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[Entretien] Diomaye, sa coalition, risques de rupture avec Sonko…: Les "vérités" du député Ismaïla Wone de Pastef

Auteur: Propos recueillis par Youssouf SANE

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[Entretien] Diomaye, sa coalition, risques de rupture avec Sonko…: Les "vérités" du député Ismaïla Wone de Pastef

En décembre 2024, alors que Ousmane Sonko avait décidé de ne pas siéger à l’Assemblée nationale, c’est lui qui a remplacé le leader de Pastef à l’hémicycle. Responsable de Pastef à Podor, Ismaila Wone nous parle ici de ce tournant important de sa vie politique. Dans cet entretien, il évoque surtout la “brouille” entre Diomaye et Sonko, la récente sortie du chef de l’Etat et les risques de rupture. Entretien vérité ! 

Vous êtes celui qui a remplacé le Premier ministre Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Qu’est-ce que cela vous fait d’officier à l’hémicycle en vous disant que vous y occupez aujourd’hui son siège ?

C’est bien plus qu’un honneur : c’est une responsabilité historique d’être le suppléant de l’un des leaders politiques les plus influents du Sénégal et de l’Afrique. Être à ses côtés, c’est porter une vision, incarner un combat et assumer, devant le peuple, une exigence de résultats.

Assurer son rôle à l’Assemblée nationale n’est pas un simple remplacement, c’est un engagement total. Car on ne remplace pas un tel homme : on prolonge son combat, on défend ses convictions et on travaille sans relâche pour être à la hauteur de la confiance placée en lui.

Ma plus grande consécration en politique n’est pas un titre, ni une fonction : c’est d’avoir été son suppléant, d’avoir contribué, à ma place, à faire avancer le projet qu’il porte pour notre nation.

Au crépuscule de ma vie politique, au-delà du service rendu aux populations, je retiendrai surtout ceci : j’ai eu l’honneur de siéger à l’hémicycle pour défendre une vision, pour porter une ambition collective, et pour accompagner un homme d’exception dans son combat pour la transformation du Sénégal et de l’Afrique.

Qu’est-ce que cela vous ferait si jamais il éprouvait la volonté de revenir à l’hémicycle ?

S’il revenait à l’hémicycle, nous lui renouvellerions sans réserve notre engagement total et notre fidélité absolue. Mais que nous soyons à l’Assemblée ou ailleurs, une chose est claire : le combat continue, et il s’intensifie.

Dans le département de Podor, je prendrai toute ma part dans cette bataille politique pour 2029. Nous n’avons pas le droit d’échouer. Nous avons le devoir de le porter à la magistrature suprême pour parachever la transformation profonde de notre pays et mettre définitivement fin aux logiques du passé.

Et soyons clairs : quelle que soit sa décision, nous la soutiendrons pleinement. Parce que le Président Ousmane Sonko a toujours fait preuve de lucidité, de courage et de sens stratégique là où d’autres hésitent ou calculent.

Mais aujourd’hui, l’enjeu dépasse les postes. Pour le bien du Sénégal, il doit rester au cœur du pouvoir exécutif. Au-delà du symbole, il doit être le verrou, le rempart et le garant d’une gouvernance rigoureuse. Sa présence à la Primature est une ligne de défense essentielle contre les opportunistes, les récupérateurs et tous ceux qui rôdent autour du pouvoir avec des agendas cachés.

Nous ne sommes pas venus accompagner le système : nous sommes venus le transformer. Ce pouvoir, nous ne l’avons pas arraché pour le diluer ou le partager avec ceux qui l’ont combattu. Ce pouvoir appartient au peuple, et il est porté par le projet du PASTEF. Nous devons l’exercer pleinement, sans complexe, sans compromission et sans recul. C’est une responsabilité historique. Et nous l’assumerons jusqu’au bout.

Vous avez voté dernièrement une loi durcissant les sanctions contre l’homosexualité. L’opposition dénonce la mise à l’écart de la criminalisation. Que leur répondez-vous ?

