rapport.
Au terme de ses réquisitions, le procureur a demandé cinq ans de prison ferme et une amende de 200 000 francs CFA contre A. C. Contre le septuagénaire B. P., il a requis dix ans de réclusion ainsi qu’une amende d’un million de francs CFA.
Assurant la défense des prévenus, Me Banna Wade a plaidé la fragilité et la vulnérabilité du jeune homme. L’avocat a également contesté la solidité du dossier, estimant qu’aucun crédit ne pouvait être accordé à une dénonciation anonyme. « Ils n’ont pas été pris sur le fait. Sur quelles preuves va-t-on les condamner ? », a-t-il interrogé devant le tribunal, rappelant que l’un des prévenus nie fermement avoir entretenu des rapports sexuels.
Les deux prévenus seront fixés sur leur sort le mardi 9 juin prochain.
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