Au Sénégal, nous avons en face de nous une opposition sans colonne vertébrale. Une opposition qui ne réfléchit plus, qui ne propose rien, qui ne construit rien. Une opposition qui vit dans l’ombre de Ousmane Sonko et qui ne respire qu’en fonction de ses prises de position.

Quelle que soit la loi, quelle que soit la décision, leur seule ligne politique est claire : s’opposer à Sonko. Voilà leur projet. Voilà leur niveau. Et ils pensent tromper le peuple avec ça ?

Mais le peuple sénégalais est mûr. Il a compris. Il voit clair dans leur jeu. Il sait que cette opposition est guidée non pas par des convictions, mais par la haine, par la peur et par des intérêts inavoués. Et cette haine finira par les consumer politiquement.

Sur la question de l’homosexualité, soyons clairs : quelle que soit la décision prise, ils auraient fait le contraire. S’il y avait eu criminalisation, ils auraient crié au scandale. S’il y a durcissement des peines, ils contestent encore. Cela prouve une seule chose : ils sont perdus, totalement perdus.

Pendant ce temps, le durcissement des peines a été salué par les populations et validé par de nombreux juristes. Mais eux, continuent de s’agiter, coupés des réalités, coupés du peuple.

Et pourquoi ? Parce que certains, dans l’ancien régime, ont longtemps été sous l’influence de réseaux et d’intérêts extérieurs. Parce que leur posture politique était dictée ailleurs. Parce qu’ils devaient plaire à des cercles qui ne représentent en rien les valeurs du peuple sénégalais. Voilà pourquoi certains ont refusé de voter cette loi. Non pas par conviction. Mais par alignement. Par soumission. Par calcul.

Aujourd’hui, le choix est simple : D’un côté, un projet politique clair, assumé, porté par le peuple. De l’autre, une opposition déboussolée, opportuniste, sans cap et sans courage. Nous, nous avons choisi notre camp. Celui du peuple. Celui de la vérité. Et nous irons jusqu’au bout.

A l’extérieur du pays, des voix comme celle de Mélenchon se sont aussi insurgées contre la loi. Que leur répondez-vous à elles aussi ?

Soyons clairs. Le Sénégal n’est pas un territoire sous tutelle. Nous n’avons de leçons à recevoir de personne sur ce que doivent être nos valeurs, nos normes ou notre organisation sociale.

Nous avons engagé un combat pour la souveraineté économique, et nous mènerons avec la même détermination celui de la souveraineté culturelle et sociale. Et sur ce terrain, il n’y aura ni ambiguïté ni recul. Nous rejetons fermement toute tentative d’ingérence visant à nous imposer des modèles qui ne sont pas les nôtres. Ce que certains pays érigent en référence n’a aucune vocation à devenir une norme universelle. Nous avons nos repères. Nous avons notre histoire. Nous avons nos principes. Et nous n’avons pas à les justifier. Qu’on le comprenne une bonne fois pour toutes : nos choix de société ne sont ni négociables, ni exportables, ni soumis à validation extérieure.

Le respect ne se décrète pas à sens unique. Nous respectons les choix des autres peuples, mais nous exigeons, en retour, le même respect. Ceux qui parlent de tolérance devraient commencer par tolérer la différence. Car vouloir uniformiser les valeurs du monde, c’est nier ce qui fait la richesse même de l’humanité. Le Sénégal restera debout, fidèle à lui-même, et déterminé à défendre ses convictions, sans pression, sans complexe et sans concession.

Quel est votre avis sur la dernière sortie du Président Diomaye lors de l’AG de sa coalition ?

Ce qui s’est passé à King Fahd n’est pas un simple incident. C’est une faute politique majeure. Voir des membres de la coalition dite “Diomaye Président”, version Mimi Touré, avec Mimi Touré, Abdourahmane Diouf et d’autres, s’en prendre publiquement à Ousmane Sonko est déjà grave. Mais que cela se fasse en présence du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, franchit une ligne rouge.

C’est inacceptable. Et ce qui choque encore davantage, c’est l’attitude du Président lui-même. Non seulement il laisse faire, mais il donne le sentiment de cautionner, par son discours et son silence, des attaques dirigées contre celui à qui il doit une grande part de sa légitimité politique.

Soyons honnêtes : cela est incompréhensible. Le Président Ousmane Sonko ne mérite ni ce traitement, ni ce manque de loyauté. Il a porté un combat, construit un projet et permis l’émergence d’une génération politique dont fait partie l’actuel chef de l’État.

Aujourd’hui, voir des acteurs politiques d’un autre âge, sans vision, sans ancrage populaire réel, occuper l’espace et dicter le tempo est profondément préoccupant. Le Président Bassirou Diomaye Faye doit se ressaisir. Et vite. Car les personnes qui l’entourent aujourd’hui ne lui apporteront ni solidité dans la gestion de l’État, ni crédibilité politique durable. Au contraire, elles risquent de fragiliser son autorité et de brouiller le cap.

On ne peut pas afficher plus de loyauté envers une coalition circonstancielle qu’envers PASTEF, le seul cadre politique qui l’a formé, porté et accompagné jusqu’au sommet de l’État. À un moment donné, il faut choisir : la fidélité à un projet et à un combat, ou les calculs politiques de court terme. L’histoire jugera. Mais pour l’instant, le signal envoyé est mauvais. Très mauvais.

Avez-vous été déçu par sa posture, privilégiant sa coalition au détriment de Pastef ?

Comme je viens de le dire, je ne suis pas seulement déçu, je suis profondément choqué. Pour quiconque connaît Bassirou Diomaye Faye, son parcours et les sacrifices qu’il a consentis pour notre parti, la situation actuelle est difficile à comprendre. Il a été un acteur central, un pilier dans l’organisation et la structuration de PASTEF. Il était incontournable dans le dispositif. Ce n’est donc absolument pas un hasard si Ousmane Sonko a porté son choix sur lui. Ce choix reposait sur la confiance, la loyauté et une communauté de combat. C’est justement pour cela que ce que nous voyons aujourd’hui est aussi déroutant.

Le voir adopter une telle posture, laisser s’installer des situations qui fragilisent ce socle politique et humain, relève presque de l’inexplicable. Cela crée un malaise profond chez tous ceux qui ont cru, qui se sont battus et qui continuent de défendre ce projet. À ce niveau de responsabilité, il ne s’agit plus simplement de stratégie politique. Il s’agit de cohérence, de fidélité et de respect d’un engagement collectif. Aujourd’hui, beaucoup s’interrogent, et à juste titre.

Vous qui êtes au sein du parti, craignez-vous une rupture entre les deux hommes ?

Je m’en tiens, pour ma part, à la position exprimée avec clarté par notre leader Ousmane Sonko. Il a reconnu l’existence de divergences politiques avec son frère, le Président de la République Bassirou Diomaye Faye. Mais il a également été très clair sur un point essentiel : sur le plan de la gestion de l’État, le travail se fait dans un esprit de responsabilité et de collaboration. C’est cela que nous retenons.

Nous ne souhaitons aucune rupture. Ce n’est ni notre objectif, ni notre ligne. Mais si, par la force des choses, une évolution devait intervenir, alors elle devra se faire dans la responsabilité. Comme cela a été évoqué par le Premier ministre Ousmane Sonko, nous serons dans une démarche de cohabitation apaisée, guidée par un seul impératif : l’intérêt supérieur de la nation et la gestion des urgences de l’État. Au-delà des divergences, le Sénégal doit rester la priorité absolue.

Le 26 mars, le groupe parlementaire de Pastef déposera un projet de résolution appuyant la position du gouvernement de ne pas recourir à une restructuration de la dette publique. Pourquoi une telle initiative ?

Cette initiative s’explique d’abord par un choix fondamental du nouveau régime : celui de la vérité et de la transparence vis-à-vis des citoyens. Dès son arrivée, le gouvernement a mis en lumière une réalité préoccupante : l’existence d’une dette publique en partie dissimulée par l’ancien régime, ce qui a fortement fragilisé nos finances publiques et affecté la crédibilité internationale du Sénégal. Face à cette situation, l’État du Sénégal, sous l’impulsion du Premier ministre Ousmane Sonko, a fait un choix stratégique clair : privilégier des solutions endogènes de financement, plutôt que de s’engager dans des mécanismes externes contraignants.

Aujourd’hui, les résultats sont tangibles. Le Sénégal est en train de redresser la barre. Mieux encore, notre pays a récemment honoré une échéance de dette particulièrement lourde, démontrant sa capacité à faire face à ses engagements sans recourir à une restructuration.

Dans ce contexte, rien ne justifie d’imposer au Sénégal une restructuration de sa dette. Au contraire, une telle démarche pourrait freiner la dynamique de recrédibilisation en cours auprès de nos partenaires. Nous estimons donc qu’il n’y a aucune raison de s’aligner systématiquement sur une orientation du FMI si celle-ci ne correspond ni à notre réalité, ni à nos intérêts. En tant que représentants du peuple, nous avons le devoir de soutenir les efforts du gouvernement pour l’assainissement des finances publiques.

C’est tout le sens du projet de résolution porté par le groupe parlementaire de PASTEF : affirmer un soutien clair à une stratégie souveraine, responsable et adaptée aux réalités du Sénégal.

Le Premier ministre Ousmane Sonko aurait annoncé son intention de déposer une proposition de loi pour restreindre le pouvoir du Président de la République à dissoudre l’Assemblée nationale à une seule fois : Quel est votre avis sur une telle initiative ?

Heureusement, vous l’avez évoqué au conditionnel. À ce stade, je ne dispose d’aucune information vérifiée confirmant ces propos. Mais si cela devait se confirmer, je considérerais cela comme une avancée démocratique importante. Nos institutions doivent évoluer pour ne plus dépendre des décisions ou des orientations d’une seule personne. Renforcer les mécanismes institutionnels, c’est consolider l’État de droit et garantir une gouvernance plus équilibrée. Pour ma part, je voterai toute initiative allant dans ce sens : celle qui renforce notre démocratie, protège nos institutions et sert l’intérêt général.

Mardi, la CAF a décidé de retirer la Coupe d’Afrique au Sénégal et de déclarer le Maroc vainqueur. Votre réaction ? 

Nous faisons confiance au ministre des Sports ainsi qu’à la Fédération Sénégalaise de Football pour introduire un recours devant le Tribunal Arbitral du Sport afin de faire annuler cette véritable mascarade.Ce qui se passe est extrêmement regrettable. Le football africain mérite mieux que cette gestion approximative qui tend à le discréditer. Il est d’ailleurs frappant de constater, à travers les réactions sur les réseaux sociaux, que cette décision suscite incompréhension et indignation bien au-delà de nos frontières.

La Confédération Africaine de Football doit prendre ses responsabilités. À force de décisions contestables, elle participe elle-même à fragiliser la crédibilité du football africain. Et puisqu’on en est là, qu’ils aient au moins la décence de nous dire : qui sont les buteurs de ce fameux 3-0 ? Parce qu’à ce niveau, cela relève plus de la fiction que du sport.

Auteur: Propos recueillis par Youssouf SANE
Publié le: Dimanche 22 Mars 2026

Commentaires (4)

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    Ok il y a 11 heures
    Sonko rék Le reste on s en fout
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    Sylla mansour dit Diabé il y a 8 heures
    Toutes nos félicitations à notre coordonateur honorable Ismail Wone ...Tu fais la fierté de tout un département (Podor). Notre position est claire nous sommes derriere le Président OUSMANE SONKO. Ensemble nois vainvrons.
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    Diabé Sylla il y a 8 heures
    Merci encore Ismail wone
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    Kolda wély yadé il y a 2 heures
    S il reste un peu de pudeur à votre leader il doit partir. Gor d'où haar gnikoy Dakh Il doit faire comme Macky en 2008 avec Wade. Mais malheureusement un rebelle on le renvoie reck

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